La vidéo est apparue sur mon fil Instagram, une humiliation publique. Kyle Moore, l'homme à qui j'étais liée par un destin cruel, m'avait filmée à quatre pattes, en soubrette, frottant le sol de sa cave à vin. La légende était piquante : « Quand le pot de colle essaie un peu trop fort. #désespérée ». Dans son groupe WhatsApp, les rires explosaient, chaque mot une flèche, une moquerie. Ils ne voyaient que ma "dévotion aveugle", ma "naïveté" quand je me prêtais à ses jeux sadiques. Je n'étais qu'un jouet manipulable à leurs yeux. Mais chaque humiliation, chaque acte de cruauté, chaque douleur que Kyle m'infligeait n'était pas une preuve de son pouvoir sur moi. C'était une fissure. Une fissure dans le fil éthéré qui nous liait. Ce lien karmique qui m'empêchait d'atteindre mon véritable état d'existence supérieur en tant que nixe. Il y avait deux voies pour une nixe : l'amour véritable sur des décennies, ou la souffrance. J'avais choisi la seconde, la plus rapide, la plus douloureuse. Quand Kyle m'a demandé de lui donner mon cœur pour sauver sa "véritable bien-aimée", Ella, j'ai vu la dernière étape. Il m'a tendu la main avec une offre de mariage, pensant que ma "jalousie" et mon "amour" me feraient accepter. J'ai exigé de porter une robe de mariée pour l'opération. Kyle a pensé que c'était le summum de mon obsession malade pour lui. Mais je savais que c'était le sacrifice final, le renoncement ultime. Le jour où mon corps est mort sur la table d'opération, mon cœur dans la poitrine d'une autre femme, il n'y a pas eu de désespoir. Il n'y a eu que la libération.
