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Historique
Chapitre 21 Vert
Nombre de mots : 1053    |    Mis à jour : 23/11/2022

C'était le matin, et comme à son habitude, Clarine, la merveilleuse sorcière de la nature, se promenait dans la forêt d'Oliar qui s'éveillait lentement dans la lumière bénéfique de l'aube. La rosée rafraîchissait l'air et ses gouttes scintillaient comme des perles sur les feuilles des arbres ainsi que sur les pétales colorés d'une innocente douceur. Clarine se promenait joyeusement dans ce riche et apaisant royaume de verdure. Ce jour-là, elle portait une belle robe à manche longue d’un blanc et brun très foncé, qui lui allait à merveille. Ses longs cheveux d'un vert tendre étaient comme un royaume de vie à part entière. Des variétés de fleurs et de petites plantes y poussaient dans la sérénité, des petites créatures y vivaient tout aussi paisiblement et certaines jouaient joyeusement, criant et riant à la fois.

"Hé là-haut ! Soyez plus silencieux !" les gronda légèrement la sorcière en riant. "Vous allez réveiller les gros dormeurs d'Oliar avec vos cris !".

Obéissant de leur mieux à leur maîtresse, les créatures rirent en silence, se bouchant la bouche avec leurs petites mains et sautillant dans tous les sens. Secouant la tête, faussement désolées, elles tendirent à la bonne sorcière les graines qu'elles retirèrent soigneusement de ses cheveux, laquelle les prit avec une expression faussement sévère, puis les imbiba de sa magie avant de les jeter sur le sol. Les graines saines, enveloppées d'une magie bienveillante prirent rapidement racine dans le sol.

Mais ce n'est pas tout. Prenant une profonde inspiration, Clarine invoqua son pouvoir, puis s'enveloppa d'une merveilleuse aura prasine rayonnante, s'agenouilla gracieusement, posa ses mains sur le sol et l'imprégna de sa magie. Bientôt, de jeunes pousses sortirent du sol. Satisfaite de son travail, Clarine s'exclama joyeusement.

"Voilà, maintenant tu peux grandir et t'épanouir en toute tranquillité !".

Puis, toujours flamboyante de cette merveilleuse aura printanière, elle toucha quelques arbres et leur transmit un peu de sa magie, les arbres s'illuminèrent à leur tour, retrouvant leur force et leur grandeur.

Clarine s'arrêta devant un arbre géant centenaire qui abritait diverses petites créatures multicolores aux grands yeux tendres et qui fixaient Clarine d’un air paisible et adorable. La sorcière considéra l'arbre avec une profonde compassion.

"Oh regarde-toi, tu es toute fatiguée et sèche. Tu dépenses toute ton énergie à protéger ces petites créatures insouciantes et épuisantes, mais attachantes, que tu n’as le cœur ni l’envie d’abandonner. C'est trop admirable de ta part. Heureusement, la pluie va bientôt tomber. Mais en attendant..."

Clarine prit une profonde inspiration, ferma les yeux et posa ses mains sur la grande écorce. La sorcière de la nature brilla davantage, se confondant presque avec la lumière du matin. Elle transmit le reste de sa force lumineuse à l'arbre, qui s’irradia à son tour et commença lentement à se régénérer.

"Oui, c'est ça. Fais-le doucement, laisse ma force et ma magie entrer en toi. Respire et vis."

Clarine soigna l'arbre géant pendant un temps assez long, voire des heures, puis la pluie tomba abondamment. Les minuscules créatures volèrent et formèrent un toit géant au-dessus de Clarine, qui, ayant terminé ses soins bénéfiques sur leur immense demeure, sourit avec gratitude.

"Oh, vous me protégez de la pluie ! C'est si gentil."

Ils étaient sociables avec ceux qui ne leur souhaitaient aucun mal, ni à eux ni à la forêt, mais en même temps, ils voulaient la remercier pour ce qu'elle avait fait pour leur admirable abri centenaire.

"Vous êtes les bienvenus. Mais cette pluie est beaucoup trop forte, vous allez vous blesser."

Aussitôt, l'une des créatures tomba et Clarine eut du mal à la rattraper. Sachant qu'elle ne pourrait pas tenir plus longtemps, les créatures se dispersèrent un moment, sans doute pour lui trouver un abri. Elle eut raison quand quelques minutes plus tard, elles revinrent et lui demandèrent de les suivre. Clarine d’abord hésitante, acquiesça et les suivit. Les petites créatures la conduisirent à une immense grotte cachée derrière des arbres enchevêtrés et un lit de mousse, et qu'elle n'avait jamais remarquée auparavant. L'ouverture était large. Clarine, stupéfaite, s'approcha et regarda à l'intérieur, alors son étonnement s'intensifia à une ampleur démesurée. Car ce qu’elle découvrit était juste incroyable. Tous les murs intérieurs de la grotte étaient recouverts d'une épaisse couche de feu, merveilleusement instaurée. La sorcière de la nature n'en revenait pas.

"Mais qu'est-ce que cela signifie ? C'est incroyable, je n'ai jamais rien vu de tel. Qui est capable d'une telle magie ?"

Pensant que la pluie était plus dangereuse que le feu, les créatures la poussèrent à entrer. Hésitante, Clarine accepta d'entrer dans la caverne bien gardée. Elle erra longtemps dans les labyrinthes de la grotte, les murs de feu illuminant la zone.

Quand elle arriva enfin tout au fond, elle vit deux garçons et une énorme bête couchés sur le sol recouverte de feuilles mortes lisses et moelleuses, profondément endormis.

Cependant, sentant une présence inconnue, le jeune mage brun se réveilla immédiatement et regarda Clarine. À la vue de la sorcière, il se replia instinctivement, montrant une attitude agressive. Agenouillé, il tendit la main dans un geste menaçant, prêt à envoyer un tir magique au moindre mouvement suspect. Devinant ses pensées, Clarine arrêta le jeune magicien d'un geste apaisant et lui parla d'une voix douce.

" Bonjour, je n'ai pas de mauvaises intentions, je vous le jure. Je suis Clarine, une sorcière de la nature. Quelle est la vôtre ? "

Miron, aux yeux de verre opaque indéchiffrables, les plus sombres que la sorcière ait jamais vus, l'évaluait attentivement. Bien que son intuition lui disait de faire confiance à la belle sorcière aux cheveux de vie et qu’il ait baissé la garde, il décida tout de même de se méfier. Il répondit prudemment

"Miron, et voici mon ami Kei", ajouta-t-il en désignant le garçon blond, "et derrière moi, notre bête. Nous ne lui avons pas encore trouvé de nom. Nous l'avons rencontré il y a quelques heures et avons décidé de l'emmener avec nous car il nous a aidé."

"Aidé ? Parce que vous aviez besoin d'aide ?"

"Oui, hélas. Pour échapper à une situation sordide que des gens comme nos propres bourreaux n’auront probablement jamais supporté eux-mêmes."

"Je vois. Je suis désolé. Vraiment désolé. Et que faites-vous ici ? Vous vous cachez ? Êtes-vous chassé par ces bourreaux?"

Miron fit un vague geste de la main et sourit.

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—— Chapitre bloqué ——
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