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   Chapitre 5 Je m'offre en remboursement

En attente d'une fille comme toi Par PASCALE LAVIGNE Personnages: 10071

à jour: 2020-03-27 00:12


« Carla, je ne me sens pas très bien. Pouvez-vous parler plus tard, après notre retour? », a murmuré Terence avec un sourire en se penchant près de son oreille, laissant échapper un souffle chaud sur son visage. Ses yeux étincelaient quand il a regardé Jena pour lui faire poliment un signe de tête.

« Je suis désolé, mais Carla et moi avons quelque chose d'urgent à faire. Nous devons partir tout de suite. »

Après avoir fini sa phrase, il a glissé son bras autour de la taille de Carla qui a été prise par surprise. Elle s'est tortillée en guise de protestation, luttant pour s'échapper de ses bras alors qu'il la conduisait de force vers le portail du lotissement.

La plupart des femmes au foyer d'âge mûr comme Jena aimaient les ragots et si Carla poursuivait la conversation, ça pouvait durer encore longtemps.

Il n'avait pas la patience de continuer à attendre.

« Pourquoi tu as fait ça? ».

« Qu'est-ce que j'ai fait? Je n'ai pas dit que j'étais ton petit-ami. »

« Mais si je ne lui explique pas tout, Jena pourrait penser que toi et moi sommes... ».

« Ça importe tant que ça ce que les gens pensent? Ça comptera, tant que toi et moi savons si nous sommes ensemble ou non. »

« Non, pas comme ça. Jena est une terrible commère. Tu verras, avant demain matin, tout le monde dans ce quartier saura que j'ai ramené un homme à la maison pour passer la nuit. »

Carla et Terence continuaient de se chamailler, même après avoir quitté Jena. Ni l'un, ni l'autre n'était prêt à faire un compromis.

Il a haussé les sourcils en lui jetant un coup d'œil. Elle semblait très désireuse de nier toute sorte de relation amoureuse entre eux. « Serait-ce si terrible de m'avoir comme petit ami? ».

Après avoir quitté l'hôpital, Carla a fait le tri dans les factures et les a données à Terence, qui était derrière elle.

Elle avait déjà eu la malchance de l'avoir rencontré la veille, et comme si ce n'était pas suffisant, Karen l'avait appelée quand elle était à l'hôpital avec lui pour l'insulter violemment.

Mais grâce à sa vivacité d'esprit, elle lui avait dit avoir eu un léger accident et être toujours à l'hôpital. Par cela, Karen a cessé de la gronder.

« Puisque nous sommes sortis de l'hôpital, nous ferions mieux de nous dire au revoir ici. Voici les factures que j'ai payées pour toi. Donc je suppose que nous pouvons trouver une banque maintenant pour que tu puisses retirer de l'argent et me rembourser. »

Jetant un œil à la pile de factures, Terence a dégluti difficilement. Ses yeux sombres brillaient et les coins de ses lèvres tremblaient nerveusement.

« Je n'ai pas

d'argent. » « Quoi? » ... Carla était furieuse. Elle n'y croyait pas et, sans réfléchir, elle s'est jetée sur lui et a commencé à le fouiller. Comment était-il possible qu'il n'ait ni téléphone ni carte bancaire ni quoi que ce soit avec lui?

Terence n'a pas essayé de l'arrêter. Au contraire, il a levé légèrement les bras pour lui permettre de le fouiller totalement.

« Tu as vu dans quel genre de situation j'étais hier. C'était une question de vie ou de mort. Qui penserait à prendre des choses aussi futiles avec lui dans un moment pareil? ».

Lui lançant un regard noir, Carla a sorti son téléphone portable et lui a tendu. « Appelle tes amis, ta famille, tes proches ou ta petite amie et demande-leur de t'apporter de l'argent pour t'aider », a-t-elle déclaré en serrant les dents.

Terence a regardé le téléphone, indifférent, et a haussé les épaules sans même essayer de le prendre.

« Comment suis-je supposé me souvenir de tant de numéros de téléphone? De plus, je ne suis même pas de la ville de BH et je n'ai pas de petite amie. »

Carla l'a regardé, bouche bée, avec consternation, ayant du mal à croire tout ce qui se passait. « Alors pourquoi m'avoir dit que tu me rembourserais? ».

C'était une situation désespérée. « Aux grands maux, les grands remèdes. Mais je te promets de tenir parole et de te rembourser plus tard. », a-t-il expliqué. Parmi toutes les personnes sur cette planète, le destin avait décidé de les réunir. Il se sentait impuissant de ne pouvoir rien faire d'autre que la regarder, pleine de colère et de déception.

Carla se tenait les mains sur les hanches et le regardait avec mépris. Au fond d'elle, elle avait très envie de l'étrangler. Avec une voix basse et menaçante, elle a dit : « Tu m'as menti! Je devrais te prostituer dans une boîte de nuit comme gigolo. En une nuit, tu pourrais gagner assez d'argent pour me rembourser. »

Terence n'a pas sourcillé, au contraire il lui a fait un demi-sourire sexy et a plissé les yeux vers elle.

« Pourquoi autant t'embêter? Que dirais-tu que je ne serve que toi et que je devienne exclusivement ton gigolo? Ne serait-ce pas beaucoup mieux? ».

« Cette personne n'a pas encore abandonné. Il a même mis des hommes en civil dans toute la ville de BH pour me retrouver. »

« Je ne suis pas intéressée. Je ne te connais même pas. Je ne veux pas avoir des liens avec un inconnu… Qu'est-ce que tu fais? ».

Elle a été réduite au silence par ses lèvres. Une main tenait l'arrière de sa tête tandis que l'autre s'enroulait autour de sa taille, attirant son corps contre le sien. D'un unique mouvement fluide, il les a fait pivoter tous les deux derrière un dattier.

« Je t'offre mes services. Si tu n'en es pas satisfaite, je peux me perfectionner jusqu'à ce que tu le sois. », a dit Terence, séduisant, après avoir lentement écarté ses lèvres de celles de Carla.

Carla était à bout de souffle. Ses yeux étaient toujours fermés et ses lèvres légèrement écartées. Elle pensait encore à ce doux et tendre baiser qu'il venait de lui donner. Lentement, elle a ouvert les yeux et a été rattrapée par la réalité, avec ses joues empourprées, elle se sentait furieuse et perdue. Elle a tout de suite écrasé son pied avec force.

« Salaud! Comment oses-tu! Je t'ai sauvé, je t'ai ramené chez moi, je t'ai emmené chez le médecin, et c'est comme ça que tu me rembourses? ». Elle l'a regardé avec fureur, ses yeux le jetaient des flammes. Puis elle s'est essuyé les lèvres avec colère du dos de sa main.

« Qu'est-ce que je peux faire d'autre? Je n'ai pas d'argent avec moi. Tout ce que j'ai à te proposer, c'est mon corps. Tu peux l'utiliser bon te semble. N'est-ce pas suffisant? ».

Terence n'était pas perturbé par sa remarque. Il lui a légèrement souri tout en gardant un œil sur les deux silhouettes qui rôdaient de l'autre côté de la rue. Il a attendu qu'ils disparaissent avant de relâcher son étreinte.

« Ne te fâche pas. Laisse-moi juste parler. Je n'ai pas d'argent, ni de carte bancaire ou de téléphone portable sur moi. Si tu veux que je te rembourse, tu devras tirer profit de mes atouts personnels. Penses-y. Que puis-je faire pour toi? ».

Carla était toujours perdue quant à la raison pour laquelle il l'avait embrassée et comment elle s'était sentie en recevant ce baiser. Elle était sans voix et ne savait pas à quoi répondre.

De quoi avait-elle le plus besoin?

Elle avait besoin d'un homme.

Un homme qui pourrait les aider et les soutenir, elle et son frère; un homme qui la ferait se sentir en sécurité et l'accompagnerait à travers toutes les épreuves, peu importe ce que la vie leur réservait.

Bien qu'elle se considère comme indépendante, la dure réalité de la vie était parfois compliquée à gérer seule de temps à autre.

Néanmoins, l'homme dont elle avait besoin dans sa vie ne pouvait pas être comme celui qui se tenait devant elle à ce moment-là.

« Allez, allons-y. J'ai repéré un bon restaurant sur le chemin. Mangeons d'abord quelque chose. »

Terence n'était pas du tout pudique. Il l'a pratiquement traînée au restaurant et quand est venu le moment de régler l'addition, il n'a pas hésité un instant à prendre le sac à main de Carla pour payer.

Elle n'a pas mis longtemps à réaliser que cet homme était un loup déguisé en mouton.

Bien sûr il était irrésistiblement séduisant, mais derrière son sourire captivant se cachait un serpent tapi dans l'herbe.

Après être enfin rentrée chez elle, elle était épuisée mentalement et physiquement. Il l'avait emmenée aux quatre coins de la ville et ne lui avait même pas laissé un instant pour essayer de se reposer. Il s'était acheté plein de choses comme des produits de toilette, et même deux ensembles. Et tout ça avec l'argent de Carla.

Comment un homme pouvait-il vivre sur le dos d'une femme sans ressentir une once de honte?

Il ressemblait à un grand PDG mais son comportement en était à l'opposé.

Carla le regardait suspendre ses nouveaux vêtements dans son placard et mettre ensuite la nourriture au réfrigérateur. Puis il a retroussé ses manches et a commencé à ranger le salon en bazar.

Elle a eu chaud au cœur.

Elle ne savait plus où donner de la tête!

Carla était une simple livreuse. Elle parcourait la ville toute la journée et ne s'arrêtait que la nuit. C'était une pure coïncidence qu'elle l'ait rencontré et c'était à cause d'un élan de sympathie qu'elle l'avait sauvé. Mais maintenant...

« Carla, qu'est-ce qui te ferait envie pour le dîner? À quelle heure se termine l'école? Est-ce que tu as besoin que j'aille récupérer ton frère? ».

Terence a mis une marmite de soupe à chauffer sur la cuisinière, puis s'est dirigé vers le salon où Carla était abasourdie.

« Qu'est-ce qui t'arrive? Tu as perdu ta langue? ».

Il se tenait devant elle et agitait sa main devant son visage, mais elle restait dans ses rêveries, sans bouger.

Mais soudain, sans prévenir, elle l'a pris par le bras pour le traîner vers la porte. Après l'avoir ouverte, elle l'a poussé dehors de toutes ses forces et lui a crié : « Terence, nous ne sommes pas des amis proches! Tu te penses trop chez toi dans ma maison.

Je vais considérer l'argent que j'ai dépensé pour toi comme un acte de charité. Tu ne me dois rien.

Maintenant tire-toi et laisse-moi tranquille! ».

Une fois qu'elle a eu fini de parler, Carla a claqué la porte sans lui jeter un regard ou lui laisser une chance de dire quoi que ce soit.

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