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N'y pense plus

N'y pense plus

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Résumé

Table des matières

Un jeune garçon sauvant une jeune fille d'un incendie domestique. Une jeune fille blessée non par le feu mais par son passé. Un Enfer que l'adolescente n'oubliera jamais. Un Enfer qui va la suivre. Une histoire sur la nouvelle vie que va vivre une fille qui n'a rien vu du monde à part des monstres. Méfiance, douleurs et traumatismes sont au rendez vous dans son esprit blessé qui ne demande qu'à être sauvé... /Attention cette histoire comporte des scènes pouvant heurter la sensibilité des plus jeunes !/

Chapitre 1 Naël

Comment aurais-je pu savoir qu'un samedi matin ma vie allait prendre une tournure si inimaginable...

Dans un quartier d'une ville proche de Montpellier, je me promène, l'air enjoué pour une fois. Mon esprit vagabond pense encore à la soirée de la veille, non loin d'ici. Le temps est magnifique à l'égal d'une symphonie de Mozart. Une seule chose vient gêner cette harmonie parfaite.

De la fumée embrasse ce ciel pourtant si pur. Elle profane la beauté de la journée. Je m'approche de la rue en question. La curiosité me prend aux tripes, un vrai serpent qui s'enroule autour de mon corps ! En marchant, mes yeux se portent sur les maisons. Toutes identiques, un simple lotissement de campagne. L'endroit est parfaitement arboré, les bâtiments, complètement rénovés, on doit bien vivre par ici ! C'est alors que j'entends les jurons d'un homme. Je crois l'apercevoir, s'éloignant peu à peu. Qu'est-ce qu'il lui prend ? Il était dans l'édifice enflammé ?

J'arrive enfin au niveau d'une maison conquise par les flammes, un véritable four géant ! L'air serein, je m'avance devant cette fournaise. Il n'y a personne ? On est un vendredi matin...

Un cri retentit de l'intérieur de la maison, mon visage se décompose. Il y a quelqu'un dans cet Enfer sur terre ? Merde ! Et l'autre connard, il s'est barré !

Mes yeux scrutent la maison, je déglutis. C'est pas dans mon habitude de jouer les pompiers, mais une vie est en jeu. Je pourrai pas me pardonner si je l'ignore. J'accours vers la maison en jettant mon Eastpack noir par terre. Le bâtiment va bientôt s'effondrer, les secours n'arriveront jamais à temps, quelqu'un est-il même au courant de ce foutu incendie ? J'espère qu'on va pas tous les deux crever... Ma respiration s'emballe, les cris d'oiseaux se font moins persistants dans mes oreilles, la chaleur se blottit à mon corps. Avant de rentrer, j'enlève mon pull, déchire mon T-shirt pour protéger mon visage et remets mon sweat pour éviter les brûlures.

— Putain ! Pourquoi j'ai fait ça ! me lamenté-je, alors que je rentre dans ce monde de flammes.

La fumée est de plus en plus épaisse, je me retiens de respirer et continue d'avancer dans cet Enfer. En m'approchant de ce qui semble être la cuisine, j'entends des gémissements de douleur.

La jeune fille.

Plusieurs cadres s'explosent par terre, l'un ne manque pas de me toucher, j'ai eu de la chance ! Je sais pas qui est ma petite étoile mais je vais lui faire un bon gros câlin !

La chaleur est infernale, mon corps transpire comme un gros porc. On croirait presque que je suis dans une maison enflammée au bord de l'effondrement ! Malgré mon T-shirt, c'est une horreur de respirer là-dedans, je vais étouffer. Plusieurs pièces de la maison s'écroulent sur elles-mêmes à mesure que je m'avance, il faut que je me dépêche.

— Où êtes-vous ?! crié-je avant de tousser à cause de la fumée.

— Aidez-moi... supplie la fille, à proximité.

Mes yeux se portent sur un Ange rampant au sol, un être à qui on aurait déchiré les ailes. Ma protection commence à se faire inutile face aux déferlements des flammes dans la maison. J'inhale malgré moi une bouffée d'air méphitique que mon corps rejette instantanément en toussant. Je me presse de rejoindre la jeune fille, après l'avoir soulevée avec difficulté, je la porte sur mon dos. Le feu nous entoure, la mort aussi, tandis que la vie s'éloigne petit à petit. Je retourne sur mes pas, malgré son petit poids, je sens que je vais m'écrouler à cause d'elle. Soudainement, je vois l'entrée, elle n'est pas condamnée, j'use de mes dernières forces pour sortir de ce cauchemar !

Je vais vivre ! C'est si bon ! Plus jamais je fais ça !

On sort tous les deux à mon grand soulagement, je pose la fille et m'effondre à côté d'elle. Je peux enfin inhaler de l'air pur malgré mes poumons encrassés. Je tousse plusieurs fois, il faut que je boive ! Qu'est-ce qui m'a pris de faire ça putain ? Peut-être est-ce juste mon envie de me faire pardonner qui m'a poussé à agir ? Au moins, j'en connais une qui me félicitera quand je lui raconterai. Et qui ne me tuera pas par la même occasion.

Je me tourne vers la maison, elle va s'effondrer sous peu ! J'aurais aimé lui prodiguer les premiers soins, mais j'ai rien sous la main. Maintenant qu'on est au calme, je peux voir la maigreur de son corps, pratiquement squelettique. Elle est aussi grièvement blessée, je remarque plusieurs cicatrices sur ses mains, ses bras, elle a de légères brûlures sur sa peau métisse claire.

Je cherche dans mon sac et trouve une serviette ainsi qu'une bouteille d'eau à moitié remplie. Merci le sport d'hier. Je mouille les cheveux mi-longs et châtains de la jeune fille et pose la serviette sur son front. La pauvre ouvre ses yeux couleur noisette, son visage se crispe de douleur. Elle paraît souffrir, puis elle referme les yeux, un cauchemar ?

En tout cas, ses yeux m'ont envoutés, je devrais pas penser à ça mais je la trouve assez mignonne.

Naël, pense pas à ça maintenant, l'objectif c'est qu'elle soit en sécurité ! T'es pas un connard toi.

Quelques minutes plus tard, je m'allume une Marlboro, histoire de m'encrasser encore plus que je ne le suis déjà. Je me demande ce qui va lui arriver à cette jeune fille. Les flics et les pompiers vont bien se ramener, le mec qui l'a abandonnée ne doit pas être son père. Et si elle était seule ? Je décide de prendre les choses en main, je me lève difficilement.

Je prends la fille sur moi, j'espère que personne ne m'observe depuis la fenêtre de sa maison. J'ai pas envie qu'on me prenne pour un kidnappeur ! Puis si y avait réellement quelqu'un à l'abri alors qu'un de ses voisins est dans la merde comme ça, je lui aurais foutu une branlée !

Je cours, peu à peu, jem'éloigne de l'édifice, la fatigue me prend. Marlboro en bouche, je compose le numéro de ma mère. Le destin fait bien les choses, elle travaille dans le milieu médical et est en arrêt.

— Allô ?

— Salut maman. dis-je tout en pensant à ce que je vais dire.

— Pourquoi t'es pas revenu hier ?

Elle est déjà inquiète.

—J'étais en soirée... Je suis soudainement pris d'une toux sèche, sans doute la fumée.

Ma mère s'alarme.

— Tout va bien ?! s'exclame-t-elle d'une voix plus aiguë.

— T'en fais pas... Écoute, je vais ramener une jeune fille à la maison, elle est grièvement blessée, je l'ai sauvée d'un incendie et il faudrait que tu viennes me chercher maintenant.

Une minute de silence. Dis oui putain...

— Elle est vraiment mal ? interroge ma mère n'ayant pas l'air convaincue.

— Ouais, dis-je, la voix grave. Viens et tu verras, je t'envoie l'adresse par texto.

-Mais les pompiers peuvent s'en occuper non ? Argumente-t-elle. Ça ne nous regarde pas...

— Un homme s'est barré de chez elle sans la sauver, c'est louche, je sais que c'est interdit, mais vaut mieux nous en occuper nous-même. J'ai pas osé appelé les flics ou les pompiers, s'ils me trouvent maintenant, je suis mort !

— Tu me fais chier Naël... On prend des risques...

— Désolé.

**

J'attends depuis une trentaine de minutes, je peux voir au loin les pompiers, combattant les flammes, risquant leur vie pour limiter les dégâts. Finalement ils sont venus plus vite que prévu, est-ce le mec qui les a appelé ? J'en sais foutrement rien et heureusement que je me suis éloigné ! En tout cas, j'aimerais pas être à leur place, une fois ça va, mais tout le temps, je pourrais pas, surtout qu'il y en a qui méritent bien de crever.

Les flics sont arrivés aussi, je me suis éloigné, la peur me gagne. S'ils me chopent c'est fini, ils ont directement accouru dans ma direction. Téléphone en main, j'envoie ma position à ma mère.

Une dizaine de minute plus tard, je suis hors de danger. Ma mère m'a appelé pour savoir où je suis, mon cœur peut désormais relâcher la pression.

Peu après, une voiture se gare à côté de moi, une Alfa Roméo noire. La fenêtre avant de celle-ci s'ouvre et je vois le visage de celle qui m'a sauvé, ma mère. Une femme petite, naviguant entre les rives de l'âge, une blonde à lunette à peine réveillée avec un sourire si réconfortant. Or à cet instant il a disparu. Elle sort de la voiture en panique, se penche en direction de la jeune fille que j'ai sauvée.

— Merde... Qu'est ce qui s'est passé ?

— Laisse tomber on doit se grouiller. dis-je d'un ton faible. Si les flics nous voient avec elle, ils vont se poser des questions.

— Il y a du monde à la maison ?

— Non, personne.

— Parfait.

On roule vite, j'observe le paysage défiler rapidement, ma mère fait pas dans la dentelle. Quand j'y repense, j'ai vraiment fait ça, sauver une meuf d'un incendie.

Je me demande comment tu es... Je vais rester avec toi, jusqu'à ce que tu te réveilles, tu seras contente d'avoir quelqu'un à qui parler.

Sur la route, le silence règne en maître, la respiration irrégulière de la jeune fille est le seul signe de vie dans cette voiture. Ma mère est stressée, frisant la panique, moi aussi. La fille est en train de nous quitter, je lui serre la main, lui susurre des mots afin qu'elle ne s'en aille pas dans un endroit où je ne serai pas là. Je veux te connaître, crève pas ! Je jette un coup d'œil à la fenêtre, moment d'espoir, un panneau indiquant le nom de mon bled, c'est la première fois que je suis aussi heureux de revenir ici, bien que je m'y plaise, le passé est douloureux.

On passe devant le bourg où se trouve une grande église. On y voit aussi quelques bars, des supérettes et un bureau de tabac, ce n'est pas une grande ville, c'est juste la petite sœur, l'ainée se trouve à vingt minutes en bus, le paysage change brutalement là-bas.

On se dirige vers plusieurs lotissements, on tourne au premier visible, on s'arrête à la première maison qui ressemble plutôt à un manoir. Devant nous, un immense portail noir, ma mère ouvre sa fenêtre avant, sort sa clé, appuie sur un bouton, il s'ouvre pour nous mener au jardin de devant. Un gazon verdoyant entouré de petites statues, sans oublier l'allée en pierre qu'emprunte ma mère pour emmener notre véhicule jusqu'au garage, une porte coulissante du bas vers le haut s'active, on se stationne le plus vite possible.

Je prends la jeune fille dans mes bras, sacrément brûlante, sans doute de la fièvre. Ma mère, embrassant le silence, marche en direction de la maison. Heureusement il n'y a personne, le garage est assez grand, au bout de celui-ci une porte mène immédiatement sur la cuisine. On l'emprunte, ignorant la pièce, je suis toujours ma mère à la trace sans m'occuper de ce qui m'entoure. Le salon, un grand couloir puis finalement au bout de ce long chemin, une chambre assez spacieuse avec un lit, j'allonge la fille dessus, ma mère choisit ce moment-là pour parler.

— Il faut la déshabiller. dit-elle la voix tremblante. Va me chercher de quoi faire des bandages. J'appellerai notre médecin une fois qu'ils seront mis...

— D'accord.

Je cours dans ma maison, une minute plus tard je suis dans la salle de bain, fouillant dans tous les placards, je trouve ce qu'il me faut et retourne aux côtés de ma mère.

Je reviens enfin dans la chambre où se trouve notre jeune invitée.

Je vois ma mère horrifiée.

J'entends un cri.

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