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   Chapitre 6 Un voyage importun

Heureux ensemble Par PASCALE LAVIGNE Personnages: 9634

à jour: 2020-03-27 00:28


Rachel Ruan avait l'impression de gêler lorsqu'elle a entendu la voix grave de l'homme.

Pour une fille intelligente qu'elle était, il n'était pas difficile de comprendre les mots d'Hiram. Selon elle, elle n'avait pas assez de capacités pour être sa femme. Même si elle l'épousait, il l'obligerait à y renoncer. Elle croyait que l'homme serait prêt à tout pour lui faire regretter cette union.

« Cousin Hiram, pourquoi Mlle Ruan a-t-elle l'air triste? Est-il arrivé quelque chose? » Carl s'est dirigé vers Rachel et a constaté qu'elle était confuse.

« Qu'est-ce qui leur fait croire qu'elle pourrait devenir ma femme? Cela serait possible si et seulement si, vous arrivez à déterrer nos deux arrière-grands-parents d'entre les morts. Alors, je l'épouserais devant eux.

Il veulent me pousser à me marier sur la base d'un accord verbal conclu entre deux hommes décédés il y a de cela cent ans? Quelle stupidité! Sans évoquer le fait qu'elle est de la famille Ruan. »

a dit Hiram, avant de s'éloigner tout mécontent. Carl, entendant les paroles de son cousin, avait un peu peur, si cela était entendu par les ancêtres de la famille Rong, ils sortiraient sûrement du cimetière et donneraient à leur arrière-petit-fils impie une bonne leçon.

Quand Rachel est revenue, elle s'est dirigée directement vers la porte d'entrée, ne voulant pas rester dans la maison pendant une seconde. Elle était profondément choquée par les paroles d'Hiram. Comment une telle insolence est-elle possible. Juste avant de sortir, son téléphone a sonné. C'était un appel de sa mère.

« Rachel, c'est l'heure du déjeuner. Reviens le plus tôt possible. Dépêche-toi, tante Rong t'attend ».

« Maman... Je n'ai pas envie de manger. Tout ce que je veux pour le moment, c'est de rentrer à la maison et de me reposer. Dis pardon à tante Rong de la part de moi. »

Une fois terminée, Rachel a raccroché le téléphone. Elle avait marre de supporter les parents. Hiram pouvait faire semblant d'être à l'aise avec elle devant sa mère mais elle, elle n'arriverait pas à cacher son mécontentement. Les choses étaient très claires. Hiram ne veut pas l'épouser. Il n'y avait donc aucune raison de s'incommoder autant.

Après être arrivée à la maison, Rachel a changé de vêtements. Ce Cheongsam qu'elle ne voulait pas mettre et qui d'ailleurs, lui faisait remémorer le moment odieux de sa journée au sein de la famille Rong. Ensuite, elle est allée dans la cuisine se préparer un bol de nouilles. Après avoir mangé, Rachel a commencé à faire ses valises pour rentrer en ville.

Mais juste au moment où elle se préparait, la porte a cloché et sa mère est apparue.

« Rachel! Dis-moi ce que tu as aujourd'hui. »

Comme elle venait d'entrer dans la maison et à première vue, remarquer le départ précipité de sa fille, elle l'a arrêté sur-le-champ.

Elle savait que sa mère allait la gronder. Elle a soupiré et s'est retournée. « Maman, Hiram ne veut pas m'épouser. Pourquoi ne pas laisser tomber? »

« Comment tu peux penser ça? À l'heure du déjeuner, Hiram a dit que tu étais une bonne fille. En vérité, c'est toi qui ne veux pas te marier. Arrête de blâmer Hiram sans raison. » Fannie n'a pas cru ce que sa fille venait de dire.

« Je... » Se souvenant des paroles méchantes de Hiram, Rachel a arrêté d'argumenter. « D'accord, tu as gagné. C'est moi le problème. Mais pour le moment, j'ai des problèmes urgents à résoudre dans mon entreprise. Je m'en vais. »

« Attends! » Fannie a froncé les sourcils, s'est avancé devant elle et a déclaré : « Je sais que c'est dur pour toi d'épouser un homme dont tu connais à peine. Mais crois-moi, si Hiram était un homme de mauvaise éducation, je n'accepterai moi-même pas, de le prendre pour gendre. Mais tu l'as vu par toi-même. Hiram est un garçon parfait à tous les égards. En plus, c'est lui la colonne de la grande entreprise familiale, ce qui veut dire qu'il est d'une compétence indiscutable. Pour ce qui est de la beauté, tu ne trouveras sans doute quelqu'un d'aussi beau comme lui dans tout le village. Pourquoi cherches-tu à l'éviter à tous les coups? Vous pouvez commencer par faire connaissance avec lui... »

Il était clair que Fannie ne saisissait pas les motivations de Rachel. A leur âge, il était courant que les jeunes filles tombent amoureuses des beaux garçons riches comme Hiram. Pourquoi sa fille n'était-elle pas intéressée par un tel homme?

« Mais bon, j'ai déjà tout expliqué à ta tante Rong. Tout est résolu. Hiram va travailler à H Ville. Tu devrais saisir l'occasion de garder fréquemment contact avec lui. »

Rachel était lourdement attristée par le fait que sa mère ne comprenait pas ses raisons. Alors, d'une façon nonchalante, elle dit : « Maman, pourquoi tu ne me crois pas? Cet homme n'est pas aussi bon que tu le penses. Tu te trompes énormém

ent sur son compte. Que dois-je faire pour que tu me croies? »

Elle était prête à épouser un autre homme beau et riche mais pas Hiram. La richesse des Rong, propulsée par leurs nombreuses entreprises, étaient immense. Mais Rachel n'a pas hésité à repousser la proposition.

Et le problème était Hiram. Elle avait peur que l'homme rusé ne se passe d'elle en lui gratifiant d'une compensation pour le divorce. Elle préférait renoncer à la fortune des Rong plutôt que de vivre avec ce montre arrogant.

« D'accord, je te comprends! Mais Rachel, sois raisonnable. Pourquoi n'es-tu pas ambitieuse? Même s'il pense que tu n'est pas bonne pour lui et qu'il ne veut pas t'épouser ; pourquoi n'essayes-tu pas de le faire changer d'avis? Pour nous les femmes, la conquête d'un homme aussi unique en son genre procure un sentiment d'accomplissement. Crois-moi sur parole, ma fille. » Après avoir épuisé toutes les approches possibles de persuasion, Fannie s'est mise à l'encourager. Mais, dans son coeur, elle priait pour que sa fille ne la déçoive pas.

Rachel a pris une profonde inspiration pour essayer de se calmer. Puis, elle a souri un peu en pensant à sa mère qui ne la lâcherait pas avant d'avoir acquiescer. « D'accord, je vais essayer. »

« Voilà ma fille! » s'est exclammée Fannie, la joie aux lèvres. « Pour l'instant, tu dois retourner à H Ville. J'ai déjà dit à Hiram de te prendre, en fait. Oh! Il t'attend dehors dans sa voiture en ce moment même. » A conclu Fannie en clignant joyeusement les yeux.

Rachel ne savait plus que dire, que faire. Elle était plutôt contristée par le fait que sa mère a pris cette décision sans lui en faire part. Mais elle savait, au fond d'elle, que tout ce que sa mère faisait ou essayait de faire était dans son intérêt.

Fannie a accompagné sa fille jusqu'à la porte où une Maybach noire l'attendait. A l'intérieur de celle-ci, Hiram et Carl s'asseyaient l'un sur le siège arrière et l'autre en avant faisant le chauffeur.

Rachel a réfléchi pendant quelques secondes. N'ayant pas le choix, elle s'est dirigée vers la voiture. Elle ne voulait pas s'asseoir à côté d'Hiram, alors elle a décidé de prendre le siège avant, à côté de Carl. Sur cette base, elle pouvait déduire qu'il n'y avait personne sur le siège passager. Cependant, une main puissante l'a traîné vers la porte arrière lorsqu'elle a voulu ouvrir la portière en avant. Sans aucun doute, c'était toujours sa mère souciante de les voir unis.

« Rachel, ne fais pas de mal à Hiram! » A dit Fannie en plaisantant. Elle a ouvert la portière et a poussé brutalement Rachel dans la voiture.

Profitant de l'action, elle a salué Hiram en lui serrant la main puis s'est retirée avec un sourire. « Bon voyage! »

Après avoir fermé la portière, la voiture est partie lentement, disparaissant peu à peu.

À ce temps-là, il pleuvait abondamment et un fois encore, le ciel s'est assombri

...

« Stop, » a dit Hiram au chauffeur sans relever les yeux. Rachel s'est retournée et a regardé, se demandant ce qui l'attendait. Ils venaient de quitter le village.

« Cousin, tu veux que je m'arrête ici? » Carl n'avait pas la moindre idée de ce que pensait son cousin. Il a ralenti puis a arrêté la voiture au bord de la route.

Toujours silencieux, Hiram s'est retourné vers Rachel. Elle a immédiatement compris ce que ce regard insinuait. Il voulait qu'elle descende de la voiture. Ou alors, pour être précis, il voulait la forcer à abandonner son intention de l'épouser. Quelle arrogance! Elle l'a furieusement regardé à son tour et sans que rien ne se fasse entendre, elle s'est préparée à descendre de la voiture.

Tout comme elle voulait ouvrir la porte et partir, des gouttes de pluie ont commencé à tomber. Elle a pris sa main et s'est tourné pour regarder l'homme à côté d'elle. « S'il te plaît, ne me laisse pas ici. Je te paierai pour le trajet ».

Il pleuvait très fort et il n'y avait pas de bus qui passaient. Elle n'avait d'autre choix que d'agir en fonction de la circonstance.

Hiram regardait les documents dans sa main et a dit froidement : « Je ne permets jamais aux gens qui ne tiennent pas leur parole de voyager dans ma voiture. »

« Ne pas tenir ma parole? D'accord, tu as gagné. Je n'ai pas tenu ma promesse. Tu as raison de me rejeter. Ce n'est pas grave.

Je ne travaille pas aujourd'hui. Alors, je ne suis pas pressée. Cela ne me dérange pas de rester ici avec toi. Mais toi, par contre, tu sembles trop occupé. En tant que grand patron, tu dois sûrement avoir beaucoup de choses à faire en ville, » a déclaré Rachel avec assurance.

Au bout d'un moment de silence entre les trois voyageurs, Hiram a tourné les yeux et a constaté Rachel assise toujours à côté de lui. « Tu crois que je ne peux vraiment rien te faire? » a sorti Hiram, les sourcils froncés.

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