Paris célébrait leur amour comme une pâtisserie fine, un bouquet parfait. Antoine, chef pâtissier de génie, et moi, Adèle Duval, fleuriste de l' âme parisienne, étions l' incarnation du succès et de la passion. Notre cinquième anniversaire de mariage aurait dû être le plus beau chapitre de notre conte de fées. Mais en rentrant, fatiguée mais heureuse, mes doigts ont rencontré un petit carré de plastique dans la poche d' Antoine. Un emballage de préservatif. Rose vif. À la fraise. La fraise. Antoine savait que je la détestais par-dessus tout. Ce ne pouvait pas être à lui. Ce ne pouvait pas être pour nous. Alors pour qui ? Un nom résonna dans ma tête : Manon, la jeune apprentie d' Antoine, obsédée par ce parfum écœurant. Son regard, son rire un peu trop enjoué, la phrase prononcée à la pâtisserie : « Oh, vous n\'aimez pas ? C\'est mon parfum préféré. » La vérité, brutale, s' insinuait. Antoine, sortant de la douche, a feint la surprise, a ri d' un rire faux, parlant d' une blague de l' équipe. « Ne pense même pas une seconde que... Adèle, tu es toute ma vie. Tu le sais. » Ses mots sonnaient creux. Sa voix rassurante était une dissonance. J' ai senti son corps se blottir contre moi dans le lit, sa respiration s' apaiser, tandis que la mienne s' accélérait. Mon cœur glacé savait désormais : cette nuit n' était que le début de la fin de notre belle illusion.
