Télécharger l'appli hot
Accueil / Romance / Le visage caché de mon mari
Le visage caché de mon mari

Le visage caché de mon mari

5.0
10 Chapitres
Lire maintenant

Issue de l'illustre famille Aguilera, Ariel était destinée à suivre les traces de ses proches en devenant avocate. Pourtant, loin des prétoires et de leur froide rigueur, elle a choisi une voie différente : celle de sage-femme, trouvant son bonheur dans le miracle des naissances et le dévouement envers les autres. Mais chez les Aguilera, les traditions ont plus de poids que les rêves, et le nom que l'on porte semble décider de toute une vie. Quand son père lui annonce qu'elle devra épouser un homme choisi pour renforcer l'alliance entre deux puissantes familles, Ariel voit son univers s'effondrer... avant de renaître aussitôt. Car l'homme auquel elle est promise n'est autre que celui qu'elle aime en secret depuis des années, son premier amour, celui qu'elle n'a jamais réussi à oublier. Ce mariage forcé, qu'elle croyait être une condamnation, prend alors l'apparence d'un conte de fées. Mais les illusions du passé sont parfois trompeuses. Derrière l'homme qu'elle idéalisait se cache désormais quelqu'un de bien différent. Ariel découvrira rapidement que le garçon qu'elle aimait autrefois n'existe plus vraiment... et que l'homme qu'il est devenu pourrait bien détruire tous ses rêves.

Table des matières

Le visage caché de mon mari Chapitre 1 Prologue

Deux ans plus tôt..

Aujourd'hui, la maternité de Green Garden Hospital témoigne d'une scène aussi tragique que horrifique.

- Laissez-moi ! hurle Calista, ma patiente de l'autre côté de la porte. Détachez-moi, je vous dis !

Ses hurlements montent dans les murs comme une vague acide et corrosive.

- Bipe la psychiatrie, lancé-je à Lina sans même la regarder.

Elle obéit, les doigts déjà sur le téléphone d'urgence. Elle a le visage pâle et tendu.

Je pousse doucement la porte. L'odeur métallique de la sueur me frappe en premier. Calista est ligotée aux poignets et aux chevilles, le ventre gonflé d'une vie qu'elle rejette autant qu'elle l'a désirée.

- Je vais le tuer, vous m'entendez ? Ce monstre, je vais l'arracher de moi !

Elle me fixe de ses yeux écarquillés, hors d'elle, et pourtant quelque chose en elle est encore lucide. Comme si deux femmes habitaient le même corps.

Elle tire sur les sangles, son ventre tressaille. J'ai réflexe de recul quand elle crache dans ma direction.

– Il veut ma vie ! Ce bébé va me bouffer de l'intérieur !

Et pourtant je sais que ce n'est pas elle. Pas celle que j'ai connue il y a quelques mois, quand elle venait aux consultations les mains posées sur son ventre, les yeux brillants de peur mais aussi d'espoir.

Cette femme-là parlait de leur merveilleux futur, de la garde de robe de son fils, des contines ou encore des couches lavables qu'elle avait déjà commandé.

Celle d'aujourd'hui parle de la mort et du chaos.

- Calista, je vais vérifier que tout va bien, d'accord ?

Je m'approche lentement. Je dois lui prendre ses constantes, même si son corps entier est une menace.

- Tu crois qu'il va survivre cette fois ? Sa voix tranche l'air. Il s'accroche, ce petit bâtard. Il veut pas crever, hein !

Son rire brisé me donne la chair de poule.

Je n'ai pas besoin qu'elle me rappelle ce jour-là. La scène apparaît devant moi comme un cauchemar. Le sang, les cris, l'agitation des équipes...Ce n'était pas une fausse couche qu'on avait dû gérer. C'était une tentative de meurtre.

Ce bébé est fort, résistant. Comme s'il savait qu'il allait naître dans un monde qui ne voulait pas de lui.

Je me penche doucement et vérifie la tension. Mon stéthoscope tremble à peine. J'ai appris à contrôler mes mains.

Ma patiente me regarde, haletante.

- T'as pas peur, toi ? murmure-t-elle d'une voix rauque. Tu devrais. Putain ! Il va détruire ma vie ce monstre, je le déteste !

Ma mâchoire se serre, mais je ne dis rien. Parce que dans ma tête, une autre voix s'élève. Plus douce, plus ancienne.

Quand j'étais gamine, maman disait que j'étais sa préférée. Elle le murmurait souvent du bout des lèvres, comme un secret qu'elle seule pouvait comprendre. Au début, j'ai voulu y croire. J'ai pensé que ça voulait dire quelque chose, que c'était une place à part, un privilège.

Elle aimait me garder près d'elle, enfermée dans une chambre où l'amour ressemblait à un piège tendu sous les draps.

Quand j'étais avec elle, mes frères et sœurs n'avaient pas le droit d'entrer. C'était notre moment. Juste elle et moi.

Mais j'ai compris, très tôt, ce que cela signifiait vraiment.

J'étais sa préférée, non pas parce qu'elle m'aimait plus que les autres.

J'étais la préférée de maman parce que j'étais celle qu'elle détestait assez pour se laisser aller.

- Bonjour Calista, résonne la voix de son psychiatre que je n'ai même pas vu entrer.

Je me redresse et retire mon stéthoscope de mes oreilles.

- Détachez–moi !

- Essayez de vous calmer, Calista. Et expliquez-moi ce qui ne va pas, dit-il dans un ton rassurant.

- Je ne veux pas de ce gosse. Je veux l'arracher de mon corps. Il va me pourrir !

- D'accord...

Je n'écoute plus la suite, recule et décide de quitter la chambre. Au moment de fermer la porte, je regarde une dernière fois cette femme attachée. Cette mère en devenir. Et je me demande si ce bébé, dans dix ans, fermera les yeux comme moi je le faisais, en espérant que demain on l'aimera autrement.

Continuer
img Voir plus de commentaires sur notre appli
Télécharger l'appli
icon APP STORE
icon GOOGLE PLAY