Livres et Histoires de Polar Bear
Ma Vengeance au-delà du Tombeau
Pour une simple dispute fabriquée par ma demi-sœur, mon père m'a enfermée dans le sauna du domaine. Il a ignoré mon asthme et a ordonné aux domestiques d'augmenter la chaleur toutes les trente minutes. Cinq jours plus tard, quand la police a enfin forcé la porte, je n'étais plus qu'une ombre calcinée fondue dans la pierre. Mon esprit, lui, est resté. J'ai flotté dans ce manoir, spectatrice impuissante de leur comédie macabre. J'ai vu Floria, ma demi-sœur, utiliser mon propre carnet pour falsifier une lettre de fugue. J'ai vu Nicole, ma belle-mère, consoler mon père en lui disant que j'étais une enfant ingrate partie sans se retourner. Elles buvaient du champagne et planifiaient leurs vacances pendant que mon cadavre pourrissait à quelques mètres d'elles. Mon père voulait croire à ce mensonge. C'était plus facile que d'admettre qu'il avait torturé sa propre fille à mort pour plaire à sa nouvelle femme. Mais le lieutenant Magnier n'a pas cru à la fugue d'une asthmatique partie sans ses médicaments. Il a traqué les incohérences, le silence numérique absolu, jusqu'à acculer mon père devant la porte verrouillée du pavillon. « Monsieur Soulié, ouvrez cette porte, ou nous l'enfonçons. » L'odeur de la mort a envahi la pièce, brisant le déni de mon père en mille morceaux. Son hurlement d'horreur face à mes restes n'est que la première étape de ma vengeance.
L'Exil Qui Révèle La Force
L'annonce est tombée un mardi matin, glaçant l'open-space surchauffé de l'agence. Un tirage au sort inique devait désigner l'architecte maudit, exilé sur un chantier perdu en Provence, sous la coupe d'un maître d'œuvre tyrannique. Mes collègues paniquaient, mais moi, Jeanne Dubois, l'angoisse me rongeait d'une autre trahison. Mon fiancé, Pierre, fils du directeur, que je cherchais pour un réconfort, était ailleurs. La porte de son bureau vitré était entrouverte. J'ai tendu attentivement l'oreille et j'ai entendu des voix chuchoter. Celle de Pierre et celle, doucereuse, de sa cousine Sophie. « Pierre, j'ai si peur, » murmurait Sophie, sa voix tremblante. « Si mon nom sort... Je ne pourrai pas... C'est trop dur, trop loin. Je suis trop fragile pour un chantier pareil. » Le sang a glacé dans mes veines quand j'ai entendu sa réponse. « Ne t'inquiète pas, ma chérie. J'ai tout arrangé. » Mon nom, ensuite, a été prononcé. « Jeanne ? Ne t'en fais pas pour elle. Au pire, si elle est tirée au sort, elle s'en sortira. Elle est coriace, et avec son père derrière elle, elle n'a rien à craindre. Ce n'est pas la même chose. Elle a l'habitude d'avoir ce qu'elle veut. Ce poste, ce serait presque une formalité pour elle. » Chaque mot fut un coup. L'homme que j'aimais, celui avec qui j'allais me marier, me décrivait comme une intouchable, coriace, dénuée de toute fragilité. L'humiliation, le mépris dans sa voix... Mon cœur s'est brisé en mille morceaux. Pétrifiée, j'ai vu mes espoirs s'effondrer. Plus tard, le verdict est tombé : « Jeanne Dubois ! » Le monde s'est arrêté. Pierre, livide, comprit l'ironie cruelle de son piège. Ses suppliques pour que je refuse le poste résonnaient. « Refuse, » a-t-il supplié, sa voix un murmure pressant. « Je t'en supplie, refuse ce poste. Dis que tu ne peux pas, invente quelque chose. Je parlerai à mon père, on trouvera une solution. » Je l'ai regardé, lui, le lâche qui venait de me jeter aux loups. Un sourire froid se dessina sur mes lèvres. « Pourquoi je ferais ça, Pierre ? » Je n'allais pas refuser. Je n'allais pas lui faire cette faveur. Je partais. Mais pas en victime. En guerrière.
L'indifférence, coup de poignard
Le silence dans notre salon était pesant, presque palpable, tandis que ma femme, Chloé, défilait indifféremment sur son téléphone. Quand j'ai finalement brisé ce lourd silence en lui proposant une séparation, son regard vide et son indifférence, alors que je lui parlais de la fin de notre mariage, ont transpercé mon cœur. Mais le véritable coup de poignard est survenu lorsqu'un appel a illuminé son visage : « Allô ? Oui, mon cœur... il ne me dérange pas, je l'écoute à peine... » chuchotait-elle, s'éloignant vers la baie vitrée. Quelques instants plus tard, une révélation glaçante est tombée : « Je suis enceinte. Et ce n'est pas de toi, Antoine. C'est de Marc. » Mon meilleur ami. Dévasté, je me suis senti anéanti. L'humiliation, cependant, ne faisait que commencer. Mes yeux sont tombés sur une photo de notre mariage, il y a dix ans, où Marc, mon témoin, souriait à mes côtés, et un douloureux souvenir est remonté : une conversation surprise, des mois auparavant, entre Chloé et Marc, étouffée à mon approche. Elle a ensuite osé me dire : « Tu te rends compte des problèmes que ça nous cause ? La voiture est à la casse, et Marc et moi en avions besoin. C'est vraiment égoïste de ta part d'avoir conduit comme ça. » En réanimation, à peine revenu du coma, après avoir appris que ma vie entière était une farce, j' étais l' égoïste. Ce n'était plus de la tristesse, mais un vide immense. Le mariage n'était pas une illusion, c'était une farce macabre. « Pense à lui faire signer les papiers pour la maison le plus vite possible. Une fois que c\'est fait, on sera tranquilles. Je t\'aime. » Ce message sur le téléphone de Chloé, signé Marc, a confirmé mes pires craintes : il ne s'agissait pas seulement de trahison, mais d'un plan froid et calculé. La colère, une colère pure et brûlante, a commencé à remplacer la tristesse. Je n'étais plus un mari trompé, j'étais une cible. J'ai pris ma décision, j'ai tout mis en œuvre pour partir, mais pas sans me battre.
Le Prix de l'Humiliation
J'avais été l'ombre silencieuse de l'homme que j'aimais pendant trois ans, sa maîtresse cachée, sa confidente. Alan Larson, mon patron, mon amant, ne m'avait jamais regardée comme plus qu'une commodité, un corps chaud pour combler le vide. Lorsque Cécilia Fowler, son ex-petite amie parfaite, est revenue, mon rôle de substitut s'est brutalement effondré. Convoquée au Ritz, Alan m'a laissée me faire gifler, humilier, puis déshabiller et jeter dehors, nue et en larmes, tandis qu'il prenait son ex dans ses bras, me reniant publiquement. Pire encore, les photos de cette humiliation ont été diffusées sur les intranets de l'entreprise, transformant ma douleur en spectacle. Pourquoi un homme m'a-t-il traitée avec une telle cruauté, me jetant comme un déchet alors que j'avais tout sacrifié pour lui ? Chassée de ma vie parisienne et brisée, je n'avais qu'une solution : fuir.
Le Vin Amer de la Trahison
« C' était juste un accident, Éléonore, un moment de faiblesse. » C' est ainsi que mon mari, Louis-Victor, le banquier d' affaires pour qui j' ai sacrifié ma carrière de vigneronne, a justifié sa première trahison, au moment où la douleur familière de ma maladie me rappelait ma stérilité. Six mois plus tard, au milieu de mes vignes en Bourgogne, j' ai découvert son secret : Chloé, sa stagiaire, enceinte de ses jumeaux, accueillie en héroïne. Subitement, celle que j' avais pardonnée m' avait rayée de sa vie, me renvoyant chez moi pour y trouver mes affaires remplacées par les siennes, chassée de mon propre foyer. Puis vint l' humiliation suprême : appelée pour la naissance des jumeaux, jetée en pâture devant sa famille, accusée de violence par Chloé lors d'une mise en scène glaçante avec un bébé. Bannie et le cœur brisé, j' ai erré dans les rues de Paris, seule, juste avant d' être brutalement agressée. Pourquoi ma vie, autrefois si sûre, s' écroulait-elle de cette manière si cruelle ? Qui pouvait vouloir ma destruction à ce point ? Alors que je sombrais, c'est mon plus grand rival, le vigneron Raphaël, qui m'a sauvée, révélant une conspiration insoupçonnée. Il est temps que je me relève et que je riposte, non seulement pour survivre, mais pour reprendre ce qui m'a été volé.
