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Les brûlures du cœur
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Chapitre 1 Mystique
2036    |    28/03/2022

Séléna

J'ouvre la porte du taxi en soufflant du mieux que je peux tout en tenant mon ventre après avoir donné ce qu'il me reste d'argents au chauffeur qui ne semble aucun cas avoir pitié de moi. Mais honnêtement qui aurait pitié d'une fille de dix-sept ans totalement trempée, criant comme un diable et qui en plus est sur le point d'accoucher dans les minutes qui viennent. Je me traine comme je le peux jusqu'au hall de cet hôpital de Chicago en slalomant à travers les gens qui entrent et en sortent. Pas un seul ne s'arrêterait pour m'aider ! Je serre une nouvelle fois les dents sentant cette foutue contraction arriver et je m'accroupis en hurlant cette fois-ci dans ce hall prête à tourner de l'œil. La douleur est plus que terrible, j'ai l'impression que mon corps va exploser ou céder dans les secondes qui viennent et qui me semblent tellement longues. C'est là qu'un médecin s'accroupit devant moi et il pose sa main sur mon épaule.

- Mademoiselle, vous êtes sur le point d'accoucher ? Me demande-t-il d'une bonne intention. Mais honnêtement, c'est tellement flagrant que j'ai juste envie de lui crier : " Non, connard ! Je fais une prière !"

Tout s'enchaine autour de moi et des infirmières m'emmènent sur un brancard tandis que j'hurle tellement fort que je pourrais réveiller les morts qui sont à la morgue. Une morte, voilà ce que j'aurais voulu être si cet enfant ne m'avait pas fait reprendre mes esprits. Ma vie a été tellement dévastée en si peu de temps que je n'ai plus rien eu du jour au lendemain. Il ne reste plus que moi et ce bébé dans mon ventre qui n'est plus que ma seule raison de vivre depuis plus de huit mois.

- Mademoiselle, poussez ! Me fait le médecin et je pousse tellement fort en criant que j'ai l'impression que tout mon corps est en train de se déchirer. La douleur que je ressens est tellement atroce que je regretterais presque d'avoir insisté pour donner la vie à ce bébé jusqu'à ce que j'entende ses premiers cris.

- Félicitations mademoiselle, vous avez une magnifique petite fille. Me fait l'infirmière alors que je m'affale sur le lit enfin soulagée de ne plus sentir ses douleurs atroces.

- Vous avez un nom pour cette petite demoiselle ? Me demande l'autre infirmière alors que le médecin coupe le cordon ombilical.

- Alizée. Répondé-je alors que l'infirmière pose cette petite princesse aux cheveux noirs sur mon ventre et que les larmes coulent le long de mes joues.

- C'est un très beau prénom. Me fait l'infirmière.

- C'est tout ce qui me reste de mon ancienne vie. Elle sera tout comme le vent, un souffle d'air frais dans ma nouvelle vie. Murmuré-je en posant mes lèvres sur ce petit corps rose qui me réchauffe le cœur pour la première fois depuis des mois.

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Trois ans plus tard

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Je sors de ma vieille Ford trouvée chez un vieux concessionnaire répugnant en manquant de me faire renverser et j'ouvre la porte passager pour défaire la ceinture du siège enfant d'Alizée.

- Vite. Vite. Répété-je en la prenant dans mes bras avant d'attraper son sac et de filer dans le vieux bâtiment où habite Paola. Je grimpe les escaliers jusqu'au quatrième étage en courant étant déjà en retard pour le travail et je tambourine à la porte.

- Te voilà enfin ! S'exclame Paola en faisant une caresse sur la joue d'Alizée avant de me laisser entrer.

- Léna ne va pas être contente que tu sois encore en retard ce soir. Me fait-elle remarquer alors que je pose le sac d'Alizée sur le fauteuil et que je l'embrasse tendrement.

- Je sais. Mais j'ai dû payer les frais de la crèche aujourd'hui et il y avait un monde dingue à la banque. Lui expliqué-je alors que je lui donne Alizée comme toujours à contrecœur.

- Tu devrais te dépêcher, elle va certainement être de mauvaise humeur. Me dit-elle en me raccompagnant à la porte alors que je fais des signes à Alizée en souriant douloureusement. Je n'aime vraiment pas la laisser ainsi la nuit chez Paola. Non pas que je n'ai pas confiance, c'est ma seule amie mais d'habitude, Paola dort à la maison mais puisqu'elle s'est tordu la cheville, je n'ai pas eu le choix de lui amener.

- Au fait, ce soir il y a un groupe des pompiers de Chicago qui viennent au club alors sois excellente qu'ils puissent te laisser de bons pourboires. Me dit-elle avec un sourire malicieux.

- Ne te tracasse pas. Mystique sera dans la place ! Lui lancé-je en souriant avant de disparaitre dans le couloir.

Mystique et oui c'est moi. Enfin, c'est mon nom de scène. Il faut dire que s'appeler Séléna pour une strip-teaseuse, ce n'est pas très originale. Étant du haut de mes vingt ans la plus jeune du Club Le Léna qui n'est autre que le nom de ma patronne, je ne peux compter que sur le mystère qui m'entoure et mon déhancher pour attirer les hommes. J'avoue que j'ai un corps qui leur parle du haut de mon mètre septante deux, de mes longues jambes et je n'ai rien à envier aux autres points de vue poitrine avec mon nonante cinq D. Mais d'après les filles du club, ce sont mes magnifiques yeux bleus qui font fondre ses hommes. J'avais proposé de me teindre en blonde pour ressembler à mes collègues mais Léna trouve que le noir ébène de mes cheveux fait ressortir la couleur de mes yeux. Je ne la contredirai pas, elle m'a sorti de la misère dans laquelle j'avais fini avec Alizée il y a deux ans quand j'ai dilapidé le reste de mes économies. Je rentre par la porte de service du Club mais elle est déjà aux aguets à m'attendre. Léna, grande blonde décolorée d'une quarantaine d'année avec son accent russe qui la rend encore plus stricte qu'elle ne l'est. Pourtant, sous son regard de feu c'est la plus tendre des femm

es que je connaisse.

- Tu exagères ! Me lance-t-elle. C'est à toi dans cinq minutes.

- Ne t'inquiète pas Léna, il me faut trois minutes pour être prête ! Lui lancé-je en entrant dans la loge.

- Nous recevons les pompiers de Chicago et je compte sur toi pour leur mettre le feu ! Me crie-t-elle avant que la porte ne se referme.

Qu'elle ne s'inquiète pas pour ça, je leur mettrai tellement le feu qu'ils devront faire venir une autre caserne pour les éteindre.

Daryl

- Alors, tu es prêt à t'amuser ?! Me demande Andy alors que je sors de ma Shelby.

- Ouais. Répondé-je nonchalamment. Disons que ça me changera les idées.

Je sors une dernière fois mon portable de ma poche mais comme depuis une semaine, je n'ai aucun appel ni message d'elle et je passe la main dans mes cheveux en soufflant.

- Toujours aucune nouvelle ? Me demande-t-il en s'allumant une cigarette.

- Non. Je pense que cette fois-ci les choses sont claires. Admis-je à regret.

Andy acquiesce sans ajouter un mot alors que je m'allume une cigarette aussi. C'est quand même le comble pour des pompiers de fumer comme des vraies cheminées dès que nous ne sommes plus à la caserne. En fait, j'avais arrêté de fumer pendant deux ans jusqu'il y a une semaine quand elle m'a quitté. Bon, j'avoue je l'ai peut-être un peu cherché mais demander à un pompier qui doit encore prouver son potentiel de lever le pied n'était pas envisageable. Je n'ai que vingt-trois ans et je n'ai pas encore ma place de certaine à la caserne septante sept de Chicago pour demander des changements dans mes horaires. Malheureusement, Britney n'a pas apprécié mon refus de changer d'horaires et elle est partie pendant que j'étais de garde il y a une semaine maintenant me laissant notre chienne Lassie. Je dis notre chienne mais à la base, je n'en voulais pas. C'est encore un compromis qu'elle avait gagné en me mettant une nouvelle fois au dos du mur en parlant d'avoir un enfant. Mais je ne suis pas prêt d'avoir cette responsabilité et surtout, je ne veux pas que notre enfant vive ce que j'ai vécu moi-même étant enfant. Mon père est parti un matin à bord du camion pompe des pompiers en klaxonnant devant notre appartement à son passage comme j'aimais qu'il le fasse. Mais ce fut la dernière fois qu'il klaxonnerait...

- Bon, allons-y. Les autres auront droit à la strip-teaseuse sans nous si on continue à attendre ! Me lance Andy qui est habitué à ce genre d'endroits alors que moi, je ne suis pas adepte de ces lieux où des femmes dansent collées contre des hommes qui ne rêvent que de les toucher... Et le reste bien entendu. Mais bon, ce sont les trente ans de Rony et il aime ce genre de chose plus que quiconque. Bon, on doit avouer que point de vue physique, il n'a pas hérité de la nature. Il est petit, limite grassouillet et point de vue physique, son visage ressemble presque à un alien. Mon dieu, il m'entendrait, je serais de corvée nettoyage pour les camions pendant un mois. Andy et moi entrons dans le club le Léna et nous reconnaissons tout de suite nos collègues assis au centre du club devant la piste qui longe les banquettes où ils sont installés.

- Andy ! Daryl ! S'exclame Jensen. Il était temps que vous arriviez ! La sulfureuse mystique va bientôt commencer !

Jensen est plus qu'excité de cette sortie. Ils sont venus faire son enterrement de garçon ici il y a quelques mois et il est tombé fou amoureux de cette mystique. Il en parle tous les jours au point qu'on se demande s'il n'en rêve pas la nuit quand il prend sa femme dans les bras. Je m'assois à l'extrémité de la banquette quand on nous amène des boissons et qu'une musique singulière se fait entendre. C'est la musique de Joe Cocker - "You can leave your hat on", celui d'un vieux film que je regardais avec ma mère ; Neuf semaines et demie où on avait droit à un strip-tease très sensuel. J'imagine déjà la blonde comme toutes les autres filles ici d'ailleurs arriver dans une robe blanche en soie pour se déhancher et retirer ses vêtements. Ma foi, avec seulement une robe, elle aura vite fait de se déshabiller.

- Oh putain la voilà ! Crie Jensen limite en train de baver et j'aperçois des cheveux noirs de dos dans une tenue de pompier apparaitre au milieu de la scène.

- Regarde ! Me crie Andy. Elle a le numéro de la caserne sur son casque.

La fille s'étant retournée dans un déhanché plus que sensuel, mon regard se porte sur son visage au lieu de se porter sur son casque qu'elle s'apprête à lancer. Je passe ma langue sur mes lèvres en découvrant ses magnifiques yeux bleu acier tellement intense que je n'entends plus les mecs en rut qui se trouvent avec moi. Je ne sais détacher mon regard de ses yeux tellement purs et tellement jeunes de cette fille qui danse sensuellement devant nous comme si elle ne dansait que pour nous. La veste tombe dans un mouvement fluide avant qu'elle ne descende en se tenant à la barre où elle frotte son entre-jambe avant de la passer entre ses seins où elle ne porte que de quoi cacher ses tétons en forme de flammes ce qui est vraiment de bon goût devant des pompiers j'avoue. En un autre mouvement sensuel et fluide, le pantalon quitte ses longues jambes fines mais musclées faisant apparaitre un string qui dévoile le strict nécessaire pour faire exciter tous les males en rut de ce club. Elle se tient pendant un moment d'une main à la barre alors qu'elle glisse sa jambe le long de celle-ci avant de se lancer en arrière faisant voltiger sa belle chevelure noire. C'est là que son regard croise le mien et que tout mon être frémit d'un coup pour cette mystérieuse Mystique qui va débouler comme un brasier dans ma vie pourtant déjà bien animée.

            
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