Livres et Histoires de Jiao Yang Zhi Xing
Une Seconde Chance d'Aimer
Dix ans. Dix ans d'agonie sur mon lit de mort, seul dans cette immense demeure, le cœur dévoré par le chagrin et la solitude. Le spectre de Chloé Lacroix, ma fiancée, se tenait devant moi, son ventre arrondi de huit mois, ses yeux glacés par une froideur implacable. À ses côtés, Marc, le fils de mon majordome, la serrait tendrement. « On va à la maternité, Alexandre. » Sa voix était un murmure indifférent, tandis qu'elle se penchait, son souffle glacial effleurant mon visage décharné. « Alexandre, tu n'aurais jamais dû me choisir. Sans toi, Marc et moi n'aurions pas eu à vivre cachés pendant toutes ces années. Maintenant que tu vas mourir, nous sommes enfin libres… » Libres. Ce mot macabre résonna dans mon crâne vide. Mon amour, une prison. Mon sacrifice, une blague. Le monde sombra dans le noir. Pourtant, au lieu du silence éternel, une voix familière, vibrante d'une étrange incertitude, me parvint : « Alexandre ? Alexandre, tu m'entends ? C'est à toi de choisir. » J'ouvris les yeux. Le soleil filtrait à travers les hautes fenêtres, éclairant la poussière dorée d'une pièce trop familière. Devant moi, mon grand-père, Jean-Jacques Dubois, me regardait, une boîte en bois de rose à la main : La boîte. C'était le jour de la sélection, le jour où j'avais tout gâché en prononçant le nom de Chloé, aveuglé par son charme. Cette fois, les choses seraient différentes. Cette fois, je choisirais ma propre destinée.
Larmes de trahison, souffle d'espoir
Un après-midi ordinaire dans notre charmant appartement parisien, mon cœur battait la chamade non pas d'amour, mais de pure terreur. Le test de grossesse dans ma main affichait « Positif », un symbole de vie qui venait de s'entrechoquer violemment avec une révélation dévastatrice. Une vidéo anonyme, ouverte sans méfiance, venait de briser dix ans de mariage : Marc, mon mari, chef étoilé, murmurait à une voix féminine inconnue « Après toutes ces années, je crois que je ne l' aime plus autant qu' avant. » Le silence qui a suivi était assourdissant, un gouffre entre mon rêve de maternité et la trahison que je venais de découvrir. Lui, fatigué de notre « lassitude », ne voyait pas le problème. Il voulait le confort de notre foyer et l'excitation d'une autre, cette jeune sommelière nommée Chloé, dont la main posée sur son bras sur Instagram criait l'évidence. Le lendemain, cherchant désespérément une explication, je le retrouvais à l'hôpital, main dans la main avec Chloé, qui venait d'avoir un "accident". Face à mes larmes, Marc a balayé ma souffrance d'un revers de main, la réduisant à de simples « états d'âme », me reprochant de lui faire une scène. Le clou du spectacle : il avait acheté mes fleurs préférées… pour elle. « Tu deviens paranoïaque », a-t-il sifflé quand j'ai osé parler de son parfum. Comment avait-il pu me trahir avec une telle cruauté, me laissant seule face à un avenir brisé ? Plus tard, en pleine cuisine de son restaurant, alors qu' il l' embrassait sous les yeux de son équipe, ma rage a explosé. Poussée violemment, je suis tombée, mon ventre heurtant le coin d'une table en inox. Le sang a coulé, emportant avec lui notre enfant, le secret que je portais et l'espoir d'une vie qui ne serait jamais. Devant Marc, qui ne voyait qu'un simple « problème », un "drame" à gérer, la seule chose que j'ai pu exprimer, le cœur en miettes, a été : « Je veux divorcer, Marc. ». À cet instant, même sa mère n' a pas pu me faire changer d' avis, celle-là même qui m' avait toujours reproché de ne pas donner d' héritier ! Il était temps de me battre pour moi, et moi seule.
Claire, mon doux poison
Le téléphone de Claire a vibré, un son agressif dans le silence de notre appartement. Moi, Jean-Luc, l'ancien designer de génie, supposément aveugle depuis l'accident où j'avais pris un coup de couteau pour la protéger, je n'ai pas bougé derrière mes lunettes noires. Mais la lumière m'était revenue, un secret que je gardais précieusement. Son écran s'est allumé, affichant un message de « Marc » : « Le bébé va bien ? Hâte de te voir ce soir. » Mon cœur n'a pas sursauté, il était déjà mort depuis des semaines, depuis la première odeur de parfum masculin sur ses vêtements. Cette confirmation numérique, froide et indiscutable, a scellé ma vengeance. J'avais joué le rôle de l'aveugle dépendant, me nourrissant de sa pitié et de ses mensonges, tandis que j'observais, écoutais, et rassemblais les pièces de sa trahison. Ce n'était pas un miracle qui m'avait rendu la vue, mais sa tromperie qui m'avait forcé à rouvrir les yeux sur le monde et sur la femme que je croyais aimer. Ce jour était le dernier où je ferais semblant, le dernier où je sentirais son parfum de duplicité. À l'hôpital, elle me tenait la main, devant Marc et nos collègues hilares, me dépeignant comme un fardeau, tandis que Marc, le père de son enfant, osait me féliciter pour ma prétendue paternité. Mon sang bouillonnait, mais mon visage est resté de marbre, car le spectacle ne faisait que commencer. J'allais leur offrir une place au premier rang pour la chute du rideau, et ma vengeance, aussi froide que le marbre, serait leur plus grand rôle.
