Elle ne savait pas si elle devait s'en réjouir ou en pleurer.
Son père était en prison. Sa mère était gravement malade, entre la vie et la mort. Elle avait besoin d'argent. Elle n'avait pas le choix...
Après l'opération, une infirmière la poussa hors du bloc opératoire.
Peu après, une femme d'âge mûr, élégamment vêtue, entra dans la chambre.
- Mademoiselle Gu, l'intervention s'est bien déroulée. Nous avons également engagé les meilleurs médecins pour votre mère.
Cette femme, Liu Cui, était l'assistante de l'employeur.
- Comme prévu dans le contrat, dès que la grossesse sera confirmée, vous devrez quitter l'école afin de vous consacrer entièrement à la grossesse jusqu'à l'accouchement.
Les yeux humides, Lila acquiesça.
Instinctivement, elle posa une main sur son ventre. Y avait-il déjà l'enfant d'un homme inconnu à l'intérieur ?
Sa première fois... Une virginité qu'elle n'avait jamais offerte à personne avait été détruite lors de cette intervention médicale.
Des larmes coulèrent silencieusement sur ses joues. À partir de maintenant, son bonheur ne lui appartenait plus.
Lila pensait qu'après cette première intervention, il ne lui resterait plus qu'à attendre la naissance de l'enfant.
Mais contre toute attente, l'opération échoua.
- Mademoiselle Gu, comme la première tentative n'a pas réussi, profitez-en pour vous reposer quelques jours. Une voiture viendra vous chercher prochainement.
Liu Cui parlait avec sérieux.
- Il y aura une deuxième intervention ? demanda Lila avec inquiétude.
- Non. Nous avons un autre arrangement.
***
Quelques jours plus tard, une voiture vint la chercher à la sortie de l'université.
Elle fut conduite dans une luxueuse villa.
La gouvernante lui expliqua :
- Madame, monsieur viendra ce soir. Préparez-vous correctement. Il aime les femmes propres et soignées.
Lila serra nerveusement ses doigts avant de hocher la tête. Ce qu'elle redoutait le plus était finalement arrivé...
Être mère porteuse signifiait qu'elle devait, d'une manière ou d'une autre, donner naissance à l'enfant de son employeur.
Après son bain, la gouvernante lui remit une nuisette extrêmement légère et transparente. Le tissu était si fin qu'il donnait l'impression de ne rien porter.
La chambre était plongée dans l'obscurité. Seuls quelques rayons de lune traversaient les rideaux. Allongée sur ce lit inconnu, Lila tremblait légèrement.
Soudain, la porte s'ouvrit.
Dans la pénombre, une silhouette masculine grande et imposante s'arrêta près du lit.
La lumière derrière lui empêchait Lila de distinguer son visage.
- Quel âge as-tu ? demanda-t-il.
Sa voix trembla lorsqu'elle répondit :
- J'ai tout juste dix-huit ans.
- Tu es encore bien jeune.
Son ton semblait mêler surprise et moquerie.
Mais elle avait déjà reçu la moitié de l'argent. L'autre moitié restait à payer.
De plus, elle avait déjà subi une première tentative avec cet homme.
Supporter encore une épreuve ne changerait probablement rien.
Après un long silence, elle prit son courage à deux mains.
- Je suis désolée pour l'échec de la première intervention... J'ai pourtant fait très attention... Je ne comprends pas pourquoi cela n'a pas fonctionné. Je suis majeure maintenant. Je ne suis plus une enfant...
Elle ravala son amertume.
À cet instant, elle détestait sa propre faiblesse et l'absence totale de choix.
- Tu regrettes ? demanda-t-il.
Les larmes aux yeux, elle secoua la tête.
- Non... je ne regrette pas...
En réalité, elle n'avait pas le droit de regretter. La maladie de sa mère ne lui laissait pas cette liberté.
L'homme resta debout près du lit.
Elle entendit le bruit des boutons de sa chemise qu'il défaisait.
L'obscurité de la pièce accentuait sa peur.
Elle s'agrippa fermement à la couverture, comme à sa dernière protection.
Quelques instants plus tard, il s'approcha davantage. Lila sentit le parfum masculin qui émanait de lui.
Jamais elle ne s'était trouvée aussi près d'un homme.
Il écarta la couverture, ne lui laissant aucune possibilité de fuir.
- Tu as peur ? demanda-t-il avec ironie. C'est ta première fois ?
Elle répondit avec difficulté :
- Oui... et non...
- Oui et non ? Voilà une réponse originale.
Rougissante, elle expliqua :
- Ma première fois... a été perdue lors de la précédente intervention médicale...
Il resta silencieux un moment.
Elle trouvait sa situation profondément ridicule. Puis il se pencha près de son oreille et murmura :
- Très bien. Au moins, tu es encore pure.