de vue
-
travers ses rideaux en lin beige avait cette qualité laiteuse, diffuse, qui annonçait un ciel bas et lourd. Elle resta immobile quelques secondes, le visage à moitié
immeuble sans ascenseur dans le Queens. Les murs étaient couverts d'étagères en bois clair qu'elle avait montées elle-même, et qui ployaient sous le poids des livres. Des romans partout, empilés, rangés, entassés, débordant des rayonnages pour former des tours précaires
masse uniforme de nuages gris ardoise, si dense qu'on ne distinguait pas le soleil. Il ne ple
sur la chaise de bureau, et l'enfila par-dessus son débardeur blanc. Le gilet était trop grand – il avait appartenu à Chloé, qui le lui avait laissé un soir d'hiver et n'était jamais venu
n marche. Le bruit de l'eau qui commençait à chauffer emplit le silence. Elle attrapa son mug préféré, un modèle large et imparfait qu'elle avait acheté dans une brocante de Brooklyn, avec une anse réparée à l
ux châtains emmêlés en un chaos doux qui lui tombait sur les épaules. Elle avait une petite rougeur sur la joue gauche, là où l'oreiller avait imprimé son pli. Ses taches de rousseur, presque invisibles en hiver, commençaient tout juste à se réveiller avec l'aut
ar un élastique marron trouvé au fond du tiroir. Quelques mèches s'échappèrent immédiatement, encadrant son visage de boucles indiscipli
liquide s'assombrir en tourbillons ambrés, et s'adossa au comptoir en tenant le mug à deux mains.
t, trop amer – elle avait laissé infuser t
sur le comptoir. U
é des Lilas ce matin ?
partement marketing qui avait osé porter des chaussettes blanches avec un costume noir. Imelda avait écouté l'histoire avec un
ondit ra
rêt à ce que le potin soit
t une autre gorgée de thé am
jean noir un peu usé aux genoux, un col roulé en laine mérinos de couleur bordeaux qui avait appartenu à sa mère dans une vie antérieure, et ses bottines en cuir marron, plates, lacées, avec une semelle qui commençait à se déc
le geste qu'elle faisait c
ent le bracelet à
orze années de contact avec sa peau, et sa couleur d'origine – un brun chaud et riche – s'était estompée par endroits jusqu'à un b
avait offert p
cette façon de pencher la tête quand il l'écoutait. Mais elle se souvenait du jour où il avait attaché ce bracelet à son poignet, dans le jardin de la maison de Bro
s tard, il d
a main le long de son corps. Elle enfila son manteau, attrapa son sac en bandoulière en
arché. Elle descendit les trois étages rapidement, ses botti
omber. Le ciel était une masse uniforme de nuages bas, si gris qu'on aurait dit du béton frais. Les immeubles de brique rouge
de. Elle croisa un homme qui promenait un bouledogue français, une femme qui courait avec des écouteurs blancs, un livreur à vélo qui slal
tan durait environ vingt-cinq minutes, selon la circulation. Elle sortit son livre de son sac – L'Année de la pensée magique de
quand la personne que vous aimez disparaît d'un instant à l'autre. Imelda ne savait pas ce que c'était que de perdre un mari. Mais elle savait ce que c'était que de perdre quelqu'un san
comprendre que ce qu'elle ressentait avait un nom, une forme,
es lames grises. Imelda leva les yeux de son livre un instant, regarda la skyline défiler, et pensa – comme elle le pensait chaque fois qu'elle traversait ce pon
Avenue. Imelda descendit, son livre toujours ouvert à la main, et m
blanc cassé, avec une enseigne en fer forgé représentant des branches de lilas entrelacées. Les fenêtres étaient larges, laissant voir l'intérieur chaleureux – murs de brique apparente, tables en bois sombre, comptoi
moulu et du pain grillé l'enveloppa immédiatement, chassant l'humidité grise de la rue. Elle respira
son latte et s'installer à sa table habituelle avant que son amie ne déb
tatoués et au sourire facile – leva les yeux de la
. Latte
d'habi
oir pour laisser la place à un homme en costume qui attendait d
de la fenêtr
aimait regarder les passants défiler, imaginer leurs vies, leurs histoires, leurs secrets. Elle aimait être
s'assit. Le bois de la chaise était lisse sous ses doigts, patiné par des années d'us
dion dansaient
n instant. Vous vous asseyez pour dîner
ourna
n de l'auto-
cher. Il posa la tasse fumante devant elle av
, mademoise
les yeux
ci, M
oé ar
t. Elle a un
vec une affection feinte. « Les ch
erra b
ousse de lait, et but une gorgée. La noisette était douce, réconfortante, exactement ce dont elle avait
tasse et repr
t pas l'ho
s'encadra dans l'embrasure, apportant avec elle une bouffée d'air froid et humide. Elle ne vit pas les y
t rien de
lis
une chemise blanche au col impeccable, et une cravate en soie gris perle nouée avec une précision presque militaire. Ses chaussures – des derbies noires cirées à la perfection – ne faisai
mais pas assez pour paraître théâtral. Le costume ajusté pour souligner sa carrure sans l'exagérer. La cravate grise, ni trop claire ni trop sombre, qui adoucissait la sévérité de l'ensemble sans la compromettre.
redressa imperceptiblement. Il y avait quelque chose dans cet homm
oir, s'il v
et d'acier. Pas de formule de politesse superflue. Pas
devant le comptoir, le regard fixé droit devant lui, sans paraître voir
n compte Goodreads la veille. Le trench beige suspendu au dossier. Le bracelet en cuir usé à son poignet gauche, visible quand elle tournait les pages. Le latt
ent ces observations de son esprit conscient. Il ne fallait pas qu'il
billet de vingt dollars sur le comptoir – beaucoup trop pour un simpl
chercher une
sa sur Imelda
Il marchait d'un pas assuré, le dos droit, la tasse tenue avec une aisance qui suggérait qu'il avai
là que ce
gymnase privé de son penthouse, jusqu'à ce que la feinte soit indiscernable d'une vraie mal
é noir se
e la tasse, traversa l'air en un arc malheureux, et s'écrasa sur la
fut im
er sa propre tasse. Un petit cri lui échappa – un son aigu, surpris, presque enfantin.
bras. Le liquide était chaud, presque brûlant, mais heureusement le tissu épais avait absorb
le le
était plus dense. Son visage était anguleux, taillé à la serpe – une mâchoire carrée, des pommettes hautes, un nez droit avec une légère imperfection sur l'arête, comme une ancienne cassure. Ses yeux étaient d'un gris-bleu sai
us, on apercevait un costume anthracite d'une coupe impeccable, une chemise blanche, un
ant précis, il avait l'a
uis dé
tude qui semblait authentique. Ses yeux gris-bleu s'étaient écarquillés,
désolé. Je ne regarda
poignée de serviettes en papier dans le distributeur accroché au mur. Ses gestes étaient malad
.. C'est du caf
iser, comme s'il réalisait soudain qu'un inconnu ne ta
aiguë de la situation. Un inconnu – un très bel inconnu, vêtu comme un prince de Wall
voix lui parut étrangement calme, presq
de s'installer, une auréole brunâtre sur le bordeaux profond de la laine. Le col roulé de sa mère. El
uance d'incrédulité dans sa voix. « J'ai re
ux vers lui et esquissa un sourire, un peu
tement, son expression de panique se mua en quelque chose de plus doux, de p
us offrir un autre café. Ou les deux. Ou... n'importe quoi,
dans cette ville pour reconnaître un homme d'affaires important – ils avaient tous la même assurance tranquille, la même façon d'occuper l'espace comme s'il leur appartenait. Mais cel
t désa
us par envie de le rassurer que par véritable
es yeux gris-bleu se plantèrent dans les siens avec une force qui lui
n détacher le sien. Il y avait quelque chose dans ces yeux – une profondeur,
des yeux, et
» dit-il en tendant la
e cales, pas de bagues – juste une peau lisse et chaude, et une montre d
te, brève mais pas expéditive. Exactement la durée qu'il f
ondit-elle. « I
sûre de l'avoir vu. Puis il sourit – un vrai sourire, qui mobilisait tout son visa
l, comme s'il goûtait
ienne. Mon père dé
. Jamais. Et voilà qu'elle lâchait cette phrase absurde à un homme qu'elle connaissait depuis trente secondes,
sentit
quer son trouble. Ou s'il le remarqua,
bonnes choses, » dit-il doucement
ique, et elle ne savait pas quoi en faire. Était-ce une critique
ondre, Marco apparut à côté
J'ai vu le café voler
e humilité qui sembla surprendre Marco autant qu'elle
ur le carrelage, puis leva les yeux vers Jordan, puis vers
. Un autre latte noisette
ne puisse ouvrir la bouche. « Et remettez-le s
na avec le torchon. Jordan se
Juste le temps que votre café arriv
a chaise vide
s. Elle lisait son livre, buvait son latte, attendait Chloé, et repartait. Sa vie était une
presque gênante. Il avait une voix grave et rassurante, des yeux d'océan hivernal, et un
n'était toujou
-elle. « Juste le
endit soigneusement au dossier de sa chaise. Dessous, le costume anthracite épousait ses épaules et son torse avec une perfection qui trahissait des heures de travail chez un tailleur de Sa
intimidant dans son attitude. Juste une attention tranquille, presque intense, comme si
» dit-il, son regard tom
nsée magique, dont les pages étaient toujour
saie. Ce n'est pas
« Ce n'est pas une lecture facile.
ête, surprise. «
le salon. J'étais enfant, je ne comprenais pas la moitié de ce qu'el
c tout le reste de son apparence. Imelda sentit quelque chose se dénouer dans sa p
bon goût, » dit
avait
posa pas de question. Elle savait ce que c'était que de parler des absents au passé, et
devant elle et un café noir frais devant Jordan. La vapeur montait
urna vers Imelda et leva sa tasse. « Aux mat
e tasse, et la fit tinter
fés renv
r ça drôle. Et dans ce rire, pour la première fois, Imelda vit quelque chose qui ress
tante, mais quelque chose avait changé dans le goût. Il y avait une chaleur supplémentai
e et croisa le rega
haient pas ailleurs. Ils étaient fixés sur elle comme si elle était la seule personne dans la pièce. Comme si le reste du café – les aut
puis très, très longtemps,
encore que c'étai
res, ses blessures. Qu'il savait qu'elle portait le bracelet de son père au poignet gauche et qu'elle le touchait quand elle était anxieuse. Qu'il savait qu'el
ait rien de
ment maladroit, qui l'avait regardée comme pe
le so
-
ssi. Ses lèvres formaient la courbe parfaite d'un sourire chaleureux, et ses y
ambre froide de son esprit, une horl
. Jour 1. Durée es
ct ét
ilité co
stait, mais qui faisait partie du personnage –
arce, » dit-il doucement. « Par
lle

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