R
À cet instant, je me dis que j'aimerais tant avoir ma propre famille : un mari qui me regarde avec tendresse, des rires d'enfants qui rebondiraient sur les murs d'une maison qui m'appartiendrait vraiment, e
frontières de mon esprit. Parce qu'il y a cette tradition qui pèse chaque membre de ma famille.
qui se tissent, pour la plupart, bien avant que nous ne soyons en âge de comprendre. C
e. Mais moi, je n'y crois plus. Comment pourrais-je m'épanouir dans ma propre vie si je ne peux même pa
racée pour eux. Aujourd'hui, ils semblent heureux. Leur mariage est solide et stable, comme une pierre bien taillée dans un édifice qui ne vacille jamais. Ils ont l
cas. Mais le doute s'installe en moi, ce doute que ce bonheur n'est qu'une illusi
sans un mot, son regard perdu droit devant lui. C'est un homme qui connaît cette tradition par
mal, même si j'essaie de ne pas le montrer. Les moments où il a essayé de créer une connexion, de tendre la main, sont rares et maladroits. Je sais qu'il a b
ement l'oppo
ici toute se
pose, c'est un peu comme s'il essayait d'entrer dans ma vie sans vraiment savoir comment. S'il avait eu la
directement dans ma chambre, mais quelque chose a changé. Peut-être que c'est la terrasse qui me rappelle une époque plus sereine, quand je regardais depuis la fenêtre de ma chambre et que je voyais ma fa
l'hôpital ? tente-t-il e
e pass
ttend pas vraiment de détails, que son
ir tellemen
es sous une couche de maquillage, il a vu. Mon père ne remarque jam
les aléas
, pensif, avant de reprend
tu te malmènes
e risible ve
onsacrais ta vie à ton métier et perso
, finit-il par lâcher, sa voix plus t
mulé. Comme si son inquiétude était légitime et que ses avertissements arrivaient
u tard pour
ute A
s ven
ar son interruption soudaine. Il se tient à l'entrée de la terrasse, son expression neutre, presque détachée. Il ne s'
ue tout le monde la r
arrière. J'attends, espérant que mon père reprenne là où il s'était arrêté. Qu'il insiste. Qu'il ne
ntr
suivant à l'intérieur, là où la lumière du salon con
rands canapés, échangeant des discussions à voix basse. Il y a une énergie di
a grande s
lent d'une émotion contenue, pendant un instant, je ne comprends pas. Et c'est
acher cette petite bosse qui se dessine sous le
ttend
elle, et un frisson imp
enir c'est parce que j'ai un
xcitation est palpable, mais je devine aussi une pointe de ner
x d'entendre ce qu'elle a à dire. Ils ne se dout
sser par quatre chemins
onde d'incrédulité passe, un battement de cœur suspendu où tout
a belle ! Hurle Sadie,
gieux. Des voix s'élèvent, des questions fusent, des rires éclatent. La famille s'empresse de la fél
se joint pas à cette effu
ard est braqué sur Anna-Louisa, mais son expression est ind
ssentir un pincement au cœur en la regardant, en
u'elle construit, n'est-ce pas justement c
ur, je lui glisse quand j
tion dans les yeux, et je vois
rci,
ancher en grandes déclarations, mais elle sait. Elle sait q
e de nouveau maman ? Je
per un rire léger
-t-elle. Mais je suis
rte, plus profonde. Je ne sais pas si elle rit ou si elle pleure. Peut-être les deux. Peut-
lable que notre père nous a inculquée. Mais je connais ma sœur. Je sais ce qu'elle cache derrière ses sourires de procureure,
Notre famille était folle de joie. Un héritier, un petit garçon pour perpétuer le nom. Et puis
onheur leur soit ar
le l'a retrouvé froid et sans vie dans son berceau. La douleur a été immédiate, écrasante, une onde de choc qui a glacé chaque membre de no
is vraiment réparé. Alors aujourd'hui, en la voyant annoncer cette grossesse, en
*
distrait un peu par moments. Ce n'est pas la première fois qu'on a cette conversation, je préfère être sûre qu'elle sache exactement
emme volontaire, intelligente, et bien plus solide que les apparences ne le laissent devin
eux fois avant de déménager en Suisse pour l'internat, mais il était du genre adolescent arrogant, à rire fort pour se faire remarquer
pour ne pas s'engager au-delà d'une nuit, en train d'assister aux cours de préparation à l'accouchement. Je ne l'aur
es questions ? je demande en
est bon. Me
prend la
t-il en se grattant la nuque, mi-nerveux, mi-blagueur. J'aimerais
hambre, manquant de peu de lui percuter la tête. Sonia, les yeux flamboya
? Parce que si c'est le cas, je peux trè
e plaisante. À cet instant, il ne ressemble plus au fils Coleman de Manhattan. Il resse
e rigole pas avec la douleur d
ends Sonia. Elle n'a pas besoin de légèreté, elle a besoin qu'on reconnaisse l'immensité de ce qu'elle
dernière fois ses constantes, puis
te concentrer que sur toi. Et s
la tête, un
esthésiste, je termine

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