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Historique
Chapitre 12 La cité en ruine
Nombre de mots : 919    |    Mis à jour : 31/05/2021

— Très original en effet.

— Quoi ?

— Le nom et le récit.

— Maintenant que vous le dite, je me souviens que personne n'a jamais pu voir le visage ni connaître le vrai de cette personne.

— Tandis que son frère brillant et resplendissant règne sur l'empire de son beau-père comme un digne dirigeant, son frère de sang, reste dans la nuit et vit libre.

Mira sourit doucement.

— J'ai l'impression que le prince artificiel a une personnalité très complexe, et terriblement intraitable. Je suis sûr qu'il serait infiniment douloureux de le connaître et de partager son existence considérable.

Les autres ne comprenaient pas non plus, mais ils pensaient la même chose que leur amie clairvoyante.

Quelques jours après ces quelques moments privilégiés entre amis, la belle jeune magicienne aux cheveux de feu profita d'un beau jour ensoleillé pour se promener. Sans doute, à cause de la discussion animée sur la forêt de Vaegos, les pas de Mira la conduisirent lentement à l'orée du royaume mystérieux. Aux confins de ce territoire fascinant et terrifiant se trouvait une immense cité en ruines. Le domaine royal d'un souverain qui était tombé pour avoir trahi Golos et l'a vendu sans aucun scrupule à des étrangers pour le driome bleu, la plus rare de toutes les pierres précieuses. Elle se promenait dans les ruines du palais central, imaginant la splendeur qu'il avait dû être et contenir, les bals par milliers qui y étaient organisés, et toutes les histoires qui s'étaient déroulées à l'intérieur des murs avec tous leurs mystères, leur beauté et leur atrocité.

Mira se demandait sans cesse jusqu'où allait la profondeur de l'avidité de ce souverain qui, par simple appétit pour les biens matériels et les pierres rares, avait vendu sa propre nation. C'était si écoeurant que le sang de Mira s’en glaça. La voûte élevée d'une salle de bal, ou ce qu'il en restait, révèla à travers ses arabesques et ses peintures colorées, une grande partie de l'histoire de ce palais, autrefois célèbre pour sa magnificence. Bien que la cité royale ait été détruite par le peuple lui-même pour punir l'avarice d'un roi, et que cette période de rébellion ait été un événement violent et sanglant dans l'histoire de Golos, il ne resta plus à présent que la sérénité et les restes d'un passé ardent. La paix et le silence serein régnaient dans toute la cité. En montant un escalier monumental, la jeune femme se retrouva dans une cour intérieure, érigée entre quatre piliers déformés par le temps.

Une magnifique nuée d'Ibiron occupait toute la vaste place, et l'aveugla un instant par sa grâce et sa clarté, car les ibirons étaient d'immenses oiseaux au plumage blanc et vert, qui s’illuminaient avec toutes les lumières des étoiles, et maintenant leurs plumes volaient au vent et se répandaient sur la cité abandonnée comme une pluie scintillante.

Mira sourit de joie en sentant leur magie. Elle avait longtemps été fascinée par ces oiseaux rares, si fiers et resplendissants qui aimaient les hauteurs et les lumières. Certains d'entre eux déployèrent leurs ailes et volèrent devant la jeune Golosienne, ce qui l'aveugla et la fit reculer. Quand elle ouvrit les yeux, et quand les plumes de ces incroyables créatures tombèrent par terre, cessant de l’aveugler, elle vit la plus belle créature qu'elle aurait jamais imaginée.

D'abord, Mira fut trop choquée par le tableau qu'il lui offrait pour pouvoir émettre le moindre soin ou même pour esquiver un seul geste. Puis réalisant que la merveilleuse créature n'était pas un rêve ou un mirage, un sourire incertain mais admiratif apparut sur ses lèvres. Alors, se décidant à réagir, la jeune magicienne se redressa et effectua quelque pas quelques pas hésitants dans sa direction lui.

Elle ne savait pas s'il était conscient de sa présence. Mais après réflexion, Mira fut convaincue qu’il l’était. Une bête aussi majestueuse et d'une telle arrogance ne pouvait que ressentir tout ce qui se passait autour de lui, et bien qu'à ce moment-là, allongé sur un immense plateau se situant au milieu de la cour, il admirait vaguement la cité de Golos étalée devant lui, se préparant pour la nuit, il devait avoir deviné tout à propos d’elle jusqu’à la nature de sa magie.

Mira le regarda, et dut même se déplacer légèrement pour l'admirer dans toute sa grandeur. Mais elle n'eut tout de même pas le courage de venir se tenir devant lui pour tout voir.

Elle voulait parler, mais d'autres Ibirons volèrent devant elle et ce vol bien que toujours aussi sublime l'aveugla une fois de plus. Mais quand elle rouvrit à nouveau ses yeux, elle réalisa qu'elle se trouvait de l'autre côté de la bête. Elle fut déplacée par une magie très puissante de l’autre côté de la cours, et cela, sans qu’elle s’en soit rendue compte. Et quand, toujours déroutée, elle se retourna, il était là, plus imposant que jamais, la regardant avec son regard profond et glacial.

Il la brûla littéralement de ses yeux étonnamment brillants semblables à du verre. Sous ce regard froid et insondable, Mira se sentit nue et perdue dans son jean bleu clair, sa chemise à manches courtes, jaune pâle et ses petites chaussures noir et blanc en daim très chic. La blancheur de sa fourrure épaisse lui brûlait les yeux, la couronne qui ornait le port hautain recouvert d'une longue crinière impériale l’étonnait sans la surprendre. Cette désinvolture insolente et cette indifférence irritante envers les autres ne pouvaient appartenir qu'à une personne d'un tel rang.

— Qu'est-ce que tu veux ?

—— Chapitre bloqué ——
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