img Condescendant Tome 2 : Pour elle  /  Chapitre 7 Nos appréhensions  | 26.92%
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Historique
Chapitre 7 Nos appréhensions
Nombre de mots : 1971    |    Mis à jour : 21/11/2022

Gaby

Après le souper chez mon père et ma sœur, Mario nous ramène à l'appartement où je lui propose de dormir. J'ai envie de passer une nuit au calme, avant de prendre cet avion qui va me conduire vers une destination qui me fait, je l'avoue peur. Ce n'est pas que vis à vis de lui, mais aussi face à Brooke à qui j'ai menti pendant sept ans pour qu'elle n'ait pas besoin de mentir à Spencer.

En regardant Lyly-Rose qui dort dans son lit, je suis toujours certaine d'avoir fait le bon choix en la mettant au monde. Je sais que papa et Archie m'ont toujours soutenue pour mon choix, mais j'ai quand même eu énormément de moments de doute sur mon choix. Les nuits où je revenais du centre où se trouvait Gloria était les plus dures pour moi ; la peur qu'elle lui ressemble me traumatisait. Cette terreur de voir un bébé blond aux yeux bleu sortir de mon ventre, et me sourire pour me faire comprendre que j'ai gâché ma vie pour une réplique parfaite de Evan me rendait sur le coup malade.

J'avalais tout ce qui se trouvait sous la main, convaincue que je finirai par être tellement malade que je finirais par avoir une fausse couche. Mon dieu, je me mettais dans des états tellement affreux que je me foutrais des claques rien qu'en y repensant. Mais tout ceci est derrière moi maintenant, car c'est elle qui m'importe le plus dans ma vie depuis que mon regard s'est posé sur elle.

Ce petit bébé au cheveux châtains que je tenais dans mes bras, sous le regard bienveillant de Archie qui venait de nous rejoindre...

- Tu comptes la regarder toute la nuit ? Murmure Mario dans mon oreille, alors que je me tiens toujours devant la chambre de ma poupée.

J'esquisse un sourire, et je referme doucement la porte alors qu'il me prend par la taille pour repartir vers ma chambre... Enfin notre chambre. Je commence à me déshabiller en partant vers l'armoire où se trouve ma robe de nuit, mais comme je le pensais, il ne me laisse pas faire et il m'attire à lui pour rejoindre le lit.

- Pas besoin de te surcharger. Me souffle-t-il à l'oreille et je frémis quand ses mains glissent sur les bretelles de mon soutien-gorge qu'il fait glisser.

Ma main part vers le haut de sa nuque pour ramener ses lèvres contre les miennes, et nous échangeons un tendre baiser.

- Tu es distante. Finit-il par me dire quand nous nous allongeons sur le lit.

Je me mords la lèvre me rendant compte qu'inconsciemment, je mets de la distance dans mes gestes. Non que je ne veuille pas faire l'amour avec lui, mais avec tout ce qui m'attends dès demain, je suis vraiment en train de subir la panique d'y aller. Mario fronce des sourcils, et sa main rejoint mon visage et je me rends compte que je pleure.

- Gaby ? Me demande-t-il d'une voix inquiète.

- Je suis désolée. Lui fais-je en me redressant dans le lit pour porter mes mains à mon visage que je cache maintenant.

Pourquoi est-ce que je craque maintenant ? Je me suis préparée comme j'ai pu à ce départ pour Seattle. J'étais on ne peut plus sereine, il y a encore une heure et me voilà en larmes dans mon lit avec Marion qui ne comprend rien à ce qui se passe.

J'ai plus que mal la poitrine, sachant ce qui m'attend quand je serai là-bas. Le regard froid de Hardin me hante à cet instant, tout comme la douleur que je ressentais cette nuit-là quand je suis entrée dans la villa et que je l'ai vu avec Melly.

Archie m'avait presque convaincue de lui dire la vérité sur ce qui se passait, et de lui offrir la chance de pouvoir choisir avec moi ce que nous devions faire. Bien que je connusse sa réponse, qui serait que j'avorte du fruit de ce monstre de Evan, pendant le trajet qui me ramenait à la villa, j'ai eu un soupçon d'espoir qu'il comprendrait mon choix étant donné qu'il m'aimait.

Mais quand mon regard s'est posé dans son dos, alors qu'il s'apprêtait à la pénétrer ; je n'avais plus aucun doute. Je n'avais plus qu'à en finir et tout de suite...

Alors, pourquoi est-ce que j'ai mal maintenant ? Pourquoi je me mets à paniquer à l'idée de lui faire du mal à nouveau, en revenant à Seattle ? Pourquoi est-ce que mon coeur tressaille à l'idée de voir cette haine dans ses yeux quand il comprendra que je l'ai repoussé pour l'enfant d'Evan ?

- Gaby, tu ne veux pas me parler de ce qui te rends si mal récemment ? Est-ce que cela à avoir avec le père de Lyly-Rose ? Finit par me demander Mario et je sors du lit d'un bond pour attraper mon peignoir et sortir de la chambre.

Non, je ne veux pas avoir cette conversation maintenant ! Je ne peux pas parler de cela avec lui, même si je sais qu'il va falloir que nous l'ayons quand je reviendrai. Mais pas avant que j'aie mis les choses à plat avec les personnes qui méritent de savoir ce que je leur cache depuis sept ans.

- Gaby, je suis désolé. S'excuse Mario en me rejoignant dans la cuisine, où d'une main tremblante, essayant de contenir mes larmes qui débordent, j'essaye de prendre un verre d'eau du robinet mais celui-ci finit par m'échapper des mains.

Mario me repousse doucement, alors que les morceaux de verre sont éparpillés devant mes pieds nus et il s'accroupit pour les ramasser.

Mais alors qu'il me dit de ne pas bouger pour ne pas me couper, pendant qu'il ramasse ; le souvenir de Hardin m'empêchant de me couper dans sa chambre sur des morceaux de verre sur le sol me revient en pleine figure.

Je secoue la tête en portant ma main à ma poitrine qui me lance comme jamais.

- Non, je ne peux pas ! Crié-je totalement perdue à cet instant à l'idée d'affronter Hardin.

Hardin

- Bordel ! Grogné-je en enlevant mes mains de sa taille, avant de me rouler sur mon côté de lit.

Je grince des dents en passant ma main dans mes cheveux, en me maudissant de ne pas y arriver. Putain, c'est quoi le problème avec moi aujourd'hui ?!

- Hardin. Me fait doucement Winona en caressant mon torse.

- Désolé. Grogné-je en me levant du lit pour attraper mon jeans et prendre mes cigarettes.

- Je pense que je suis fatigué. Dis-je en allumant ma cigarette.

- Je pense que tu appréhendes ce qui va se passer demain.

Je secoue la tête, en tirant fort sur ma cigarette et j'attrape un short dans le tiroir. Je ne veux pas entendre de telles conneries, et surtout pas venant de Winona. Un regard noir dans sa direction me prouve qu'elle sait très bien qu'elle dépasse une limite que je ne tolère pas, mais comme à son habitude, elle me sourit en se levant elle-aussi du lit et elle passe devant moi en posant sa main sur mon sexe.

- Popol dit ce que tu penses. Me lance-t-elle avec un sourire narquois, avant de disparaitre dans la salle de bain, alors que je la toise de mon plus mauvais regard.

Un regard qui aurait fait tressaillir n'importe quelle nana, mais pas elle. Voilà le problème de sortir avec une fille identique à soi-même ; elle sait me mettre à bout, mais me calmer aussi vite par la façon nonchalante de voir les choses. Ou est-ce qu'elle joue un rôle ? Après tout, elle m'a avoué être amoureuse de moi, et moi, j'ai juste décidé de la laisser faire...

Je tire sur ma cigarette et je sors de la chambre pour rejoindre la cuisine, où je prends une Despérados dans le frigo avant de m'assoir sur le tabouret devant mon ordinateur portable.

Mes doigts comme toujours glissent vers le dossier "Danger" que je devrais penser à virer de celui-ci. Ce n'est pas faite de l'avoir déjà fait, mais j'ai la copie sur tellement de clés que je le remets à chaque fois. Mais je sais que je devrai l'effacer, une fois que je l'aurai vue et que ma haine débordera sur elle cette fois-ci.

Je pose mon coude sur la table, et je porte ma cigarette à ma bouche en regardant son visage. Il y a toutes les photos que j'ai faites d'elle durant presqu'une année. En passant de la première fois où j'ai repris cet appareil photo dans mes mains, aux dernières photos que nous avions faites à Bali.

Elle souriait tellement à ce moment-là, et je passe mes doigts sur les traits de son visage en mettant l'une des photos sur pause. La forme de ses lèvres était si douce que je pourrais presqu'en sentir le gout sur les miennes, sept ans après. Sans parler de ses joues un peu rondes qui lui donne tant de charme. Quand je pense que mon attention s'est portée sur elle, à cause de cela.

Mon cœur se tord dans ma poitrine en arrivant cette fois dans son regard, ses magnifiques yeux en amande couleur noisette étincelaient tellement quand elle me regardait que je n'ai jamais su à quel moment ceux-ci ont changé à mon égard.

Cette nuit-là, ce jour-là...

- Et tu oses me dire que ça ne te perturbe pas ?! Me lance Winona en apparaissant dans la cuisine, vêtue de mon T-Shirt.

- Je t'ai déjà dit...

- Oui, je sais. Pas mes T-Shirts ! Me coupe-t-elle en souriant, avant de prendre une Despérados à son tour dans le frigo et je soupire en refermant mon ordinateur.

- Hardin, et si tu arrêtais de te mentir ?! Me fait-elle en prenant une cigarette sur le buffet, alors que je descends du tabouret en buvant une gorgée de ma bouteille.

- D'accord, tu as de la haine contre elle. Mais d'après ce que je sais, elle peut en avoir plus à ton égard non ? Me balance-t-elle et je ferme les yeux, en essayant de contenir ce sentiment de colère qui me traverse à l'instant mais qui lui est destinée.

Pourquoi vient-elle me rabâcher ces conneries ce soir ? Et pourquoi il a fallu que je lui raconte tout aussi moi ?!

- N'est-ce pas toi qui étais en train de baiser Melly ?!

- Arrête ça ! Claqué-je en relevant un regard plus que noir vers elle.

- Il serait temps que tu arrêtes de t'occuper de mes affaires ! Claqué-je en avançant sur elle et elle me lance un regard hautain, affichant un sourire narquois.

- Tes affaires me concernent, à partir du moment où tu n'es pas réaliste. Et il est temps que tu te réveilles non ? Me fait-elle alors que je me tiens à quelques centimètres de son visage, la rage au ventre de la voir continuer.

- Elle te hait, autant que tu la hais non ? Me lance-t-elle amusée, pas du tout décontenancée par mon regard noir une nouvelle fois.

- Hardin, il est temps que tu arrêtes de la voir comme la méchante. Me fait-elle en glissant ses doigts dans mes cheveux.

- Tu n'as pas vraiment été un ange ?

- Je n'ai jamais dit que j'en étais un. Grincé-je des dents.

- Alors, arrête de te torturer. Finit-elle par dire, descendant sa main sur ma joue.

- Vous étiez des enfants, et vous êtes des adultes maintenant. Continue-t-elle.

- Il est temps que tu lui montres que tu n'es plus le gamin inconscient qu'elle a abandonné, mais un homme. Me fait-elle en posant ses lèvres sur les miennes.

Winona vient de marquer un point, mais vais-je vraiment réussir à me contenir dès que je la verrai ?

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