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Divorce à tout prix

Divorce à tout prix

5.0
12 Chapitres
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Evie n'a qu'un objectif : divorcer de Wyatt. Pas parce qu'elle le déteste. Pas parce qu'il l'a trompée. Et certainement pas parce que leur mariage est malheureux. Elle veut simplement récupérer sa liberté avant que son mari ne découvre la vérité qui pourrait détruire bien plus que leur mariage. Le problème, c'est que Wyatt refuse de signer. À la place, il lui propose un marché aussi inattendu qu'impitoyable : s'ils veulent vraiment divorcer, Evie devra d'abord l'aider à régler une affaire qui menace son nom, son entreprise et sa famille. Elle accepte, persuadée qu'il s'agit du moyen le plus rapide de tourner la page. Mais plus elle avance dans cette affaire, plus elle comprend que Wyatt ne cherche pas seulement à retarder leur divorce. Il cherche quelque chose. Et lorsqu'Evie découvre enfin ce qu'il attend réellement d'elle, elle réalise que le divorce qu'elle voulait à tout prix pourrait être la seule chose qu'elle ne pourra jamais obtenir.

Table des matières

Divorce à tout prix Chapitre 1

CHAPITRE 1

Point de vue d'Evie

Je regardai mon reflet dans le miroir pendant plusieurs secondes sans parvenir à reconnaître la femme qui me faisait face. Mes doigts étaient crispés autour du petit dossier posé sur la coiffeuse, et malgré tous mes efforts pour rester calme, je pouvais sentir mon cœur cogner contre ma poitrine. J'avais répété cette conversation tellement de fois dans ma tête que j'en connaissais chaque phrase par cœur. Pourtant, maintenant que le moment était arrivé, tout semblait plus difficile. La chambre était silencieuse, beaucoup trop silencieuse. À travers les grandes fenêtres, la ville s'étendait sous un ciel gris, et les gouttes de pluie glissaient lentement sur les vitres. J'aurais aimé que le bruit de l'orage couvre mes pensées. J'aurais aimé pouvoir remettre cette conversation à demain. Mais je savais que si je repoussais encore, je n'aurais peut-être jamais le courage de le faire. Je baissai les yeux vers le dossier. Il était toujours là. Deux mots écrits sur la première page suffisaient à bouleverser toute une vie : demande de divorce. Je pris une profonde inspiration avant de refermer le dossier. Ce n'était pas une décision prise sur un coup de tête. Je n'étais pas en colère. Je n'avais pas découvert une maîtresse cachée dans notre maison. Wyatt ne m'avait pas humiliée devant tout le monde. Il n'y avait pas eu de scandale, pas de trahison spectaculaire, pas de scène digne d'un film. C'était justement ce qui rendait les choses encore plus difficiles à expliquer. Je voulais simplement que tout s'arrête. Notre mariage. Cette maison. Cette vie parfaitement organisée qui m'étouffait un peu plus chaque jour. Je voulais retrouver la possibilité de décider pour moi-même. Je voulais pouvoir respirer sans avoir constamment l'impression que quelqu'un observait chacun de mes mouvements. Et surtout, je voulais partir avant qu'il ne soit trop tard. Un bruit de moteur me fit relever la tête. Quelques secondes plus tard, les phares d'une voiture apparurent derrière les arbres du domaine. Wyatt était rentré. Mon estomac se noua immédiatement. Je quittai la chambre avec le dossier contre ma poitrine et descendis lentement l'escalier. La maison était immense, élégante, presque froide. Tout y avait été choisi avec une précision presque obsessionnelle : les tableaux, les meubles, les fleurs fraîches remplacées chaque matin. Il n'y avait jamais rien qui dépassait. Jamais rien qui semblait déplacé. C'était probablement à l'image de Wyatt. Il n'aimait pas le désordre. Il n'aimait pas les imprévus. Et il détestait perdre le contrôle. Ce soir, j'allais lui donner une raison de détester encore davantage cette soirée. La porte d'entrée s'ouvrit quelques secondes plus tard. Wyatt entra, retira son manteau sombre et le tendit à l'employé qui s'approcha immédiatement. Il avait cette allure habituelle qui donnait l'impression que rien au monde ne pouvait l'atteindre. Costume parfaitement ajusté, chemise blanche, manches légèrement retroussées, visage fermé. Ses cheveux étaient encore légèrement humides à cause de la pluie. Il leva les yeux vers moi et s'immobilisa. Son regard parcourut rapidement mon visage avant de descendre vers le dossier que je tenais entre mes mains. Il ne dit rien. Je compris immédiatement qu'il avait remarqué quelque chose.

– Tu m'attendais ?

Sa voix était calme. Trop calme.

– Oui.

Il regarda sa montre avant de s'avancer vers moi.

– Tu as mangé ?

Je secouai la tête.

– Non.

– Pourquoi ?

Je déglutis difficilement.

– Parce que je voulais te parler.

Il s'arrêta à quelques pas de moi. Pendant un instant, aucun de nous ne parla. Je connaissais cet homme depuis assez longtemps pour savoir quand il était réellement attentif. Et là, il l'était. Ses yeux ne quittaient plus les miens.

– Quelque chose ne va pas ?

Je serrai davantage le dossier.

– Je veux divorcer.

Le silence qui suivit fut si brutal que j'entendis distinctement le tic-tac de l'horloge située dans le salon. Wyatt ne bougea pas. Il ne cligna même pas des yeux. Il me regarda simplement comme si je venais de prononcer une phrase dans une langue qu'il ne comprenait pas. Je m'étais préparée à beaucoup de réactions. À la colère. À l'incompréhension. Peut-être même à un rire nerveux. Mais pas à ça. Pas à ce calme presque inquiétant.

– Répète.

Ma gorge se serra.

– Je veux divorcer, Wyatt.

Il baissa lentement les yeux vers le dossier avant de les relever vers moi.

– Depuis combien de temps ?

– Ça n'a pas d'importance.

– Pour moi, si.

– Ça fait longtemps que j'y pense.

– Combien de temps ?

Je détournai le regard.

– Plusieurs semaines.

Un léger sourire apparut sur ses lèvres, mais il n'avait absolument rien d'amusé.

– Plusieurs semaines.

Je ne répondis pas.

– Et tu as attendu ce soir pour me le dire ?

– Je ne savais pas comment te l'annoncer.

– Alors tu as choisi de préparer les papiers avant de trouver le courage de me parler.

Je regardai le dossier.

– Je voulais être sûre de ma décision.

– Et tu l'es ?

Je relevai les yeux vers lui.

– Oui.

Cette fois, son expression changea légèrement. Quelque chose passa dans son regard, quelque chose que je ne parvins pas à identifier.

– Bien.

Je fronçai les sourcils.

– Bien ?

– Tu voulais être sûre. Tu l'es maintenant.

Je restai silencieuse, déstabilisée par sa réponse.

– Tu ne vas rien dire ?

– Que veux-tu que je dise ?

– Je ne sais pas. Tu es mon mari.

Il eut un rire bref, sans joie.

– Justement. Je suis ton mari. Pas ton propriétaire.

Ces mots me frappèrent plus violemment que je ne l'aurais voulu. Je baissai les yeux.

– Alors tu vas signer ?

Il ne répondit pas immédiatement.

– Non.

Je relevai brusquement la tête.

– Quoi ?

– J'ai dit non.

– Tu viens de dire que tu n'étais pas mon propriétaire.

– Je ne le suis pas.

– Alors pourquoi refuses-tu de signer ?

Wyatt s'approcha de moi. Je dus lutter contre l'envie de reculer. Il s'arrêta juste devant moi, suffisamment près pour que je puisse sentir son parfum.

– Parce que je ne signerai pas ces papiers.

– Tu n'as pas le droit de décider ça tout seul.

– Je n'ai jamais prétendu le contraire.

– Alors pourquoi ?

Il me regarda longuement.

– Parce que quelque chose ne colle pas.

Mon cœur manqua un battement.

– Qu'est-ce qui ne colle pas ?

– Ta demande.

– Elle est pourtant très claire.

– Non.

Je fronçai les sourcils.

– Qu'est-ce que tu veux dire ?

Il prit doucement le dossier entre mes mains. Je résistai instinctivement, mais il ne força pas. Son regard resta fixé sur le mien.

– Tu ne veux pas divorcer parce que notre mariage ne fonctionne plus.

Je sentis une vague de panique me traverser.

– Tu ne peux pas décider de ce que je ressens.

– Je ne décide rien.

– Alors ne parle pas à ma place.

– Je ne parle pas à ta place, Evie. Je t'observe.

Je restai figée.

Il ouvrit le dossier et parcourut les premières pages sans réellement les lire.

– Tu as préparé ça sans me prévenir. Tu as demandé conseil à un avocat. Tu as organisé les choses suffisamment bien pour que je n'aie pratiquement rien à faire à part signer.

– C'est exactement ce que je veux.

– Non.

– Si.

Il releva lentement les yeux.

– Tu veux partir avant que je découvre quelque chose.

Mon sang se glaça.

Pendant une seconde, j'eus l'impression que le monde entier venait de s'arrêter. Il ne pouvait pas savoir. Ce n'était pas possible. J'avais fait attention. J'avais été prudente. J'avais tout contrôlé.

– Je ne vois pas de quoi tu parles.

– Je n'ai pas dit que je savais de quoi il s'agissait.

Je me raidis.

– Alors pourquoi tu dis ça ?

– Parce que tu viens de me donner la réponse.

Je compris trop tard mon erreur.

Wyatt referma le dossier.

– Tu as peur.

– Je n'ai pas peur de toi.

– Je n'ai jamais dit que tu avais peur de moi.

Il me tendit le dossier.

Je le repris immédiatement.

– Je veux simplement divorcer.

– D'accord.

Je clignai des yeux.

– D'accord ?

– Oui.

Je ne comprenais plus rien.

– Alors tu vas signer ?

– Non.

– Wyatt !

– Tu veux divorcer ? Très bien.

Il se détourna et se dirigea vers le salon comme si cette conversation était terminée.

– Mais tu vas devoir attendre.

Je le suivis.

– Attendre quoi ?

Il s'arrêta devant le bar, se servit un verre d'eau et me regarda par-dessus son épaule.

– Que je sois prêt.

– Tu te moques de moi ?

– Pas du tout.

– Tu n'as aucune raison de me faire attendre.

– J'en ai une.

– Laquelle ?

Il posa son verre sur le comptoir.

– Je veux quelque chose de toi.

Mon cœur recommença à battre plus vite.

– Quoi ?

Il ne répondit pas immédiatement.

– Une chose.

– Quelle chose ?

– Je te le dirai demain.

Je laissai échapper un rire nerveux.

– Non. Tu ne peux pas me faire ça.

– Je viens pourtant de le faire.

– Je veux divorcer maintenant.

– Et moi, je veux que tu fasses quelque chose avant.

– Pourquoi ?

– Parce que si tu refuses, je ne signerai jamais.

Je le fixai, incrédule.

– Tu es sérieux ?

– Très.

– Tu sais que je peux engager un avocat et passer par la justice.

– Je sais.

– Alors ça ne dépend pas de toi.

– Peut-être.

Il s'approcha à nouveau.

– Mais tu ne veux pas que cette histoire sorte.

Je sentis mon visage perdre toute couleur.

Cette fois, il l'avait vu.

Il l'avait vraiment vu.

Je voulus répondre, mais aucun mot ne sortit.

Wyatt inclina légèrement la tête.

– Bonne nuit, Evie.

Il passa devant moi.

Je me retournai immédiatement.

– Wyatt.

Il s'arrêta sans se retourner.

– Quoi ?

Je serrai le dossier contre ma poitrine.

– Qu'est-ce que tu sais ?

Quelques secondes s'écoulèrent.

Puis il tourna lentement la tête vers moi.

Son regard n'avait plus rien de celui de l'homme qui venait simplement de rentrer chez lui après une longue journée de travail.

– Beaucoup moins que ce que tu crois.

Et il monta l'escalier.

Je restai seule dans le salon, incapable de bouger. Je regardai son dos disparaître à l'étage, puis baissai les yeux vers les papiers du divorce. Quelques minutes plus tôt, j'étais convaincue que le plus difficile serait de lui annoncer ma décision. Je venais de comprendre que ce n'était que le début.

Je remontai finalement dans notre chambre et verrouillai la porte derrière moi. Mes mains tremblaient. Je posai le dossier sur le lit et m'assis à côté. Je pris mon téléphone et ouvris une conversation que je n'avais pas consultée depuis plusieurs heures. Un seul message non lu apparut à l'écran.

« Il faut que tu partes. Maintenant. »

Je relus la phrase plusieurs fois.

Puis une seconde notification apparut.

« Wyatt sait quelque chose. »

Je cessai de respirer.

Un bruit de pas retentit dans le couloir.

Je verrouillai immédiatement mon téléphone.

La poignée de la porte bougea.

Une fois.

Puis une deuxième.

Je me levai lentement.

– Evie ?

C'était Wyatt.

Je ne répondis pas.

La poignée bougea encore.

– Ouvre la porte.

Je regardai le téléphone dans ma main.

Puis la porte.

Pour la première fois depuis que j'avais pris la décision de divorcer, une seule pensée me traversa l'esprit.

Je restai immobile devant la porte, mon téléphone toujours serré dans ma main. Le silence derrière le battant était devenu presque insupportable. Wyatt attendait de l'autre côté. Je pouvais entendre sa respiration calme, régulière, comme s'il avait tout son temps. Contrairement à moi. Mon cœur frappait si fort que j'avais l'impression qu'il pouvait l'entendre à travers la porte. Je regardai une dernière fois l'écran de mon téléphone avant de l'éteindre. Le message était toujours là. « Wyatt sait quelque chose. » Je n'avais aucune idée de ce qu'il savait exactement, mais une chose était certaine : quelqu'un avait peur qu'il découvre la vérité. Et cette personne savait quelque chose que je n'étais pas prête à affronter. Je glissai rapidement le téléphone dans la poche de mon pantalon avant de prendre une profonde inspiration.

– Evie.

Sa voix était plus basse cette fois.

– Ouvre.

Je fermai les yeux un instant.

– Je vais dormir.

Un silence.

– Tu viens de verrouiller la porte.

Je serrai les dents.

– J'ai besoin d'être seule.

– Très bien.

Je m'attendais à entendre ses pas s'éloigner, mais rien ne se passa.

– Mais tu vas devoir me parler demain matin.

Je ne répondis pas.

– Et cette fois, je veux toute la vérité.

Mes doigts se crispèrent autour de mon téléphone.

– Il n'y a rien à dire.

– Nous verrons.

Ses pas finirent par s'éloigner.

Je restai encore plusieurs secondes sans bouger avant de poser mon front contre la porte. Je ne savais pas si je devais être soulagée ou encore plus inquiète. Wyatt avait toujours été difficile à lire, mais ce soir, quelque chose avait changé. Il n'essayait pas de me retenir. Il ne criait pas. Il ne me demandait pas de sauver notre mariage. Il voulait seulement comprendre pourquoi j'étais réellement là, et c'était précisément ce que je ne pouvais pas lui donner. Je retournai vers le lit et ouvris le tiroir de ma table de chevet. Sous quelques documents personnels, je sortis une petite enveloppe blanche. Elle n'était pas très épaisse. Pourtant, elle contenait assez de choses pour bouleverser ma vie. Je la regardai longuement avant de la remettre à sa place. Je n'avais pas besoin de l'ouvrir. Je connaissais déjà chaque mot. Chaque date. Chaque détail. C'était justement pour cette raison que je devais partir. Le plus rapidement possible. Avant que Wyatt ne découvre ce qu'il y avait à l'intérieur. Je me couchai sans réellement dormir. Chaque fois que je fermais les yeux, je revoyais son regard. « Tu veux partir avant que je découvre quelque chose. » Il avait vu juste. Pas complètement. Mais suffisamment pour devenir dangereux. Au milieu de la nuit, je me réveillai brusquement. La chambre était plongée dans l'obscurité. Je tournai la tête vers la place de Wyatt. Elle était vide. Mon cœur accéléra. Je m'assis dans le lit et regardai l'heure. Trois heures dix-sept. Une faible lumière provenait du couloir. Je me levai et avançai silencieusement jusqu'à la porte. Je l'entrouvris. Le couloir était vide. Pourtant, j'entendis des voix venant du rez-de-chaussée. Je reconnus immédiatement celle de Wyatt. L'autre voix était masculine. Je descendis quelques marches, suffisamment pour entendre la conversation sans être vue.

– Elle a demandé le divorce.

Je me figeai.

C'était Wyatt.

L'homme lui répondit quelque chose que je n'entendis pas.

– Je sais.

Un silence.

– Non. Elle ne sait pas que je suis au courant.

Mon cœur se serra.

Je m'approchai légèrement.

– Et je ne veux pas qu'elle le sache pour l'instant.

Je cessai de respirer.

De quoi parlait-il ?

L'homme murmura quelque chose.

Wyatt répondit immédiatement.

– Parce que si elle comprend ce que je cherche, elle partira avant que nous ayons la moindre chance de comprendre ce qui s'est passé.

Je posai une main contre la rambarde.

Ce qui s'était passé ?

De quoi parlait-il ?

L'homme parla encore, cette fois un peu plus fort.

– Tu es certain qu'elle est impliquée ?

La réponse de Wyatt me glaça.

– Je suis certain qu'elle sait quelque chose.

Je reculai instinctivement.

Mon pied heurta la marche.

Un petit craquement résonna dans l'escalier.

Les voix cessèrent immédiatement.

Je remontai aussi vite que possible, sans courir, puis refermai la porte de la chambre derrière moi. Quelques secondes plus tard, j'entendis des pas dans l'escalier. Je me précipitai vers le lit et m'allongeai, les yeux fermés, essayant de contrôler ma respiration. La poignée de la porte bougea. Je retins mon souffle. La porte s'ouvrit lentement. Wyatt entra. Je ne bougeai pas. Il resta silencieux pendant quelques secondes. Puis ses pas se rapprochèrent. Je sentis le matelas s'enfoncer légèrement lorsqu'il s'assit sur le bord du lit. Je gardai les yeux fermés. Son regard pesait sur moi.

– Tu devrais éviter de m'espionner, Evie.

Mon cœur s'arrêta presque.

Je ne répondis pas.

Il se leva.

– Tu n'es pas aussi discrète que tu le crois.

La porte se referma.

J'ouvris immédiatement les yeux.

Il savait.

Je ne savais pas jusqu'où, mais il savait.

Le lendemain matin, je descendis dans la cuisine à peine quelques minutes après son départ pour sa salle de bains. Je n'avais presque pas dormi. Mes cheveux étaient attachés rapidement et je portais un simple pull noir. Je préparai un café en essayant de calmer mes mains. Une présence apparut derrière moi.

– Tu as mauvaise mine.

Je me retournai brusquement.

Wyatt était là.

Chemise sombre, pantalon parfaitement ajusté, montre au poignet. Il semblait avoir passé une nuit parfaitement normale.

– Je n'ai pas beaucoup dormi.

– Moi non plus.

Je détournai les yeux.

– Tu voulais me parler ?

– Oui.

Il prit place sur l'une des chaises de la cuisine.

– Assieds-toi.

Je restai debout.

– Je préfère rester ici.

Il leva un sourcil.

– Comme tu veux.

Il sortit alors une feuille de sa mallette et la posa sur la table.

– J'ai réfléchi à ta demande.

Je regardai le document sans m'approcher.

– Et ?

– Je suis prêt à envisager le divorce.

Je sentis une pointe de soulagement.

– Vraiment ?

– Oui.

Je m'approchai.

– À une condition.

Mon soulagement disparut aussitôt.

– Laquelle ?

– Tu vas travailler avec moi pendant trente jours.

Je le fixai.

– Quoi ?

– Trente jours.

– Pour quoi faire ?

– Pour une affaire qui concerne directement ma société.

Je laissai échapper un rire incrédule.

– Tu veux que je travaille pour toi pour obtenir mon divorce ?

– Exactement.

– C'est absurde.

– Peut-être.

– Je ne travaille pas pour toi.

– Je sais.

– Alors pourquoi moi ?

Il me regarda droit dans les yeux.

– Parce que tu es la seule personne capable de faire ce que je te demande.

Je sentis une boule se former dans mon ventre.

– Et si je refuse ?

– Je ne signe pas.

– Tu sais que c'est du chantage.

– Appelle ça comme tu veux.

Je pris la feuille.

– Qu'est-ce que cette affaire a à voir avec moi ?

– Tu le découvriras.

Je relevai brusquement les yeux.

– Non. Je veux savoir maintenant.

– Tu en sauras suffisamment lorsque tu commenceras.

– Et si je découvre quelque chose que je ne veux pas savoir ?

Son regard se durcit légèrement.

– Alors tu comprendras pourquoi je ne veux pas que tu partes maintenant.

Je reposai la feuille.

– Tu savais que j'allais demander le divorce ?

– Non.

– Alors pourquoi avais-tu déjà préparé tout ça ?

Il resta silencieux.

Je compris qu'il venait de se trahir.

– Wyatt...

– Tu devrais accepter.

– Tu évites ma question.

– Parce que tu n'es pas prête à entendre la réponse.

Je le fixai longuement.

– Je ne veux pas de tes secrets.

– Pourtant, tu es déjà au milieu.

Je sentis ma gorge se serrer.

– Trente jours ?

– Trente jours.

– Et après ?

– Je signe.

– Sans condition ?

– Sans condition.

Je réfléchis quelques secondes. C'était exactement ce que je voulais. Trente jours n'étaient rien comparés à ce qui risquait de m'arriver si je restais plus longtemps. Je pouvais supporter trente jours. Je pouvais travailler avec Wyatt. Je pouvais faire semblant. Je pouvais rester suffisamment près de lui pour comprendre ce qu'il savait et, surtout, trouver le moyen de protéger ce que je cherchais à protéger.

Je tendis la main vers le stylo posé sur la table.

– D'accord.

Wyatt ne bougea pas.

– Tu acceptes ?

– Oui.

Je signai.

Il prit le document et le parcourut rapidement.

– Très bien.

– Quand est-ce que je commence ?

– Aujourd'hui.

Je relevai les yeux.

– Aujourd'hui ?

– Dans une heure.

Je laissai échapper un soupir.

– Tu ne perds vraiment pas de temps.

– Pas lorsqu'il s'agit de toi.

Je me figeai.

Il me regarda quelques secondes, puis reprit son expression habituelle.

– Prépare-toi.

Il se leva et quitta la cuisine.

Je restai seule.

Je regardai la signature que je venais de déposer au bas du document.

Trente jours.

Trente jours avant que Wyatt signe mon divorce.

Je voulais croire que ce serait simple.

Je voulais croire que je pourrais jouer son jeu sans me faire prendre.

Mais alors que je remontais dans notre chambre pour me préparer, mon téléphone vibra.

Je regardai l'écran.

Un nouveau message.

Cette fois, il n'y avait qu'une seule phrase.

« Ne travaille surtout pas avec Wyatt. Il sait pourquoi tu veux divorcer. »

Je relus le message plusieurs fois.

Puis mon regard se posa sur la porte de la chambre.

Wyatt venait de me proposer trente jours pour obtenir ma liberté.

Et soudain, je compris une chose.

Ce marché n'avait probablement jamais été conçu pour me permettre de partir.

Il avait été conçu pour me garder près de lui.

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