img ÉPOUSE-MOI, SAIGNE POUR MOI  /  Chapitre 2 LE CAFÉ DES LILAS | 16.67%
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Historique

Chapitre 2 LE CAFÉ DES LILAS

Nombre de mots : 5209    |    Mis à jour : 16/04/2026

de vue

-

travers ses rideaux en lin beige avait cette qualité laiteuse, diffuse, qui annonçait un ciel bas et lourd. Elle resta immobile quelques secondes, le visage à moitié

immeuble sans ascenseur dans le Queens. Les murs étaient couverts d'étagères en bois clair qu'elle avait montées elle-même, et qui ployaient sous le poids des livres. Des romans partout, empilés, rangés, entassés, débordant des rayonnages pour former des tours précaires

masse uniforme de nuages gris ardoise, si dense qu'on ne distinguait pas le soleil. Il ne ple

sur la chaise de bureau, et l'enfila par-dessus son débardeur blanc. Le gilet était trop grand – il avait appartenu à Chloé, qui le lui avait laissé un soir d'hiver et n'était jamais venu

n marche. Le bruit de l'eau qui commençait à chauffer emplit le silence. Elle attrapa son mug préféré, un modèle large et imparfait qu'elle avait acheté dans une brocante de Brooklyn, avec une anse réparée à l

ux châtains emmêlés en un chaos doux qui lui tombait sur les épaules. Elle avait une petite rougeur sur la joue gauche, là où l'oreiller avait imprimé son pli. Ses taches de rousseur, presque invisibles en hiver, commençaient tout juste à se réveiller avec l'aut

ar un élastique marron trouvé au fond du tiroir. Quelques mèches s'échappèrent immédiatement, encadrant son visage de boucles indiscipli

liquide s'assombrir en tourbillons ambrés, et s'adossa au comptoir en tenant le mug à deux mains.

t, trop amer – elle avait laissé infuser t

sur le comptoir. U

é des Lilas ce matin ?

partement marketing qui avait osé porter des chaussettes blanches avec un costume noir. Imelda avait écouté l'histoire avec un

ondit ra

rêt à ce que le potin soit

t une autre gorgée de thé am

jean noir un peu usé aux genoux, un col roulé en laine mérinos de couleur bordeaux qui avait appartenu à sa mère dans une vie antérieure, et ses bottines en cuir marron, plates, lacées, avec une semelle qui commençait à se déc

le geste qu'elle faisait c

ent le bracelet à

orze années de contact avec sa peau, et sa couleur d'origine – un brun chaud et riche – s'était estompée par endroits jusqu'à un b

avait offert p

cette façon de pencher la tête quand il l'écoutait. Mais elle se souvenait du jour où il avait attaché ce bracelet à son poignet, dans le jardin de la maison de Bro

s tard, il d

a main le long de son corps. Elle enfila son manteau, attrapa son sac en bandoulière en

arché. Elle descendit les trois étages rapidement, ses botti

omber. Le ciel était une masse uniforme de nuages bas, si gris qu'on aurait dit du béton frais. Les immeubles de brique rouge

de. Elle croisa un homme qui promenait un bouledogue français, une femme qui courait avec des écouteurs blancs, un livreur à vélo qui slal

tan durait environ vingt-cinq minutes, selon la circulation. Elle sortit son livre de son sac – L'Année de la pensée magique de

quand la personne que vous aimez disparaît d'un instant à l'autre. Imelda ne savait pas ce que c'était que de perdre un mari. Mais elle savait ce que c'était que de perdre quelqu'un san

comprendre que ce qu'elle ressentait avait un nom, une forme,

es lames grises. Imelda leva les yeux de son livre un instant, regarda la skyline défiler, et pensa – comme elle le pensait chaque fois qu'elle traversait ce pon

Avenue. Imelda descendit, son livre toujours ouvert à la main, et m

blanc cassé, avec une enseigne en fer forgé représentant des branches de lilas entrelacées. Les fenêtres étaient larges, laissant voir l'intérieur chaleureux – murs de brique apparente, tables en bois sombre, comptoi

moulu et du pain grillé l'enveloppa immédiatement, chassant l'humidité grise de la rue. Elle respira

son latte et s'installer à sa table habituelle avant que son amie ne déb

tatoués et au sourire facile – leva les yeux de la

. Latte

d'habi

oir pour laisser la place à un homme en costume qui attendait d

de la fenêtr

aimait regarder les passants défiler, imaginer leurs vies, leurs histoires, leurs secrets. Elle aimait être

s'assit. Le bois de la chaise était lisse sous ses doigts, patiné par des années d'us

dion dansaient

n instant. Vous vous asseyez pour dîner

ourna

n de l'auto-

cher. Il posa la tasse fumante devant elle av

, mademoise

les yeux

ci, M

oé ar

t. Elle a un

vec une affection feinte. « Les ch

erra b

ousse de lait, et but une gorgée. La noisette était douce, réconfortante, exactement ce dont elle avait

tasse et repr

t pas l'ho

s'encadra dans l'embrasure, apportant avec elle une bouffée d'air froid et humide. Elle ne vit pas les y

t rien de

lis

une chemise blanche au col impeccable, et une cravate en soie gris perle nouée avec une précision presque militaire. Ses chaussures – des derbies noires cirées à la perfection – ne faisai

mais pas assez pour paraître théâtral. Le costume ajusté pour souligner sa carrure sans l'exagérer. La cravate grise, ni trop claire ni trop sombre, qui adoucissait la sévérité de l'ensemble sans la compromettre.

redressa imperceptiblement. Il y avait quelque chose dans cet homm

oir, s'il v

et d'acier. Pas de formule de politesse superflue. Pas

devant le comptoir, le regard fixé droit devant lui, sans paraître voir

n compte Goodreads la veille. Le trench beige suspendu au dossier. Le bracelet en cuir usé à son poignet gauche, visible quand elle tournait les pages. Le latt

ent ces observations de son esprit conscient. Il ne fallait pas qu'il

billet de vingt dollars sur le comptoir – beaucoup trop pour un simpl

chercher une

sa sur Imelda

Il marchait d'un pas assuré, le dos droit, la tasse tenue avec une aisance qui suggérait qu'il avai

là que ce

gymnase privé de son penthouse, jusqu'à ce que la feinte soit indiscernable d'une vraie mal

é noir se

e la tasse, traversa l'air en un arc malheureux, et s'écrasa sur la

fut im

er sa propre tasse. Un petit cri lui échappa – un son aigu, surpris, presque enfantin.

bras. Le liquide était chaud, presque brûlant, mais heureusement le tissu épais avait absorb

le le

était plus dense. Son visage était anguleux, taillé à la serpe – une mâchoire carrée, des pommettes hautes, un nez droit avec une légère imperfection sur l'arête, comme une ancienne cassure. Ses yeux étaient d'un gris-bleu sai

us, on apercevait un costume anthracite d'une coupe impeccable, une chemise blanche, un

ant précis, il avait l'a

uis dé

tude qui semblait authentique. Ses yeux gris-bleu s'étaient écarquillés,

désolé. Je ne regarda

poignée de serviettes en papier dans le distributeur accroché au mur. Ses gestes étaient malad

.. C'est du caf

iser, comme s'il réalisait soudain qu'un inconnu ne ta

aiguë de la situation. Un inconnu – un très bel inconnu, vêtu comme un prince de Wall

voix lui parut étrangement calme, presq

de s'installer, une auréole brunâtre sur le bordeaux profond de la laine. Le col roulé de sa mère. El

uance d'incrédulité dans sa voix. « J'ai re

ux vers lui et esquissa un sourire, un peu

tement, son expression de panique se mua en quelque chose de plus doux, de p

us offrir un autre café. Ou les deux. Ou... n'importe quoi,

dans cette ville pour reconnaître un homme d'affaires important – ils avaient tous la même assurance tranquille, la même façon d'occuper l'espace comme s'il leur appartenait. Mais cel

t désa

us par envie de le rassurer que par véritable

es yeux gris-bleu se plantèrent dans les siens avec une force qui lui

n détacher le sien. Il y avait quelque chose dans ces yeux – une profondeur,

des yeux, et

» dit-il en tendant la

e cales, pas de bagues – juste une peau lisse et chaude, et une montre d

te, brève mais pas expéditive. Exactement la durée qu'il f

ondit-elle. « I

sûre de l'avoir vu. Puis il sourit – un vrai sourire, qui mobilisait tout son visa

l, comme s'il goûtait

ienne. Mon père dé

. Jamais. Et voilà qu'elle lâchait cette phrase absurde à un homme qu'elle connaissait depuis trente secondes,

sentit

quer son trouble. Ou s'il le remarqua,

bonnes choses, » dit-il doucement

ique, et elle ne savait pas quoi en faire. Était-ce une critique

ondre, Marco apparut à côté

J'ai vu le café voler

e humilité qui sembla surprendre Marco autant qu'elle

ur le carrelage, puis leva les yeux vers Jordan, puis vers

. Un autre latte noisette

ne puisse ouvrir la bouche. « Et remettez-le s

na avec le torchon. Jordan se

Juste le temps que votre café arriv

a chaise vide

s. Elle lisait son livre, buvait son latte, attendait Chloé, et repartait. Sa vie était une

presque gênante. Il avait une voix grave et rassurante, des yeux d'océan hivernal, et un

n'était toujou

-elle. « Juste le

endit soigneusement au dossier de sa chaise. Dessous, le costume anthracite épousait ses épaules et son torse avec une perfection qui trahissait des heures de travail chez un tailleur de Sa

intimidant dans son attitude. Juste une attention tranquille, presque intense, comme si

» dit-il, son regard tom

nsée magique, dont les pages étaient toujour

saie. Ce n'est pas

« Ce n'est pas une lecture facile.

ête, surprise. «

le salon. J'étais enfant, je ne comprenais pas la moitié de ce qu'el

c tout le reste de son apparence. Imelda sentit quelque chose se dénouer dans sa p

bon goût, » dit

avait

posa pas de question. Elle savait ce que c'était que de parler des absents au passé, et

devant elle et un café noir frais devant Jordan. La vapeur montait

urna vers Imelda et leva sa tasse. « Aux mat

e tasse, et la fit tinter

fés renv

r ça drôle. Et dans ce rire, pour la première fois, Imelda vit quelque chose qui ress

tante, mais quelque chose avait changé dans le goût. Il y avait une chaleur supplémentai

e et croisa le rega

haient pas ailleurs. Ils étaient fixés sur elle comme si elle était la seule personne dans la pièce. Comme si le reste du café – les aut

puis très, très longtemps,

encore que c'étai

res, ses blessures. Qu'il savait qu'elle portait le bracelet de son père au poignet gauche et qu'elle le touchait quand elle était anxieuse. Qu'il savait qu'el

ait rien de

ment maladroit, qui l'avait regardée comme pe

le so

-

ssi. Ses lèvres formaient la courbe parfaite d'un sourire chaleureux, et ses y

ambre froide de son esprit, une horl

. Jour 1. Durée es

ct ét

ilité co

stait, mais qui faisait partie du personnage –

arce, » dit-il doucement. « Par

lle

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