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   Chapitre 4 Je n'aime pas les bonnes à rien

Ma femme est d'une beauté froide Par Z. BABINEAUX Personnages: 9797

à jour: 2020-03-31 00:03


Le père et le fils s'entendaient bien. Assise dans le Humvee militaire, Rocío s'était plongée dans de profondes réflexions. Elle s'était toujours souvenue que par un après-midi ensoleillé, le bel homme avait fait irruption dans sa vie, et directement dans son cœur. Mais il ne se souvenait peut-être plus d'elle. Quelle place pouvait-elle occuper à ses yeux?

Elle était alors très silencieuse parce qu'elle se savait mise à l'écart dans la famille. Il était une fois, elle était une fille sûre d'elle et heureuse comme une petite princesse. Malheureusement, le décès de sa mère avait mis fin à cette époque bénie et depuis le remariage de son père, rien n'était plus pareil. Elle se voyait rabaissée à un niveau bien inférieur à celui de servante. Chaque jour, elle regardait sa belle-mère embellir sa propre fille pour qu'elle soit élégante et belle. Elle avait dû accepter que son passé était enterré, et que son père était également devenu le père de quelqu'un d'autre.

Elle avait également pleuré et et s'était battue, mais chaque fois qu'elle le faisait, sa belle-mère, Yasmina Mo, lui donnait une bonne raclée. Dès lors, elle s'était retenue de verser la moindre larme et vivait chaque nouvelle journée avec précaution. Elle comprenait sa situation et savait qu'elle n'avait plus rien de la fière princesse d'autrefois.

Jadis si aimant, son père semblait l'avoir oubliée depuis que sa nouvelle épouse avait donné naissance à un fils. Malheureusement, Yakira Mo et Yvonne Ouyang, la demi-sœur de Rocío, n'avaient pas oublié son existence. Elles s'employaient à faire de chaque jour de sa vie un véritable enfer. Un jour, alors qu'elle avait 16 ans, elle avait accidentellement déchiré les vêtements de sa demi-sœur en les lavant. Furieuse, cette dernière l'avait giflée au visage. La joue en feu, Rocío s'était réfugiée sous un grand arbre pour déverser ses larmes dans le silence du jardin.

« Je déteste les pleurnicheuses, celles qui croient que leurs pleurs vont régler leurs problèmes. Et je n'aime pas non plus les bonnes à rien. » Soudain, un bruit lui a fait relever la tête. Les larmes qui ruisselaient sur son visage se sont arrêtées net à la vue du garçon debout dans la douce chaleur des rayons de soleil. « Quel beau garçon! » a-t-elle pensé. Elle contemplait son visage fier, adouci par la grâce, tel un prince charmant.

Elle était restée comme pétrifiée face à une telle apparition, et s'est efforcée de refreiner ses sanglots afin de ne pas risquer de le déranger plus. Elle craignait que ce ne soit qu'un rêve. Au moindre bruit, il s'évanouirait.

« Bonne à rien! » Aussi soudainement qu'il était apparu, le garçon était disparu.

Elle n'a pas tardé pas à apprendre qu'il s'agissait du fils aîné de la famille Mu, une vraie légende de la ville S. Elle eu vent de ses incroyables talents professionnels, qui lui avaient valu de devenir le PDG par intérim de FX International Group à l'âge de 22 ans. Autant dire que leur vie se trouvaient à l'opposé l'une de l'autre. Ils n'auraient jamais la moindre chance d'apprendre à se connaître ou même de se croiser, a-t-elle regretté.

Mais, sans s'en rendre compte, elle avait commencé à donner une attention particulière à tout ce qui le concernait. Son cœur avait été peu par peu conquis. Elle savait bien qu'elle n'ait aucune chance d'être avec lui, mais elle restait toujours attiré par lui.. Finalement, elle s'était enfuie de sa ville natale pour joindre l'armée bien qu'elle ne l'eut pas voulu. Tout cele simplement parce que le garçon lui avait dit qu'il n'aimait pas les bonnes à rien. Elle était devenue la seule femme ayant terminé sa formation dans l'armée au bout de 4 ans.

Au début, elle pensait rester à l'académie militaire pour devenir un officier instructeur, mais elle avait changé d'avis et finalement elle était retournée à la ville S parce qu'il y avait un homme qui lui avait tellement manqué pendant toutes ces années. Cependant, ils n'avaient toujours aucune chance de se rencontrer, même s'ils se retrouvaient dans la même ville. Quatre ans s'était écoulés, Edward n'était plus le garçon qu'elle avait vu pour la première fois, mais un homme charmant et séduisant.

Pour ne plus trop penser à lui, elle avait travaillé très dur sur son entraînement tout en accomplissant des missions très dangereuses. Elle avait continuellement contribué à l'armée et était aussi devenue colonelle très jeune. Malheureusement, elle ne pouvait toujours pas ignorer ses émotion envers Edward qui prosperaient dans son cœur.

Bien qu'elle vivait à nouveau dans la même ville que lui, leur vie étaient toujours comme deux lignes parallèles qui ne se croiseraient jamais. Cependant, son amour pour lui s'était profondément imprégné dans son sang. Elle pensait qu'elle passerait peut-être toute sa vie à le regarder au loin, et qu'elle avait dû enterrer l'amour qu'elle avait pour lui alors que leur his

toire n'avait même pas encore commencé.

Mais Dieu l'avait bénie et avait fait d'elle sa femme. Cela devrait aussi être grâce à son père, car elle était sa seule fille biologique. Elle se souvenait encore des yeux d'Yvonne. Ils étaient plein de colère parce que la famille Mu voulait seulement épouser la fille légitime de la famille Ouyang, alors qu'Yvonne n'était que la belle-fille.

Elle pouvait encore sentir son cœur battre fort dans sa poitrine à ce moment-là. Elle ne pouvait pas oublier ses sanglots de joie, elle avait finalement été sauvée du calvaire dans lequel elle vivait.

Rocío comprenait dès le début qu'elle n'aurait pas été la femme de rêve d'Edward, mais elle ne pouvait pas contrôler les envies de l'épouser. Pour elle, ce n'était pas grave s'il ne l'aimait pas, tout ce qu'elle avait cherché depuis des années était de rester à son côté.

Mais elle s'était surestimée. Par une nuit, après s'être rapprochés l'un de l'autre, elle s'était passée pour une femme manipulatrice à ses yeux. Elle avait essayé de se défendre, mais il ne lui avait même pas donné l'occasion de s'expliquer. Il s'en était allé en claquant la porte derrière lui, la laissant seule dans la pièce. Personne ne pouvait imaginer à quel point Rocío était triste. Peu importe de la manière dont elle se blessait dans l'armée, elle n'avait jamais ressenti autant de souffrance. Les blessures de cœur étaient toujours plus douloureuses que celles du corps.

Quand Edward lui avait tourné le dos, elle avait ressenti l'envie de s'échapper. Ses mots lui faisaient mal au coeur. À cette pensée, elle avait un sourire triste. Certes, il ne lui appartenait pas, mais au moins, il lui avait donné un très beau fils, une petite miniature de lui. Il faudrait qu'elle en soit satisfaite, non?

« Colonelle, le conseiller Gu nous informe que nous pouvons nous réunir à la prochaine intersection. » Le rapport de l'officier Marc l'a réveillée de ses réflexions. Elle secouait la tête par frustration pour ne plus penser à leur histoire.

« D'accord! Bien reçu! » Rocío avait répondu paresseusement. Elle se sentait tellement épuisée qu'elle n'avait aucune envie de parler. Elle avait l'impression qu'une bouffe de chaleur l'enveloppait toute entière.

« Colonelle, êtes-vous malade? Vous êtes très pâle. » Marco avait été son subordonné depuis qu'il était enrôlé, il avait donc un sentiment que quelque chose n'allait pas chez elle.

« Ne vous inquiètez pas, il fait un peu trop chaud, je me sens donc fatiguée. » Rocío réalisait bien qu'elle soit en bonne santé physique, par contre, elle avait subi d'une grande déception en apprenant qu'Edward ne se souvenait pas d'elle. Elle l'avait aimé pendant autant d'année, mais avec le temps, elle se trouvait davantage éloignée de lui.

« Vous voulez prendre un moment pour se reposer? Il nous reste encore une heure pour rencontrer le conseiller Gu. » Marco était inquiet, car il voyait rarement sa colonelle aussi faible. Rocío était une femme indépendante et forte à ses yeux.

« Bien! Réveillez-moi quand nous y serons. » Rocío s'était rendu compte qu'une bonne sieste était exactement ce dont elle avait besoin en ce moment. Elle n'avait pas bien dormi la nuit dernière en pensant à leur rencontre d'aujourd'hui. Elle se sentait également très nerveuse face à lui. Elle avait donc vraiment besoin de fermer ses yeux et de vider son esprit.

« Oui, Colonelle. Ne vous inquiétez pas. » Marco lui a jeté un regard curieux. Il pouvait être sûr que quelque chose n'allait pas chez elle. Elle avait eu l'air différente après avoir quitté le haut immeuble commercial.

Marco parfois sympathisait avec la colonelle qui avait élevé son fils seule. Il avait entendu dire qu'elle était déjà mariée, mais que son mari n'était pas apparu une seule fois après leur mariage. Les jeunes soldats parlaient souvent d'elle en discret. Il y avait de nombreuses versions à l'histoire de Rocío, certains disaient que son mari était parti à l'étranger, d'autres disaient que son mari avait une maîtresse, il y avait même une version où son mari avait peur d'une femme aussi forte, et c'était pourquoi qu'il s'était éloigné d'elle. Et finalement, il y avait ceux qui disaient que son mari était trop laid pour être présenté au public.

Mais Marco se disait que Julio était très mignon. Comment pouvait-il avoir un père laid? Il ne pensait cela que dans son esprit. Il ne se joignait jamais aux commérages. Normalement, il ne faisait qu'écouter silencieusement, sans jamais faire de commentaires. Il connaissait également la racine de ces ragots. La colonelle les entraînait trop durement. Ils se vengeaient donc d'elle en la jugeant.

Marco a éteint la climatisation dans la voiture pour qu'elle n'allait pas attraper un rhume en dormant. Il faudrait qu'elle soit en bonne forme en ce moment crucial, car la mission qui les attendait serait plus dure que jamais.

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