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Sa Luna malgré moi

Sa Luna malgré moi

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Hestia Lancel, presque vingt-deux ans, mène une vie discrète sous les traits d'une simple étudiante à l'université de Knoxville, dans le Tennessee. Une existence ordinaire... jusqu'au soir où un regard vient tout bouleverser. Des yeux vert émeraude, troublants, inoubliables, qui éveillent en elle quelque chose d'inexplicable. Mais leur propriétaire n'est pas un homme comme les autres. Adrien Wolfer, l'un des Alphas les plus puissants au monde, la reconnaît immédiatement comme sienne et est prêt à tout pour l'emmener avec lui, jusqu'en Californie. Car Hestia n'est pas celle qu'elle prétend être. Derrière son apparence fragile se cache un secret d'une ampleur inimaginable, un secret capable de renverser l'équilibre de toutes les espèces, bien au-delà du seul règne des loups-garous. Un secret convoité, traqué... et déjà connu de certains. Dans l'ombre, ils observent. Ils attendent. Et ils la cherchent. Tiraillée entre l'amour, le danger et la protection de ceux qui lui sont chers, Hestia devra faire un choix. Mais quand les ténèbres se rapprochent et que le destin s'accélère, une question demeure : Un amour interdit peut-il survivre face à une guerre prête à embraser le monde ?

Table des matières

Sa Luna malgré moi Chapitre 1 01

HESTIA –

Mes pattes battent la terre humide, tandis que mon souffle haché se dessine comme un petit brouillard dans l'air frais.

Je slalome rapidement entre les troncs d'arbre. Mon cœur bat la chamade. Mes oreilles sifflent. Mais je continue de me battre.

Pour acquérir cette liberté que j'ai tant rêvée et attendue.

Que j'ai tout fait pour mériter.

Et ce soir... je crois que ce soir c'est la bonne.

Je crois que ce soir, je suis prête. À être libre. À fuir la prison que la Déesse a formé. À quitter cette vie trop obscure pour moi.

Cette vie que je n'ai jamais voulue.

Mais c'était sans compter eux. Ces envoyés de la Déesse.

Qui me pourchassent. Depuis des heures et des heures.

J'ai essayé de les semer, et même de les piéger avec des trous dans le sol. Mais rien. Ils sont toujours là. Derrière moi.

Prenant le temps. Me laissant courir.

Pour mieux me punir d'avoir tenté de leur échapper, à eux et à l'autorité divine.

Mais finalement, plus les heures défilent dans cette noirceur majestueuse, plus mon énergie redouble. Parce que je sais que plus je cours, plus je suis proche de mon objectif. Du fruit défendu.

- Cours... Cours... Continue de courir... Nous te retrouverons... Où que tu sois nous te retrouverons.

Non. Jamais. Je ne veux plus rester sous une surveillance continue. Plus jamais.

C'est ma vie, c'est mon droit.

Et c'est mon choix. De quitter l'Europe.

Et de partir loin.

De l'Enfer dans lequel je vis.

CHAPITRE I

– HESTIA –

Dans un silence absolu, mes doigts parcourent lentement la reliure des livres de l'étagère. Mes yeux voient défiler des noms que je n'arrive même pas à lire. Que je ne cherche même pas à lire. Et je continue à marcher, longeant les rayons.

C'est si apaisant. Quand votre peau entre en contact avec des objets si anciens qu'ils portent en eux toute l'histoire de l'humanité.

Et au fond de moi... je crois que ça m'impressionne. Et surtout que ça me rend nostalgique.

Sous cette lumière dorée qui pousse mon regard à se diriger vers l'extérieur noir.

Pas de lune, pas d'étoiles. Juste une noirceur infinie qui m'attire malgré moi.

Alors, sans même m'en rendre compte, mes pas se dirigent vers la grande baie vitrée de la bibliothèque. J'observe les troncs d'arbres noirs qui jonchent une forêt sans fin.

La forêt par laquelle je suis arrivée. Il y a quatre ans.

Jour pour jour.

Exténuée. Au bord de l'évanouissement. Seule.

- Hestia, je vais bientôt devoir fermer. On rentre ?

Je me retourne vers Lina. Ses yeux noisette me scrutent en silence. Elle sait qu'en ce moment-même, le passé m'assiège tel un démon incrusté dans mon âme elle-même.

- Il est 22h. Demain, on a cours. Il faut qu'on soit en pleine forme.

Je hoche lentement la tête, avant de me diriger vers elle, qui est en train d'éteindre l'ordinateur de l'accueil puis les lumières de la grande bibliothèque de la ville. Pendant ce temps, je reste sur le pas de la porte, gardant mes yeux rivés sur les étagères de sapin et de feuille d'or.

Puis ma meilleure amie me rejoint et ferme la bibliothèque à clé. Nous descendons les marches de marbre en silence, alors que je la suis.

Lina suit les mêmes cours que moi, dans la même faculté de droit. Mais ce n'est pas de cette manière que je l'ai rencontrée. Non, c'est bien plus compliqué que ça.

C'est elle qui m'a sauvée. Qui m'a aidée. Qui m'a nourrie et hébergée le temps que mon état s'améliore. Qui m'a permis de trouver un travail et une bonne université.

Mais surtout... C'est elle qui m'a permis de retrouver le sourire.

Et je ne la remercierai jamais assez pour ça.

Elle me jette un coup d'œil, semblant hésiter à m'adresser la parole. C'est le seul moment où elle sait que je replonge dans le passé, où elle sait que je ne suis pas là mentalement parlant.

À chaque fois que j'entre dans cette bibliothèque.

Et surtout à chaque fois que je gravis ou descends cet escalier de marbre.

Parce que c'est sur celui-ci que je me suis écroulée, et sur lequel j'ai perdu connaissance.

Il faisait nuit ; il n'y avait personne dehors.

À part Lina qui fermait au même moment la bibliothèque. Il y a quatre ans. Jour pour jour. Heure pour heure.

- Ça va ?

Je prends une grande bouffée d'air alors que nous marchons dans les rues à peine éclairées de Tellico Plains, une toute petite ville du Tennessee.

- Oui, ça va. Ne t'inquiète pas. Merci de bien vouloir que je t'accompagne de temps en temps.

- Merci à toi justement ! Ça me permet de ne pas être seule, donc c'est sympa.

Je lui souris, et nous continuons à marcher en silence.

Lina adore son travail à la bibliothèque. Il lui permet de financer ses études à la faculté de droit de Knoxville, à une heure d'ici. Elle a commencé à travailler à dix-sept ans pour prendre de l'avance dans ses économies. Je suis arrivée durant sa première année, et pendant qu'elle travaillait à plein temps, je passais mes journées à bosser afin de réussir les tests pour entrer à l'université.

Le droit international a toujours été mon centre d'intérêt, et ce depuis que je suis toute petite. Je l'étudiais seule, dans ma chambre. Et désormais, parce que mes efforts ont payé, j'ai été sélectionnée et je peux donc enfin plonger dedans à la faculté avec Lina.

- Tu ne veux pas sortir ta louve avant de rentrer ? me propose-t-elle.

- Non, c'est bon. Ce petit tour dans la bibliothèque l'a apaisée.

Lina est une humaine. Quand elle m'a découverte sous ma forme de louve au bas des escaliers de la bibliothèque, elle était effrayée.

Les humains connaissent l'existence des surnaturels depuis déjà plusieurs centaines d'années. C'est-à-dire celle des anges, des loups-garous et des sorciers. Ce sont les seuls surnaturels de notre monde. En tout cas pour l'instant.

Lina est traumatisée par les loups-garous, depuis son incident. Mais elle a réussi à s'habituer à moi, et je suis désormais la seule de mon espèce dont elle n'a pas peur. De plus, elle arrive même à ne pas être mal à l'aise quand je suis sous ma forme de louve.

Et enfin... Elle est la seule à connaître mon secret. Pour la simple et bonne raison que c'est elle qui a découvert une louve blanche aux yeux bleus inconsciente.

La seule louve blanche aux yeux bleus du monde entier.

Mais Lina est une personne de confiance. Et elle ne me trahira jamais en me dénonçant aux autres espèces.

Le monde entier sait que j'existe, que je suis quelque part. Et c'est à qui m'aura en premier. Chaque espèce est à la recherche de la louve la plus puissante du monde.

Parce que je suis la seule à pouvoir donner le règne suprême à l'une d'elles.

C'est ce pour quoi je suis née. C'est ce pour quoi j'ai été formée.

Mais j'ai fui ; je suis partie. Afin d'échapper à cette vie qui m'était déjà tracée.

Je ne veux pas faire ce que les autres ont prévu pour moi. J'étais enfermée dans un petit manoir, surveillée par la Déesse.

Et cette prison a commencé à trop m'étouffer. Alors, à presque seize ans, j'ai pris le plus gros des risques et je suis partie. Assez loin pour que personne ne puisse me retrouver, même pas la Déesse elle-même.

Je me suis réfugiée au Canada pendant trois ans, puis dans une petite ville paumée dans l'est des États-Unis.

Et c'est parfait comme ça.

Mais avec cet acte... je suis vulnérable. Je n'ai plus rien pour me protéger des chasseurs ou des autres espèces. C'est bien pourquoi je cache mon aura afin que tout le monde croie que je suis une humaine.

Et c'est mieux ainsi.

- Allons dormir, dis-je en entrant dans la maison de Lina.

***

– ADRIEN –

Mon regard reste rêveur, alors que je regarde la forêt depuis la baie vitrée de mon bureau.

Les nuages enveloppent la lune, et les étoiles semblent se cacher derrière leur douceur.

J'attrape mon verre d'eau en soupirant bruyamment.

Zelda... Quand est-ce que tu me permettras de la trouver ?

Mes doigts pressent le récipient que je tiens dans ma main.

- Adrien, tu devrais aller dormir.

Je me retourne lentement vers Kyle, mon Bêta.

- Je sais à quoi tu penses. Moi aussi... je l'attends.

- Kyle, je vais avoir vingt-cinq ans. Et je n'ai toujours pas trouvé mon âme-sœur. J'ai fait le tour du monde, et avec toi. J'ai visité en sept années, deux continents entiers. Rien que pour elle. Et toujours rien.

Il ne répond pas, gardant un silence beaucoup trop sonore pour moi.

- J'ai... j'ai réfléchi à quelque chose...

Je fais un mouvement de tête pour l'inviter à continuer, avant de prendre une gorgée d'eau.

- Et si... Et si elles étaient plus proches que nous ne le croyons ? Nous avons certes fait l'Europe, l'Amérique et même l'Asie du sud et l'Afrique du Nord. Mais... tu t'es déjà demandé si on n'était pas passé à côté d'elles ?

Je fronce les sourcils, incompréhensif, alors qu'il s'avance vers moi, dans la noirceur du bureau.

- Et si elles étaient ici ? Aux États-Unis ?

- J'ai plus de chance de la trouver en fouillant le reste du monde qu'en traversant les États-Unis, Kyle.

- Avant oui. Mais maintenant que tu as fait pratiquement le tour du monde sans la trouver, je pense qu'on peut se tourner vers les États-Unis. Il ne nous reste que ça, Adrien !

Il s'avance rapidement vers moi, et je perçois ses yeux briller dans l'obscurité du bureau.

- Adrien... Et si nos deux âme-sœurs étaient ici ? répète-t-il.

Cette fois-ci, je ne réplique rien. Parce que je me dis que d'un côté il peut avoir raison. Je jette alors un regard sur la carte du monde qui couvre un mur entier derrière quelques étagères de livres.

Oui... Et si elles étaient ici ?

Mon regard parcourt l'immensité du pays.

Puis je m'approche de la carte jusqu'à pouvoir poser ma main dessus. Mes doigts frôlent le papier fragile, sans s'arrêter, passant sur le Michigan comme sur la Californie, la Louisiane puis le Texas.

Et soudain, je me stoppe. Mes yeux scrutent le petit état qui se dessine autour de mon doigt. Ma peau ne se détache pas de cet endroit. Sur l'immense carte qui figure sur le mur, je me suis arrêté sur une contrée perdue qui semble... m'appeler et m'attirer.

- Le Tennessee...

- Hein ?

Mon Bêta ne comprend pas ce qu'il m'arrive et d'ailleurs moi non plus.

- Kyle... On va commencer par le Tennessee.

- Mais... Adrien ! Il n'y a que deux pourcents de la population américaine au Tennessee ! Il n'y a aucune chance qu'elle s'y trouve !

Mais je m'obstine à dévisager le petit état sans signification. Et alors, sans m'en rendre compte, je souffle :

- Elle est là-bas...

- Hein ?

- Mon âme-sœur est là-bas... au Tennessee.

Puis je me retourne lentement vers mon Bêta, et souffle :

- J'en suis certain... Je le sens.

Et alors, dans le silence d'un regard, nous semblons enfin nous comprendre.

Direction le Tennessee.

Je te promets que je te trouverai, ma Luna.

Je te le jure.

Attends-moi encore quelques jours.

Et je serai là, devant toi.

Moi, ton âme-sœur.

Toi, mon âme-sœur.

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