lement mien. Lorsque je me réveille aux contours du monde, assise sur un banc anonyme, rien ne me dit depuis combien de minutes – ou d'ét
pas : elle se mange en silence, elle consume avec une lenteur sadi
n, trop mouvant, hostile comme un décor qui attend ma chute. J'aurais voulu m'effacer dans la pénombre, me dissoudre dans les sons d'une ville qui ne m'a jamais adoptée. Mais à chaque battement, mon corps me dit que je suis encore s
vient comme un refrain qui refuse d'être remixé. Je revois la chemise chiffonnée, les escarpins étrangers, les souffles mêlés, la lumière sale de la chambre qui n'avait pourtant que moi comme propriétaire légitime. Et je
relâchés dans l'air, ont une densité que le silence n'a pas. Ils s'accrochent aux murs comme de la suie encore humide, et me reviennent ensuite en pleine figure. Je
ette indolence électrique qui m'agace d'ordinaire, mais qui, ce soir, me ressemble étrangement. J'ai dû passer devant des milliers de fois sans jamais franchir
ement qu'un test de grossesse négati
sse la
sol abîmé comme un instrument mal accordé. Le vinyle qui recouvre les assises a la texture d'une peau fatiguée, friable, plissée par les abus de poids et de vies. Quelques clients
rf
ne m'accord
l d'embraser un liquide dans ma gorge pour réduire la part d'incendie qui m'appartient déjà. Il me sert sans cérémonie, une neutralité professionnelle salu
xpi
la main pour u
souveraine, comme si elle ne doutait jamais de son dr
nte ans. Cheveux sombres légèrement trop disciplinés pour un lieu pareil, ombre de barbe, yeux d'un gris métallique dont l'intensité ressemble à u
melle u
un si
teur. Parce qu'il ne me demande rien, ne réclame aucu
des gens qui ont vu assez d'histoires humaines pour savoir les classer instinctivement
comme une promesse rompue avant sa cl
ir de connaître la blague depuis plus longtemps que moi. « Disons que
yeux au ciel
moins retouchée : « Mon mari... je l'ai surpris dans une danse intime qui n'était pas censée être chorégraphiée pour un trio. Dans notre lit. Av
e une flamme maigre mais authe
nir corriger l'histoire avec un monologue explicatif ? » Il boit une gorgée de
venir honnête. Montres, bijoux, colliers qui pèsent lourd dans une existence légère... et tout ça pourquoi ? » Un nouveau rire me secoue ; p
duire un héritier. Un serment de mariage ne perd pas son sens parce qu'un ventre n'a pas fait so
p bien articulé. Les mots, quand ils frappent juste, ont
ure. « Sans dessein. Vide com
arce que ça réveille un feu que je ne maîtrise pas non plus. Il murmure : « Il n'y a rien d'inédit dans un cœur brisé qui cherche une combustion
peau. Pas celle de l'alcool. Une autr
franchir un seuil. De me laisser vivre dehors
tent dignes dans les règlements sociaux. Mais je ne me vois plus dans les règlements. Les
mais été un crime
oins symbolique que fonctionnel, mais il pulse tout d
, brique rugueuse, lumière qui n'éclaire pas assez pour être
éploie, urgent, affamé, texturé, presque animal. Mon souffle se déchire. Il en profite pour repre
Dis-le. Dis que tu en as envie.
corporelle. Peut-être que ma vie se réparera dans deux semaines, oui, peut-être qu'un bébé recollera toutes les fissures du monde comme u
t même pas au timbre d'il y a trois heures. Ils ressemblent à u
e. Il est absolu. Il ne cherche aucun sentiment intermédiaire, aucune douceur de phrase. Il ne laisse pas le te
evient un peu humaine, je réalise que je viens de t
ure, sans demander au monde s'il approuve mon errata temporaire. Puis je tourne l'angle de la rue. Nouve
moins naïve. Je ne sais juste p
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