Livres et Histoires de Lucien Nightingale
L'Épouse Brisée, Amour Invincible
La lumière aveuglante de l'hôpital effaçait tout sauf l'angoisse dans mes yeux, fixés sur la chambre de Léo, mon fils fragile. Il était là, pas à cause de sa maladie orpheline, mais à cause d'eux, les hommes d'OmniCorp, la corporation qui convoitait les recherches révolutionnaires de mon mari, Luc, disparu il y a trois semaines. Ils s'étaient permis de s'approcher, souriants, méprisants, après avoir brutalisé mon enfant de huit ans, le laissant pour mort dans un entrepôt désaffecté. « Des enfants qui se chamaillent. Votre gamin est peut-être un peu trop sensible », avait osé Varennes, leur dirigeant, jetant un regard dédaigneux vers mon fils battu. La police, impuissante, m'avait dit : « Leurs alibis sont confirmés, Madame Dubois. Nous n'avons rien de concret. » Mais en veillant Léo, l'oreille sur ses chuchotements terrifiés – « Ils ont dit qu'ils voulaient les carnets de papa… si je ne leur disais pas où ils étaient, ils reviendraient » – ma peine s'est muée en une rage froide, inébranlable. Ils pensaient que j'étais une pianiste éplorée, une mère brisée. Ils avaient tort. Je n' allais pas attendre qu' ils reviennent. Je serai leur pire cauchemar. Ma chasse venait de commencer.
Retour de Flamme: L'Amour Vengé
Les applaudissements résonnaient, l'odeur des parfums de luxe et la sueur froide se mêlaient sur la scène brillante. Chloé, ma sœur adoptive, tenait le trophée qui aurait dû être le mien, son sourire triomphant. Antoine, mon fiancé, lui tenait la main, évitant mon regard, tandis que Monsieur Leclerc, mon mentor, souriait avec une satisfaction paternelle. Sa voix, amplifiée, résonna: «Ma chère sœur, tu n'aurais pas dû voler la gloire des autres.» Les murmures du public s'intensifièrent: voleuse, plagiaire. Madame Dupont, notre mère adoptive, me regarda avec dégoût, scellant mon destin d'un simple hochement de tête. Ruine, réputation anéantie, reniée par la seule famille que j'avais connue. Tout ce pour quoi j'avais sacrifié ma santé, mon sommeil et m'étais endettée auprès de gens dangereux, venait de m'être arraché. La douleur était insoutenable, le monde bascula. Puis, la lumière douce du lilas pénétra mes paupières. Je me suis réveillée dans ma chambre d'enfance, mes mains lisses et reposées. Mon visage dans le miroir était jeune, sans les marques de l'anxiété. Madame Dupont apparut, annonçant la même phrase, le même défi qu'un an auparavant. Le choc laissa place à une prise de conscience glaçante: j'étais revenue, au jour où tout avait commencé. Chloé me regarda avec une fausse chaleur: «Amélie, tu as l'air pâle. Tu as mal dormi ?» Une haine pure et froide monta en moi. Le moment est venu.
Du Grenier au Grand Cru : L'Ascension de Cécilia
« C' est quoi cet auteur de merde ? » Je hurlais de rage contre mon écran. Cécilia Moore, l'héroïne silencieuse et maltraitée du roman, venait encore de finir sa vie dans une tragédie abjecte. Un suicide, après des années d'exploitation par sa famille adoptive, leur Château Moore et son cruel fiancé, Joseph Larson. Mon sang bouillonnait. « Si c' était moi, je les aurais tous détruits en trois chapitres ! » Soudain, une voix mécanique résonna dans ma tête : « Le Système de Sauvetage des Héroïnes a détecté votre plainte. Acceptez-vous de changer le destin de Cécilia Moore ? » Sans même que je n' aie le temps de répondre, une lumière aveuglante m'a enveloppée, et je me suis retrouvée projetée dans le roman, dans la peau de Madame Juju, la gouvernante effacée du Château Moore, juste avant cette fameuse soirée de fiançailles où tout bascule. Cécilia, mon héroïne, n' avait pas encore prononcé un mot que j' étais déjà là, tremblant de colère pour elle, prête à faire payer chaque membre de cette famille maudite. Leur humiliation publique n' était qu' un amuse-bouche. Je ne laisserais jamais Cécilia tomber. Cette fois, le roman allait prendre un tournant inattendu, et je serais l'architecte de la vengeance.
La Sommelière et la Vengeance Froide
Le jour où j' ai reçu la facture de mon mariage, envoyée par mon père notaire sans un mot, ma vie semblait parfaite. Juliette, sommelière dans un restaurant étoilé, mariée à un chef talentueux, Brandon. Mais le chiffre en bas de page m'a coupée le souffle : 157 892 euros, une somme absurde pour un mariage dont le budget était déjà fixé. En parcourant les lignes, j' ai découvert l' impensable : des vins inaccessibles, des mets somptueux que nous n' avions pas commandés, et pire, une section "Casse et Perte" listant le mobilier volé du domaine. Mon mari, Brandon, est rentré, tout sourire, ignorant que sa propre mère, Carole, cette femme animée par l'envie et le ressentiment envers ma famille, était derrière cette fraude monumentale. Il a bafouillé, niant l'évidence, mais je savais. J'ai senti la trahison, la lâcheté, et cette colère froide monter en moi tandis que j'entendais Carole hurler au téléphone : « C'est pour lui donner une leçon ! Votre famille arrogante peut bien payer ! » Le chantage au suicide de sa mère est devenu le bouclier de Brandon, le rendant plus lâche que jamais. Je savais que ma famille ne paierait jamais pour cette extorsion. Face à son silence et l'humiliation subie, une seule pensée m'animait : ils allaient tous payer. Je ne savais pas encore comment, mais ma vengeance serait subtile, dévastatrice, et surtout, juste.
Le Retour de l'Héritière Oubliée
Je suis rentrée à Paris après cinq ans passés loin de tout, sans prévenir âme qui vive, une anxiété sourde au cœur concernant le silence inhabituel de ma mère et de ma sœur. À peine sortie de l'aéroport, un vieil ami, débordant d'enthousiasme, m'a happée par le bras pour m'entraîner à un vernissage chic dans le Marais. Mais cette soirée mondaine s'est transformée en un cauchemar public et abject. Sur des écrans géants, en plein centre de la galerie, défilaient les images intimes, les moments les plus privés de ma propre sœur, Chloé, que son ex-petit ami, Victor Martin, vendait aux enchères avec une arrogance insupportable. Mon sang s'est glacé. Chloé était là, livide, le corps tremblant, contrainte d'assister à sa propre mise à nu devant une foule ricanante. L'humiliation s'est intensifiée lorsque la nouvelle compagne de Victor l'a publiquement moquée sur sa prétendue pauvreté et pire encore, sur le mensonge odieux de son illégitimité. Au même instant, un rapport de mon assistant révélait la trahison de notre père : il avait dilapidé la fortune familiale, interné notre mère sous un faux diagnostic et laissé ma sœur sans le sou. Une rage froide et pure a embrasé mon être. Mon père, cet homme que j'avais cru loyal, avait non seulement trahi notre mère, mais il avait aussi renié sa propre fille pour couvrir ses ignominies. Chloé, anéantie, les épaules affaissées, murmurait à peine audiblement, dans un acte de pur désespoir et de défi absurde : "Alors... je vais acheter la galerie." La scène était insoutenable, le désespoir palpable. Mais alors que l'abîme s'ouvrait sous ses pieds, mon assistant m'a rejointe, discrètement, lui tendant ma carte American Express Centurion noire et lui murmurant les mots précis que j'avais dits. Le regard de Chloé a changé. Son visage, vidé d'émotion, s'est durci d'une nouvelle détermination. Elle s'est avancée, et d'une voix claire et forte qui a surpris tout le monde, elle a annoncé : "Je n'achète pas la galerie. C'est inutile. Puisqu'elle appartient déjà à ma sœur." Et c'est à ce moment-là que je suis enfin sortie de l'ombre.
