Livres et Histoires de Pétunia BA
L'Épouse Oubliée Se Lève
La dernière image de ma première vie était le plafond criard d'une boîte de nuit. Les mains avides d'étrangers se posaient sur moi, tandis que Marc, mon mari, me livrait aux loups le jour de nos noces. "C'est le prix que votre famille Dupont paie pour avoir chassé Célia," avait-il craché, son rire résonnant plus fort que la musique. Trois mois plus tard, mon père, homme d'affaires respecté, était accusé de fraude fiscale, notre nom traîné dans la boue. Marc, lui, était salué comme un héros national, tandis que je sombrerais dans le désespoir. Je suis morte de faim, seule, dans la rue. Jusqu'au jour où je me suis réveillée. La lumière du soleil filtrait à travers les rideaux de soie. Le calendrier affichait la date exacte où tout avait commencé, le jour où les Dubois venaient supplier mon père. Le jour où, aveuglée par l'amour, j'avais accepté de l'épouser. Dans mon cœur, une rage froide et pure montait. Cette fois, les choses seraient différentes. Je suis descendue, ma détermination inébranlable. Face à Marc et sa mère, je les ai regardés droit dans les yeux. "Je ne l'épouserai pas." Le silence était assourdissant. Ils ne s'attendaient pas à ça. "Vous n'êtes pas venus ici, espérant que mon père utilise son influence pour étouffer le scandale de Marc, en échange de mon mariage avec lui ?" ai-je demandé, la voix tranchante. Marc est devenu livide. "Sortez de ma maison. Et ne revenez jamais." Puis, Julien Leclerc est entré, portant des lys blancs. Sans réfléchir, je l'ai pris par le bras. "Voici mon fiancé." Son bouquet est tombé au sol. J'avais fait le bon choix. Le début de ma vengeance, et de ma nouvelle vie, venait de commencer.
Renaissance d'une Sommelière: Le Passé Ne Me Brise Plus
Je me souviens de ma mort, brutale et inattendue. Mon âme, piégée, a flotté au-dessus de ma propre vie, forcée de regarder l'horreur se dérouler. Moins de trois mois plus tard, j'ai vu mon mari, Alan, épouser ma propre sœur, Cécilia, sur les marches de l'église, souriants, comme si mon existence n'avait été qu'un mauvais rêve. La rage m'a consumée, une haine si pure qu'elle a déchiré le voile entre les mondes. Comment avaient-ils pu me trahir ainsi, si vite, sans un remords ? Puis, une douleur fulgurante, une gifle assourdissante m'a ramenée non pas à la vie, mais à mon passé, en 1999, un an après mon mariage avec Alan.
Jeanne, la nuit et l'art
Je m'appelle Jeanne Dubois, la femme de ménage discrète qui astique les musées le jour. Mais la nuit, je suis une experte en « réanimation patrimoniale », mon talent unique pour redonner vie à l'esprit des œuvres d'art me rapportant des fortunes. Mon rêve ? Récolter juste assez pour une retraite paisible à la campagne, loin des chefs-d' œuvre angoissés et de leurs propriétaires excentriques. Jusqu' à ce soir, quand un message crypté sur mon vieux téléphone à clapet a fait basculer ma vie : « Urgence. Jean-Luc Moreau. Dernière création. 50 millions d'euros. » Soixante-cinq millions, après négociations. C' était la fin, la liberté. Mais face à l'œuvre monumentale du créateur de génie, retrouvé "suicidé" une semaine plus tôt, un détail insignifiant a stoppé mon cœur : une signature stylisée, celle de Philippe, mon premier amour, disparu dix ans auparavant, sans un mot. Mon Philippe. Mort ? Les traces sur son corps, dissimulées sous le maquillage, n' étaient pas celles d' un suicide, mais d' une lutte. D' un meurtre. Le choc était insoutenable : il n'était pas Jean-Luc Moreau, et il avait été assassiné, mis en scène pour un spectacle macabre. La douleur de l'abandon s'est mêlée à une rage froide. Moreau, son "père", qui connaissait mon vrai nom, avait tout orchestré, me jetant dans un piège diabolique. J'étais le bouc émissaire parfait, la "sorcière" folle qui, en "réanimant" son fils, aurait profané le corps. Mais d'un simple geste, à la limite de l'improbable, une vérité terrifiante éclata : Philippe était vivant, drogué, piégé. Mon rituel n'était pas un échec, il était une chance inouïe. La mission venait de changer : d' une question d' argent, elle était devenue une question de justice.
Dix Ans Pour Me Perdre, Un Jour Pour Me Retrouver
Dix ans. Dix ans que Vincent et moi partagions tout, construisant son empire clandestin à Marseille. Dix ans de passion tumultueuse, de danger et de loyauté. Un matin, tout s'est effondré. Sa voix était d'une calme glaçante lorsqu'il a prononcé ces mots : « Je vais me ranger, Chloé. J'ai rencontré quelqu'un. » Le coup de grâce ? Il m'a publiquement humiliée dans notre bar, me jetant une liasse de billets comme une vulgaire prostituée. Devant tous les hommes qui nous respectaient. J'ai arraché notre bracelet, symbole de notre lien éternel, et l'ai jeté à la mer. Ma vie, ma dignité, tout s'est noyé avec lui. Pourquoi cette fin si brutale, si cruelle, après tout ce que j'avais sacrifié ? Étais-je si peu, après tout ce temps ? La rage et le désespoir m'étranglaient, jusqu'à ce qu'une voiture noire me stoppe au bord du quai. Adrien. Mon ancien fiancé, celui que j'avais fui dix ans plus tôt, apparu de nulle part, calme et terrifiant. Il a déclaré que ma « phase de rébellion » était terminée et m'a ramenée de force dans ma prison dorée à Bordeaux. Ma vengeance fut immédiate : un baiser brûlant avec Adrien, hurlant à Vincent que mon jeu était loin d'être fini.
La Cheffe Contre-Attaque : Une Victoire au Menu
J'étais une cheffe reconnue, à la tête de mon restaurant phare, mais à une masterclass à Paris, je voulais juste être une simple spectatrice, vêtue confortablement en sport chic. Pourtant, un jeune homme, Léo, m'a fixée avec dégoût. Peu après, il m'insultait sur Instagram, me traitant de "cagole" sans étiquette. Le lendemain, mon statut professionnel s'effondrait : une photo volée de moi circulait sur un forum misogyne, transformant mon image en celle d'une "usurpatrice" sans talent. Pire, Léo postule pour un stage... dans mon propre restaurant. Bientôt, les rumeurs s'intensifiaient, m'accusant d'être une "gastro-péripatéticienne" qui couchait pour réussir. Mon nom était traîné dans la boue. Malgré l'humiliation et la fureur, une question me hantait : comment se défendre face à une telle haine déversée, sans leur donner la satisfaction de ma réaction ? Je ne répondrais pas publiquement. Au lieu de cela, avec un calme implacable, j'ai commencé à collecter chaque preuve de cette diffamation. J'attendais le moment idéal pour frapper, un moment qui viendrait lors de la finale du concours de stage, dans la cuisine de mon restaurant. Léo, le puriste qui se croyait au-dessus des règles, affronterait alors la vérité de la femme qu'il avait voulu anéantir.
Le Silence Après le Sang
Enceinte de trois mois, je me trouvais sur le quai bondé de la gare de Bordeaux, le cœur empli d'une joie tremblante à l'idée de ma première échographie à Paris, accompagnée de Vincent, mon mari. Mais soudain, son téléphone raccroché, son visage s'est fermé, et il a lâché, froidement : « Je ne peux pas t'accompagner. Camille a besoin de moi. » Son abandon m'a fait chuter, me coûtant notre bébé et brisant mon monde. De retour chez nous, Camille, sa soi-disant amie d'enfance, trônait, provocante, dans mes draps et sur ma chaise, raillant mon chagrin. Vincent, au lieu de me soutenir, m'a humiliée, m'a emprisonnée dans une cave obscure, sachant ma claustrophobie, puis m'a laissée pour morte face à un chien enragé, ne pensant qu'à protéger Camille. Pire encore, elle a volé la formule de mon parfum, le dernier lien avec ma grand-mère, et a remporté un prix pour mon travail. Le comble fut quand Vincent m'a demandé de me taire, de sacrifier toute identité, toute dignité, pour la "réussite" de cette femme, me jetant à la figure son "amour" que je savais vide. Comment mon mari, l'homme que j'avais épousé, avait-il pu devenir ce bourreau insensible, ce complice de ma destruction ? Une douleur glaciale, plus profonde que le chagrin, m'a envahie, éteignant la dernière étincelle d'amour. Mais cette nuit-là, de mes cendres est née non pas la résignation, mais une détermination implacable. Je ne me contenterais plus de survivre; je me relèverais pour réclamer ma vie, pour laver l'affront, et faire payer le prix de leur trahison.
