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Les Mags de Jelen

Les Mags de Jelen

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Résumé Table des matières

La terre de JELEN est en proie à de régulières éventrations d’où sortent des démons. Un siècle sépare deux phénomènes, puis quelques décennies, puis quelques années. Les humains n’ont plus le temps de reconstruire ni de renouveler leur armée alors il est décidé d’activer cinq piliers d’une époque lointaine, dont on dit qu’ils auraient le pouvoir de les protéger.

Capítulo 1 Jelen

Jelen est un astre ancien et solitaire. Le premier des mondes à s’être formé en un croissant de lune. Les autres formations planétaires ne partagent pas le même univers, laissant Jelen avec le trou noir et le soleil primitifs dont il est issu. Comme face à un père et une mère Jelen les contemple tour à tour, attendant le sens de son existence.

Pourquoi mes frères et soeurs me quittent ? Où vont-ils ? Moi qui suis leur aîné, je ne peux me défaire de votre tutelle.

La force d’attraction des deux entités reines de cet univers vide est strictement égale, quelqu’en soient les fluctuations, en tout point et tout temps. Alors Jelen tourne sur elle-même, au centre de ses géniteurs, sans pouvoir s’approcher de l’un ou de l’autre du moindre mètre.

Les questionnements incessants laissèrent la place à une certaine résignation. Jelen se centra sur elle-même, découvrant les sensations sur sa croûte terrestre. Ses deux pointes reçoivent une luminosité agréable et une température constante, alors que son dos courbé se glace sous le souffle de la mère et brûle sous celui du père.

Sous la voûte de la pointe nord se forment régulièrement des stalactites de cristal. Et quand le chagrin ou la joie deviennent intenses, des pluies cristallines se déversent sur le sol de la pointe sud. Si observateur il y avait, il aurait l’image d’une harpe céleste. Une beauté qui éclaire le mépris du trou noir et que jalouse le grossier feu du soleil.

Comme elle ne peut voir la vie ailleurs, Jelen décida de l’accueillir sur son sol. Elle se savait capable de la créer, de s’en occuper avec bienveillance.

Des millions d’années d’efforts pour quelques balbutiements de vie suffisaient à son bonheur parce que bientôt son corps grouillerait d’une multitude, qu’elle amènerait progressivement à sa surface. La vie se développerait de multiples manières, autonome, profitant de ce qui lui serait offert. Serait probablement reconnaissante envers Jelen, renverrait la beauté de ses herbes d’or et de ses montagnes de marbre noir.

Ainsi la joie maternelle fut la première émotion exprimée par une pluie cristalline.

La deuxième pluie arriva fort longtemps plus tard, en raison d’une émotion qui brisa Jelen.

Elle ressentait en son sein le mal. A intervalles réguliers, le sol se déchirait sur plusieurs dizaines de mètres.

Jelen concentrait toute son énergie pour que le mal en gestation ne sorte pas à ces moments où une porte s’ouvrait contre sa volonté. Accepter d’abriter un enfer était suffisamment difficile. Elle ne permettrait pas qu’il puisse un jour ravager la surface de sa terre et les vies qui la foulent.

Ce jour arriva.

Le phénomène se reproduisait tous les millénaires puis tous les siècles, offrant de moins en moins de temps à la végétation pour se renouveler. Aussi, les animaux comptaient de moins en moins d’espèces.

Jelen maudit ses parents, leur voua une haine éternelle. Persuadée de leur responsabilité, elle comprit finalement leur dessein.

Face au vide de l’univers, le trou noir et le soleil se disputaient les faveurs de la seule matière vivante. Ils ne l’ignoraient pas, ne la méprisaient pas. Ne l’aimaient pas non plus. Ils voulaient la détruire et s’approprier son énergie !

Le plus fort degré d’attraction des deux entités primitives se produisait inexplicablement dans le même temps, ce qui sauvait Jelen, mais l’étirement causé par le phénomène créait la fameuse fissure d’où la vie indésirable contaminait la pureté naturelle.

Au fil d’un temps inimaginable, jamais la vie créée et protégée par l'amour de Jelen ne s’éteignit. Quelques miracles l’avaient permis, comme cette fois où une pluie cristalline coïncida avec une ouverture de l’enfer. Les démons qui s’en trouvèrent aspergés furent paralysés, et, ne pouvant pas retourner dans leur lieu de malheur avant que la fissure ne se referme, disparurent en une poussière que le vent transporta joyeusement vers l’oubli.

L’extinction de la vie ne semblait pas sur la liste du grand destin, au même titre que son évolution.

Les êtres les plus évolués de Jelen étaient les animaux rapides, doués d’un instinct de survie développé, grimpant facilement les arbres ou se terrant profondément dans la terre. La crainte comme seule atout.

Dans l’inconscient collectif primaire, la marque de cet évènement, somme toute rare, était aussi influente que le plus important gène. De sorte qu’avant même les cris infernaux, avant l’ouverture de la bouche de l’enfer, avant son messager dont le souffle des trompettes appelle un séisme, et avant même cette odeur âcre qui précédait sa marche, les animaux jusqu’aux plus petits insectes s’affolaient dans un bruyant chaos.

Le silence venait juste après. La précieuse vie cachée attendait le coeur battant, tandis que la mort affamée remontait des tréfonds.

Une dune de jours incalculables balayée par un souffle démoniaque se reformait patiemment à partir des quelques grains de sable oubliés.

Et puis vint une civilisation d’un des soixante trois autres univers. Qui traversa le vide immense de celui qui vit le jour le premier. Croisa les traînées de gazs et de roches que les frères et soeurs de Jelen abandonnèrent dans leurs sillons. Vit la lueur infime du soleil. S’approcha, génération après génération. Détecta le trou noir et la puissance dantesque de son aspiration.

Jelen ressentit cette civilisation s’approcher. Ne comprenait pas son intention. Pourquoi traverser le premier univers, aussi vaste et vierge, pour risquer la fougue d’un père obtus et la voracité d’une mère sans pitié ?

Autant de dangers pour l’attention d’une planète esseulée ; la nature a décidé de créer un sentiment d’espoir. Jamais autant une pluie cristalline avait brillé si fort ni aveuglé le néant de la sorte, que pour l’accueil de cet étranger. Le point culminant fut sans conteste lorsque les grains de cristal touchèrent les contours de leur vaisseau et que celui-ci ne vacilla point.

Jelen observa attentivement l’installation organisée de cette civilisation. Des milliers de pieds s’agitaient harmonieusement sur son sol ; les structures bâties sur la pointe sud n’avaient consenti aucun mal ni aucune pollution ; l’attitude de cette vie évoluée envers ses animaux, clémente. Jelen les remercia en favorisant leurs cultures, les couvrit de la même bienveillance que la vie originaire de sa terre.

Des humains en écoutaient un autre pour ériger un pilier immense près de la bouche de l’enfer. Et, alors qu’une odeur pestilentielle faisait crier les animaux des montagnes et des forêts, que la terre tremblait à côté d’eux, tous les humains semblaient sereins. La plupart était en train de construire un deuxième pilier, proche de leur ville, sans un regard vers les démons impatients. La surprise venant de ces êtres infernaux, gangrène des tréfonds, lorsqu’ils ne purent en aucun cas franchir la barrière invisible générée par le premier pilier.

En leur honneur, Jelen abattit une pluie cristalline. Les humains offraient au ciel leurs visages ; des échos d’applaudissements démontraient un parfait dialogue.

Jelen s’endormit pour la première fois ; la douce protectrice avait ses protecteurs. Dans ses songes, les murmures de sa mère la grande nébuleuse noire l’avertirent que les humains ne venaient jamais sans raison.

A son réveil, la civilisation porteuse d’espoir s’était envolée, laissant à sa descendance les vestiges de sa belle Cité et cinq piliers.

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