J'ai ajusté la bretelle de ma robe de soirée, me préparant à ma 99ème tentative. Mon objectif ? Me faire rejeter par Antoine Leclerc pour la 100ème fois et enfin regagner ma vie. Mais ce soir-là, alors que je m'apprêtais à prononcer la phrase rituelle, j'ai vu son ex-fiancée, Isabelle, le coincer, le visage tordu par la rage. J'ai entendu Antoine murmurer sa fatigue, son désir d\'échapper à sa vie dorée. Soudain, son regard désespéré a croisé le mien. Le Système a clignoté : « L'état émotionnel de la cible est instable. C'est le moment idéal pour agir. » J'ai traversé la salle, le cœur battant, et je lui ai posé la question fatidique : « Vous voulez venir avec moi ? » J'attendais le « non » libérateur, celui qui me rendrait ma liberté après trois ans d'enfer. Mais il a souri étrangement et a prononcé un mot qui a fait basculer mon monde : « D'accord. » Une notification glaciale a suivi : « ÉCHEC DE LA MISSION. La boucle temporelle va redémarrer dans 24 heures. » C'était impossible. Il n'avait jamais dit oui. Je me suis retrouvée piégée dans ce monde factice, forcée d'être son invitée surprise. Puis, le cauchemar a pris une tournure inattendue. Isabelle Moreau a ressurgi, orchestrant un piège diabolique pour récupérer Antoine. Je me suis retrouvée otage, sa vie – et celle de son bébé – entre mes mains. J'ai supplié Antoine, espérant qu'il me sauverait, qu'il romprait enfin son silence. Sa voix est venue, froide, distante : « Non. Isabelle est enceinte. Tu n'es rien. » Le mot a résonné, m'anéantissant. Mais une autre notification est apparue : « Rejet verbal final obtenu. MISSION 100/100 TERMINÉE. » J\'étais libre, arrachée à cet enfer, me réveillant dans mon propre lit, indemne. Mais quelques mois plus tard, je l'ai revu. Antoine Leclerc, vieilli, triste, se tenant devant moi au beau milieu de Paris. Il me connaissait. Il savait tout. Une fenêtre a clignoté : « Erreur critique de la matrice. Conscience résiduelle transférée. » Il n'était qu'un fantôme, un bug échappé de ma prison passée. Mon passé n'était pas mort. Il me suivait, silencieux, pour assister à ma vraie vie.
