J'étais Victor Dubois, un homme d'affaires prospère, et je m'apprêtais à épouser Élodie. Pendant quatre ans, je l'avais comblée, elle et toute sa famille, convaincu qu'elle était la réincarnation de mon amour perdu, Amélie. Le mariage civil, point culminant de cette dévotion, était pour demain. La veille, en voulant lui offrir une dernière surprise, j'ai entrouvert la porte de son appartement et je l'ai entendue. Elle confessait à son ami d'enfance, Julien, qu'elle ne m'épousait que pour mon argent, prévoyant même de m'humilier le jour de nos noces. Julien, en larmes, la suppliait de ne pas le faire, menaçant de sauter du balcon si elle continuait. Élodie, sous le regard inquiet de sa mère et de son frère, a murmuré : « D'accord. J'annule. » J'ai reculé sans un bruit, mon monde s'écroulant. J'avais été un idiot, un portefeuille. J'ai annulé la cérémonie, coupé les ponts et mis le cap sur Aix-en-Provence. Les jours suivants, j'ai vu Élodie et Julien rire et se toucher tendrement. Elle dépensait mon argent pour lui, m'abandonnait lors d'un incendie puis me laissait gérer seul un accident de voiture qu'elle avait causé pour Julien. Je n'étais qu'un moyen, un substitut, un portemonnaie à ses yeux. La colère et la douleur étaient écrasantes. Quand elle est réapparue, des semaines plus tard, pour un "second mariage", j'ai joué le jeu. Mais le jour J, à la mairie, c'est elle que j'ai laissée en plan. Un message vidéo lui a suffi : « La mariée ayant semble-t-il pris la fuite, j'ai décidé d'en faire autant. Au revoir. » Il était temps de tourner la page et de commencer ma vraie nouvelle vie, loin de cette illusion.
