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ÉPOUSE-MOI, SAIGNE POUR MOI

ÉPOUSE-MOI, SAIGNE POUR MOI

5.0
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💍 Il est PDG. Milliardaire. Froid. Calculateur. 🔥 Il l'a épousée. Elle ne sait pas pourquoi. 💔 Il veut la briser. Mais elle n'est pas celle qu'il croit. --- Imelda Pearce mène une vie simple. Petits boulots, café du matin, et un vide dans le cœur laissé par un père disparu. Jordan Taylor est l'héritier d'un empire. Puissant. Mystérieux. Il ne laisse rien au hasard. Leur rencontre ? Une mise en scène. Leur histoire ? Un piège millimétré. Il lui offre tout. L'attention. Le luxe. L'amour dont elle rêvait. Puis il l'épouse. C'est là que tout bascule. Derrière les portes closes, le masque tombe. Jordan Taylor n'est pas le prince charmant qu'elle imaginait. Il la veut pour une raison qu'elle ignore. Une raison qui remonte à son père. Mais Imelda n'est pas une proie facile. Et quand elle commencera à creuser, c'est tout l'édifice de sa vengeance qui tremblera. --- 🔥 Dark Romance 💼 PDG Milliardaire • Froid • Calculateur 💍 Mariage • Manipulation • Secrets 🌙 Double point de vue 💔 Il veut la détruire. Elle pourrait le sauver. Ou l'achever. --- "Je ne t'ai pas épousée par amour, Imelda. Je t'ai épousée pour te regarder tomber."

Table des matières

ÉPOUSE-MOI, SAIGNE POUR MOI Chapitre 1 LE DOSSIER

Il ne croyait pas au destin.

Le destin était une invention des faibles, un mot que les gens utilisaient pour donner du sens à l'absurde, pour transformer le chaos insupportable de l'existence en une narration rassurante. Tout arrive pour une raison. C'était écrit. Des phrases que Jordan Taylor avait entendues toute sa vie, prononcées par des bouches molles et des yeux pleins de pitié, et qu'il avait appris à mépriser avec la précision patiente d'un collectionneur.

Rien n'arrivait pour une raison. Les choses arrivaient parce que des causes produisaient des effets. Parce que des gens prenaient des décisions, ou n'en prenaient pas. Parce qu'un homme buvait trois verres de trop et prenait le volant un soir de novembre, et que ses pneus dérapaient sur une plaque de verglas, et que deux secondes plus tard, une famille entière cessait d'exister.

Il n'y avait pas de destin là-dedans. Il y avait une chaîne de causalité, et au bout de cette chaîne, un nom.

Edward Pearce.

Jordan Taylor se tenait devant la baie vitrée de son bureau, au quarante-deuxième étage de la Taylor Tower, et regardait New York sans la voir. La ville scintillait à ses pieds comme une promesse, ou comme une menace, selon l'angle. Il préférait la menace. Elle était plus honnête.

La pièce derrière lui était plongée dans une pénombre calculée. Pas d'éclairage au plafond – il détestait la lumière agressive des néons, cette clarté clinique qui ne laissait aucune place à l'ombre. Il avait fait installer des lampes directionnelles, des spots discrets qui éclairaient précisément ce qu'il voulait voir, et rien d'autre. Son bureau était une extension de son esprit : chaque objet à sa place, chaque surface nette, chaque information accessible en moins de trois secondes.

Sur le mur du fond, à gauche de la bibliothèque en acajou qui contenait des livres qu'il n'avait jamais ouverts, se trouvait la seule entorse à cette esthétique minimaliste. Un panneau de liège. Dessus, des photos, des articles de presse, des captures d'écran, des notes manuscrites dans une écriture serrée qui n'appartenait qu'à lui. Le panneau était recouvert d'un volet coulissant en bois sombre, que seules ses empreintes digitales pouvaient déverrouiller.

Il ne l'ouvrait jamais devant témoin. Même ses assistants les plus proches, ceux qui géraient son agenda et ses déplacements, ignoraient l'existence de ce panneau. Ils croyaient que c'était un placard à archives.

Le panneau contenait sa vraie vie.

Jordan s'éloigna de la fenêtre et traversa la pièce à pas lents. Le tapis épais étouffait le bruit de ses chaussures – des Berluti noires, cousues main, qu'il avait fait cirer le matin même par le portier de son immeuble. Le luxe était une habitude, pas un plaisir. Il avait hérité de la fortune de ses parents à seize ans, avec l'obligation légale de la gérer. Il avait appris à le faire comme on apprend une langue étrangère : par immersion, par nécessité, sans jamais l'aimer vraiment.

Il posa son pouce sur le capteur biométrique dissimulé dans la moulure du mur. Le volet coulissa sans bruit, révélant le panneau.

Le visage d'Edward Pearce occupait le centre.

La photo datait de quinze ans. C'était la dernière image publique de l'homme, prise lors d'un gala de charité à Boston, six mois avant l'accident. Edward Pearce y souriait, un verre de champagne à la main, sa femme à son bras, sa petite fille – Imelda, huit ans – endormie contre son épaule. L'image de la famille parfaite. L'image du bonheur.

Jordan avait fixé cette photo des milliers de fois. Il connaissait chaque pixel, chaque reflet dans le verre de champagne, chaque pli du sourire d'Edward Pearce. Il savait que ce sourire était faux. Pas parce qu'il était expert en micro-expressions – il l'était – mais parce que tous les sourires étaient faux. Le bonheur était une performance, et Edward Pearce était un acteur talentueux.

À côté de la photo de gala, une coupure de journal jaunie, plastifiée pour résister au temps. Le titre s'étalait en lettres grasses, comme une blessure qui ne cicatrise pas.

"COLLISION FRONTALE SUR LA A6 – LE COUPLE TAYLOR NE SURVIT PAS."

L'article était daté du 16 novembre. Jordan avait seize ans. Il était dans sa chambre, au pensionnat de Phillips Exeter Academy, quand le proviseur était venu le chercher. Il se souvenait de la couleur du tapis dans le couloir – un vert bouteille usé. Il se souvenait de la façon dont le proviseur avait croisé les mains sur son bureau, comme s'il priait. Il se souvenait du goût du café froid qu'on lui avait servi, et qu'il n'avait pas bu.

Il ne se souvenait pas d'avoir pleuré.

Ses parents étaient morts sur le coup. La voiture d'Edward Pearce, une berline allemande gris métallisé, avait mordu la ligne médiane dans une courbe sans visibilité. Verglas, avait dit le rapport. Vitesse excessive, avait ajouté l'enquête. Pas de poursuites pénales, avait conclu le procureur. Un drame de la route. Un accident.

Edward Pearce s'en était sorti avec une fracture du fémur et un traumatisme crânien léger. Il était resté trois semaines à l'hôpital, puis il était rentré chez lui, retrouver sa femme et sa fille. Six mois plus tard, il disparaissait sans laisser d'adresse. Volatilisé. Comme si la terre l'avait avalé.

Jordan n'avait jamais cru à la thèse de l'accident. Il avait seize ans, mais il n'était pas naïf. Il avait lu le rapport de police vingt-sept fois. Il avait engagé des détectives privés, plus tard, quand il avait eu l'âge et l'argent pour le faire. Aucun n'avait retrouvé Edward Pearce. Mais tous avaient confirmé ce que Jordan savait déjà : l'homme avait des dettes, des fréquentations douteuses, une maîtresse à Boston et une autre à Chicago. Edward Pearce n'était pas une victime du destin. C'était un homme qui fuyait quelque chose.

Et dans sa fuite, il avait emporté la vie des parents de Jordan.

Le jeune homme – non, l'homme, il avait trente ans maintenant – détacha son regard de la photo d'Edward Pearce pour le porter sur la partie droite du panneau. Celle-ci était consacrée à une autre personne.

Imelda Pearce.

La fille.

Elle avait vingt-trois ans aujourd'hui. Sept ans de moins que lui. Un écart parfait : assez large pour qu'il puisse jouer le rôle du mentor, du protecteur, de l'homme plus âgé et plus sage qui la guiderait dans la vie. Assez étroit pour que leur relation paraisse naturelle aux yeux du monde.

Les photos d'elle étaient nombreuses. Certaines volées par des détectives privés : Imelda sortant de son immeuble, Imelda au Café des Lilas, Imelda riant avec des amies sur un banc de Central Park. D'autres provenaient des réseaux sociaux – elle était active sur Instagram, où elle postait des photos de livres, de paysages urbains, de son chat roux nommé Mistigri. D'autres encore étaient des captures d'écran de vidéos, des articles de journaux locaux mentionnant ses résultats scolaires, des archives diverses que Jordan avait méthodiquement rassemblées pendant des années.

Il connaissait sa vie mieux qu'elle ne la connaissait elle-même.

Il savait qu'elle était née un 14 mars, à 3h47 du matin, dans une clinique privée de Brooklyn. Poisson, ascendant Scorpion – il avait fait analyser son thème astral par un expert, non par croyance, mais parce qu'elle y croyait, et que cette croyance était une porte d'entrée. Il savait qu'elle avait eu une appendicite à douze ans, qu'elle était allergique aux arachides, qu'elle avait peur des orages depuis qu'un éclair avait frappé un arbre dans le jardin familial quand elle avait six ans. Il savait qu'elle aimait la poésie de Mary Oliver, les films de Wes Anderson, le goût du caramel salé et l'odeur des vieux livres.

Il savait qu'elle portait encore au poignet un bracelet en cuir usé que son père lui avait offert pour ses huit ans, et qu'elle ne l'enlevait jamais.

Il savait qu'elle ne savait pas où était son père, ni pourquoi il était parti.

Il savait qu'elle en souffrait chaque jour.

Et il savait que cette souffrance était sa plus grande force, et sa plus grande faiblesse. Une femme qui a été abandonnée par son père passera sa vie à chercher un homme qui ne la quittera pas. Elle sera prête à tout pour le garder. Elle ignorera les signaux d'alarme, excusera les comportements étranges, fermera les yeux sur les incohérences. Parce que la peur de perdre est plus forte que la peur de souffrir.

Jordan Taylor allait être cet homme. Il allait être tout ce qu'elle avait toujours voulu. Il allait combler le vide laissé par Edward Pearce.

Et ensuite, il allait le rouvrir.

Il s'assit à son bureau et ouvrit son ordinateur portable. L'écran s'alluma, affichant un fond noir uni, sans icônes, sans distractions. Il ouvrit un dossier crypté nommé "PEARCE – PHASE 1". À l'intérieur, des dizaines de sous-dossiers : Biographie, Psychologie, Habitudes, Faiblesses, Opportunités, Scénarios.

Il ouvrit le fichier Scénarios. Une liste de situations possibles s'afficha, classées par probabilité de succès, évaluées selon une matrice de risque qu'il avait lui-même conçue.

Scénario 1 : Rencontre fortuite dans un café. Probabilité de succès : 94%. Risques : Faible.

Scénario 2 : Introduction par un tiers commun. Probabilité de succès : 78%. Risques : Moyen (témoin).

Scénario 3 : Incident provoqué (panne de métro, accident mineur). Probabilité de succès : 89%. Risques : Élevé (imprévus).

Le Scénario 1 était le meilleur. Simple, propre, reproductible. Il l'avait répété mentalement des centaines de fois. Il connaissait le script par cœur.

Elle descendait du bus 84 à 8h12 chaque matin.

Elle entrait au Café des Lilas à 8h15.

Elle commandait un latte noisette, toujours la même chose.

Elle s'asseyait à la table près de la fenêtre, dos à la porte.

Elle lisait un livre en attendant son café.

Le livre actuel était L'Année de la pensée magique de Joan Didion. Un essai sur le deuil. Jordan avait souri en l'apprenant. Le hasard – le vrai hasard, pas celui auquel il ne croyait pas – faisait parfois bien les choses. Une jeune femme qui lit un livre sur la perte est une jeune femme qui pense à ce qu'elle a perdu. Et ce qu'elle avait perdu, c'était son père.

Il serait le père qu'elle n'avait plus. L'amant. Le protecteur. Le geôlier.

Il regarda l'heure. 23h47. Dans neuf heures et vingt-huit minutes, il serait au Café des Lilas. Il commanderait un café noir – il détestait le café noir, mais c'était le genre de détail qui construisait un personnage. Il ferait semblant de ne pas la voir, puis il tournerait la tête trop vite, et sa tasse heurterait la sienne, et le café se renverserait sur sa robe.

Elle serait gênée. Lui serait désolé. Il insisterait pour payer le pressing. Elle refuserait poliment. Il insisterait davantage. Elle finirait par accepter, parce qu'elle était bien élevée, parce que sa mère lui avait appris à ne pas faire de scandale, parce qu'elle était programmée pour être gentille.

Il s'excuserait encore. Il proposerait de lui offrir un autre café. Elle accepterait, pour la même raison. Il s'assiérait en face d'elle. Il lui poserait une question sur son livre. Elle répondrait, surprise qu'un homme comme lui – costume sur mesure, montre à six chiffres, assurance tranquille de ceux qui possèdent le monde – s'intéresse à Joan Didion.

Il aurait une anecdote prête. Une histoire touchante sur sa mère, qui aimait Didion, qui lui lisait des passages à voix haute quand il était enfant. Une histoire vraie, d'ailleurs. Sa mère aimait vraiment Joan Didion. C'était l'une des rares choses vraies qu'il lui dirait.

Le reste serait un mensonge. Un mensonge magnifique, élaboré, cohérent, étayé par des années de préparation et des millions de dollars de moyens.

Il était 23h52.

Jordan Taylor ferma le dossier "PEARCE – PHASE 1". Il éteignit son ordinateur. Il se leva, traversa la pièce, et referma le volet coulissant sur le panneau de liège. Le visage d'Edward Pearce disparut. Celui d'Imelda aussi.

Il resta un moment dans le noir, debout au milieu de son bureau, les mains dans les poches de son pantalon. La ville scintillait derrière lui, indifférente. Les voitures glissaient dans les rues comme des lucioles métalliques. Des millions de vies s'entrecroisaient sans le savoir, des millions de destins qui n'en étaient pas.

Il pensa à ses parents. Pas à leur mort – il y pensait chaque jour, chaque heure, chaque minute depuis quatorze ans. Il pensa à leur vie. À la façon dont sa mère riait, la tête renversée en arrière, les yeux plissés. À la façon dont son père posait la main sur son épaule quand il était fier de lui, une pression brève et chaleureuse qui valait tous les discours du monde.

Ces choses-là n'existaient plus. Elles avaient été effacées par un homme qui avait trop bu, trop roulé vite, et qui avait disparu sans rendre de comptes.

Jordan n'était pas un monstre. Il le savait. Les monstres étaient des créatures de contes, des figures simplistes qui incarnaient le mal sans raison. Lui avait une raison. La plus ancienne, la plus pure, la plus humaine de toutes.

La justice.

Ou ce qui en tenait lieu, dans un monde où les coupables s'évaporaient et où les innocents mouraient sur des routes verglacées.

Il se dirigea vers la porte. Demain, tout commencerait. Demain, il rencontrerait Imelda Pearce pour la première fois. Elle ne saurait pas qui il était vraiment. Elle ne saurait pas ce qu'il voulait. Elle verrait un homme charmant, mystérieux, légèrement maladroit, qui renversait son café et s'excusait trop. Elle verrait ce qu'il voudrait qu'elle voie.

C'était cela, le pouvoir. Pas l'argent, pas les titres, pas les tours de verre qui portaient votre nom. Le pouvoir, c'était de contrôler ce que les autres percevaient. De construire leur réalité avant qu'ils n'aient le temps de la remettre en question.

Jordan Taylor sortit de son bureau et ferma la porte derrière lui. Le déclic de la serrure électronique résonna dans le couloir vide.

Il était 23h58.

Dans neuf heures et quatorze minutes, la Phase 1 commencerait.

Il ne dormit pas cette nuit-là. Il ne dormait jamais plus de quatre heures, et cette nuit-là, il n'en avait pas besoin. Il resta assis dans le noir de son appartement, un verre d'eau à la main, à regarder les lumières de la ville et à penser au visage d'Imelda Pearce.

Demain, il la verrait en vrai pour la première fois.

Demain, il poserait la première pierre de sa vengeance.

Et rien, ni personne, ne l'arrêterait.

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